Me viendrait-il à l’idée de frapper, voire de tuer, les messagers qu’un ami m’envoie pour m’inviter à ses noces ? Oserais-je, moi le témoin du marié, arriver à la cérémonie en tenue de chantier ? Impensable ! Pourquoi Jésus nous en parle-t-il alors dans l’Évangile de ce dimanche ?
On est tenté de croire que cette parabole vise les autres : les païens, les mauvais chrétiens, ceux qui ne viennent pas à la messe… Mais Jésus s’adresse aux grands prêtres et aux pharisiens, c’est-à-dire à ceux qui pratiquent la religion et guident le peuple. Autrement dit, à nous. À quel festin sommes-nous invités ? Quel vêtement porter ? Qui sont les messagers de Dieu aujourd’hui ?
Le festin, c’est la joie de l’union entre Dieu et l’humanité en Jésus. Il est venu nous y inviter, en nous montrant jusqu’où Dieu est prêt à aller pour que nous acceptions de venir.
Les messagers, ce sont tous ceux qui nous invitent à approfondir notre relation avec Dieu. Ce sont les prêtres et les catéchistes, mais aussi chaque personne que Dieu met sur notre route pour nous donner l’occasion d’aimer : un proche, un collègue, le pauvre croisé dans la rue.
Le vêtement de noces, c’est la vraie joie, que seul l’amour de Dieu peut donner. On raconte qu’à l’époque, à l’entrée du mariage, on offrait un vêtement de fête aux pauvres et à ceux qui arrivaient directement des champs. Celui qui n’en porte pas n’a donc pas manqué de moyens : il a refusé ce qu’on lui offrait gratuitement comme quelqu’un qui entre sans passer par la porte.
Posons-nous donc la question. Quel messager de Dieu ai-je méprisé ces derniers temps : une personne à la rue, un collègue, ma femme ? Quelle épreuve, quel manque d’espérance m’a enlevé la paix et la joie ? Quelle proposition de Dieu est-ce que je repousse, faute de temps : le parcours Boost, la messe, la confession ?
Que cette parabole nous aide à mieux répondre aujourd’hui à l’invitation du Seigneur, pour prendre part un jour au festin des noces de l’Agneau, où Dieu essuiera toute larme de nos yeux.
P. Ramzi Saadé +

