Catégorie : Editoriaux

  • « Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a)

    « Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a)

    Me viendrait-il à l’idée de frapper, voire de tuer, les messagers qu’un ami m’envoie pour m’inviter à ses noces ? Oserais-je, moi le témoin du marié, arriver à la cérémonie en tenue de chantier ? Impensable ! Pourquoi Jésus nous en parle-t-il alors dans l’Évangile de ce dimanche ?

    On est tenté de croire que cette parabole vise les autres : les païens, les mauvais chrétiens, ceux qui ne viennent pas à la messe… Mais Jésus s’adresse aux grands prêtres et aux pharisiens, c’est-à-dire à ceux qui pratiquent la religion et guident le peuple. Autrement dit, à nous. À quel festin sommes-nous invités ? Quel vêtement porter ? Qui sont les messagers de Dieu aujourd’hui ?

    Le festin, c’est la joie de l’union entre Dieu et l’humanité en Jésus. Il est venu nous y inviter, en nous montrant jusqu’où Dieu est prêt à aller pour que nous acceptions de venir.

    Les messagers, ce sont tous ceux qui nous invitent à approfondir notre relation avec Dieu. Ce sont les prêtres et les catéchistes, mais aussi chaque personne que Dieu met sur notre route pour nous donner l’occasion d’aimer : un proche, un collègue, le pauvre croisé dans la rue.

    Le vêtement de noces, c’est la vraie joie, que seul l’amour de Dieu peut donner. On raconte qu’à l’époque, à l’entrée du mariage, on offrait un vêtement de fête aux pauvres et à ceux qui arrivaient directement des champs. Celui qui n’en porte pas n’a donc pas manqué de moyens : il a refusé ce qu’on lui offrait gratuitement comme quelqu’un qui entre sans passer par la porte.

    Posons-nous donc la question. Quel messager de Dieu ai-je méprisé ces derniers temps : une personne à la rue, un collègue, ma femme ? Quelle épreuve, quel manque d’espérance m’a enlevé la paix et la joie ? Quelle proposition de Dieu est-ce que je repousse, faute de temps : le parcours Boost, la messe, la confession ?

    Que cette parabole nous aide à mieux répondre aujourd’hui à l’invitation du Seigneur, pour prendre part un jour au festin des noces de l’Agneau, où Dieu essuiera toute larme de nos yeux.

    P. Ramzi Saadé +

  • Servir Dieu, c’est régner !

    Servir Dieu, c’est régner !

    Jésus nous a sauvé en « prenant la condition de serviteur » nous dit Saint Paul dans la 2ème lecture de ce dimanche. Et nous, nous entrons dans ce salut en faisant de même, car le serviteur n’est pas plus grand que son maître.

    Aussi dans les paraboles que nous donne Jésus ces derniers dimanches, entrer dans le royaume de Dieu consiste à travailler à la vigne qui est le peuple de Dieu, c’est-à-dire à nous mettre au service de son Église.

    En ce début d’année académique, nous sommes invités à nous engager dans la paroisse chacun selon ses dispositions : service du culte, servie des pauvres, service de la formation… la liste est longue : vous la trouverez ici !

    + Rémy Engelmann

     

     

     

  • « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même… Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » (Rm 14, 7-9)

    « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même… Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » (Rm 14, 7-9)

    En cette rentrée, nous sommes appelés à réfléchir sur notre ouverture à l’autre et à l’accueil que nous réservons les uns aux autres. Saint Paul nous rappelle que notre vie ne nous appartient pas : elle est remise au Seigneur. C’est peut-être là le secret du pardon dont parle l’évangile d’aujourd’hui. Dimanche dernier, Jésus nous demandait de veiller au salut de notre frère par la correction fraternelle. Aujourd’hui, il va plus loin : il nous demande de pardonner sans limite.

    Certains pourraient penser que c’est une belle demande, mais utopique dans notre société, même pour le chrétien. Ce serait un idéal inatteignable. Mais ce pardon sans mesure n’est pas une performance qu’on nous impose : c’est un débordement de ce que nous avons déjà reçu. Nous ne pardonnons pas pour mériter l’amour de Dieu, mais parce que nous l’avons déjà reçu gratuitement, le premier. C’est pour cela qu’en ce début d’année, prenons la résolution de passer plus de temps avec Dieu, de prier tous les jours, afin que ce pardon reçu devienne peu à peu un pardon donné.

    En tout cas, notre début d’année est marqué par l’accueil : l’accueil des nouveaux paroissiens, mais surtout l’accueil de notre nouveau curé, qui est installé ce dimanche par le vicaire général. Serions-nous capables de l’accueillir convenablement et de lui permettre d’être notre berger et notre guide ? Sa personnalité ne correspondra sûrement pas à toutes nos attentes, et chacun aurait souhaité servir autrement, ou ailleurs, ou pas du tout. C’est peut-être dans ce service mal réparti, cette remarque maladroite, cette déception de ne pas avoir été consulté, que le pardon dont parle l’évangile cesse d’être une idée et devient un geste concret. Ayons le courage d’exercer la correction fraternelle dans la charité, en nous souciant les uns des autres et en permettant à chacun de trouver sa place dans notre belle communauté.

    Ce même mouvement d’accueil se poursuivra la semaine prochaine, avec la venue du vicaire du Christ depuis Rome. Comme pour notre curé, accueillir le pape, c’est accueillir un visage concret par lequel Dieu vient nous rejoindre. Prions pour lui et pour la France, afin que les cœurs s’ouvrent à la Bonne Nouvelle.

    Bonne rentrée à tous : que ce soit moins le début d’une nouvelle organisation que celui d’un cœur renouvelé.

    P. Ramzi Saadé +

  • À la suite du Christ

    À la suite du Christ

                Chaque rentrée apporte son lot de nouveautés. Il y a de nouveaux paroissiens que nous devons accueillir avec attention, mais aussi un curé qui débarque. Pour ce dernier, c’est la plongée dans un nouvel univers. Déjà, nombre d’entre vous avez commencé à me décrire les rouages de la paroisse et les équipes qui la font vivre. En retour voici quelques mots pour me présenter :
               J’ai grandi en banlieue parisienne avec mes 3 frères et sœur, aujourd’hui mariés (et 12 neveux et nièces dont je suis très fier). Après des études et quelques années de vie professionnelle comme informaticien (développement de logiciels), je suis entré au séminaire pour le diocèse de Paris et j’ai été ordonné prêtre en 2015. Ensuite, j’ai été envoyé en FMPV* à Villemomble (5 ans) dans le diocèse de Saint-Denis (93), puis au Val d’Europe (6 ans) dans le diocèse de Meaux (77), paroisse de 11 clochers regroupant la ville nouvelle autour du parc Disneyland et une parti rurale.
                  Ensemble, nous allons suivre le Christ comme il le suggère lui-même dans l’évangile de ce dimanche.
    + Rémy Engelmann
    *Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville : créée en 1990 par le Cardinal Lustiger, elle donne un cadre pour un échange et une collaboration entre différents diocèses d’Île-de-France. Les prêtres concernés s’engagent dans une vie fraternelle quotidienne, la prière commune et la coopération pour le travail apostolique.
  • Au terme de l’année pastorale

    Au terme de l’année pastorale

    Nous voici vers la fin de l’année pastorale avec la perspective de changement et de départ de certains d’entre nous. Nous pouvons prendre un moment pour rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu’il a accompli au milieu de nous. Personnellement, je rends grâce pour ces deux années passées à Saint-Joseph Artisan, pour tous ceux que j’ai pu rencontrer, accompagner, ceux avec qui j’ai travaillé à la mission paroissiale. Je vous remercie pour votre soutien, vos conseils, vos encouragements, votre amitié précieuse. J’aimerais pouvoir adresser personnellement un mot à chacun mais c’est impossible… aussi je passe par le Seigneur et Lui demande de vous bénir tous et chacun.

    Je voudrais remercier chaleureusement tous ceux qui donnent de leur temps pour la vie de la paroisse : mes frères Ramzi, Alain et Guy-Florentin, les sacristines si fidèles et dévouées à servir à l’entretien de la Maison du Seigneur, les membres du Bureau Pastoral, le Conseil Pastoral élargi, les membres du CPAE, l’équipe du catéchuménat, de la liturgie, des Journées d’amitié et Braderie, les catéchistes, les jeunes et les enfants, les responsables des différentes activités bénévoles et serviteurs des plus pauvres, notre ami Eric l’organiste, la précieuse Diana ! Soyez vivement remercié chacun. Je voudrais remercier aussi nos chères sœurs les Servantes des Pauvres, ainsi que toutes les Communautés religieuses pour leur soutien spirituel.

    Vous êtes la famille spirituelle que Dieu m’a confiée, et à qui j’ai été confié pour un court temps et tous ensemble, nous avons apporté notre pierre à l’édification de notre belle Communauté paroissiale en servant le Seigneur et son Evangile.

    Et voilà l’été qui s’ouvre, c’est un temps de repos bien mérité, de retrouvailles familiales et de découvertes. Mais Dieu ne prend pas de vacances ! Emportons avec nous un Évangile, prenons le temps de la prière personnelle et familiale, participons fidèlement à la messe dominicale, même loin de chez nous. Pourquoi ne pas vivre une retraite spirituelle, quelques jours dans une abbaye, ou participer à une session à Paray-le-Monial ? Le Seigneur nous attend souvent dans le silence, loin du rythme habituel de nos activités.

    Que cet été soit pour chacun un temps de paix, de ressourcement et de croissance dans la foi. Confions nos familles, notre paroisse et ceux qui sont seuls ou éprouvés à l’intercession de la Vierge Marie et à Saint Joseph.

    Bel été à tous, sous le regard du Seigneur !

    P. Roger Frey +

  • L’eucharistie, cœur battant de l’église

    L’eucharistie, cœur battant de l’église

    « L’Eucharistie fait l’Église » : cette formule lumineuse de saint Jean-Paul II, dit une réalité que nous expérimentons chaque dimanche, lorsque nous nous rassemblons autour de la Table du Seigneur, venant d’horizons diverses et de sensibilités différentes.

    Que se passe-t-il vraiment à la messe ? Nous sommes convoqués — appelés hors de nos vies éparpillées, de nos solitudes, de nos différences — pour devenir ce que nous recevons : le Corps du Christ. L’Eucharistie ne nous unit pas malgré nos diversités, elle assume et ordonne à une même mission nos charismes et nos talents divers pour justement répondre aux appels d’une société plurielle et fragmentée. Car comme nous le chantons : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père », dans un seul et unique Esprit d’amour qui se donne en chaque messe qui unit autant de membres différents et complémentaires en un seul Corps envoyé dans le monde.

    Car en repartant de la célébration dominicale, nous ne repartons pas les mains vides ni seuls. Nous portons en nous le Seigneur lui-même, envoyés dans le monde selon les charismes qui sont les nôtres. À l’un, l’annonce : porter la Bonne Nouvelle là où elle n’a pas encore été entendue. À l’autre, la charité : se faire proche de celui qui souffre, de l’isolé, du pauvre. À un autre encore, le service discret et fidèle, colonne vertébrale de toute vie communautaire.

    Mais rien de tout cela ne tient sans la prière, et au cœur de la prière, notamment, l’adoration du Très Saint Sacrement… si vraiment l’Eucharistie fait l’Eglise, c’est dans l’adoration que nous puisons la charité et l’élan de la mission. Devant l’Hostie exposée, Jésus présent réellement, nous apprenons le silence qui écoute la Parole qui nous envoie, l’humilité qui reçoit la grâce pour se donner. C’est là que nos agendas chargés retrouvent leur centre, que nos engagements fatigués se ressourcent. L’adoration n’est pas une fuite du monde : elle est le lieu où nous apprenons à l’aimer du regard même de Dieu, à qui nous confions ce monde avec ses peines et ses espérances.

    Chers amis, laissons-nous faire par l’Eucharistie. Elle nous précède, elle nous dépasse, elle nous rassemble. Et c’est elle qui, dimanche après dimanche, fait de nous — lentement, sûrement — cette Église que Dieu donne au monde.

    P. Roger +

  • L’Esprit Saint qui relève !

    L’Esprit Saint qui relève !

    Le monde paraît hostile et l’avenir obscur! Il y a des nuits où dans la vie les portes se ferment plus vite que les cœurs ne s’ouvrent. La peur rétrécit l’horizon, enferme les consciences, pousse chacun à protéger ce qu’il peut encore sauver. Les disciples de l’Évangile de Jean connaissent cette nuit-là. Ils se barricadent après la mort de Jésus, prisonniers d’un mélange de honte, d’incompréhension et d’angoisse. Et c’est précisément là, dans cet espace clos, que le Ressuscité vient se tenir au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous. » Puis il souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint. Ce geste, discret et immense, rappelle le premier souffle de la création. Comme au commencement du monde, Dieu insuffla la vie à l’homme créé à son image, le Ressuscité vient redonner vie à une communauté épuisée et paralysée par la peur. Au cœur d’un monde blessé, Dieu recommence l’humanité. La force divine vient remettre debout nos existences paralysées. Dans nos sociétés fatiguées, enfermées, inquiètes, portant les marques de la méfiance, du repli, de la tentation de chacun pour soi, du rejet et du mépris de l’autre, Jésus, par le don de l’Esprit Saint, force de relèvement, offre à chaque baptisé sa paix et l’envoie en mission, le met en relation avec les autres créant ainsi une fraternité universelle, sans frontières entre les peuples.

    L’église naît de ce don, un don plus grand que tout: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Dieu donne son Fils ; le Fils donne sa paix ; et l’Esprit est donné à son tour pour que les hommes apprennent enfin à vivre autrement. Qu’est-ce qu’un monde sans l’amour divin et sans l’amour fraternel? Qu’est-ce qu’une communauté chrétienne sans relation? À une époque marquée par la crispation identitaire, les conflits et la défiance, la foi trinitaire rappelle que l’être humain ne se comprend pleinement qu’en relation. L’autre existe et me fait exister. Ouvrons nos cœurs à l’action de l’Esprit Saint car là où la faute semble figer les relations, il rend possible le pardon. Là où l’avenir paraît bouché, il remet en mouvement.

    Merci à vous tous pour votre sourire, une expression de la joie, fruit de l’Esprit Saint. Avançons encore et toujours aux larges!

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

  • « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.» (Jn 14, 18)

    « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.» (Jn 14, 18)

    Dans ce dernier discours avant sa mort et sa résurrection, Jésus transmet son testament à ses disciples. Non pas à la manière humaine, en vue d’un départ et d’une séparation définitifs, mais à la manière d’un père qui rassure son enfant lorsqu’il part en voyage pour lui procurer une vie meilleure. Il se sépare physiquement pour un temps, mais le lien demeure, et le père apprend à son fils à entrer dans une attitude d’attente, pour se préparer à des retrouvailles certaines, riches de surprises et d’une abondance qu’il est allé chercher pour lui.

    Le chapitre 14 commence ainsi : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé… Je pars vous préparer une place… Je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » Jésus prépare le cœur de ses apôtres à traverser l’épreuve de la crucifixion, de la persécution, du doute, du péché, du sentiment d’abandon… jusqu’à la mort elle-même. Mais c’est en vue, non seulement de retrouvailles, mais de noces et d’un bonheur éternel que rien ne pourra entraver : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus… » (Ap 21, 4). L’espérance chrétienne ne repose pas sur une simple amélioration de notre quotidien, mais sur la certitude du retour du Christ, vainqueur de la mort, que nous invoquons chaque fois que nous prions : « Que ton règne vienne ! »

    Et comme le bon père qui prévoit tout avant son départ pour rassurer son enfant, Jésus ne nous laisse pas orphelins : il nous envoie Celui qui rendra la relation avec Lui possible, l’Esprit Saint. C’est pourquoi, en ces jours qui nous préparent à la Pentecôte, nous sommes invités à accueillir le Consolateur, le Défenseur, l’Esprit de vérité. Il fait grandir en nous la foi dans le retour du Fils, nous apprend à entrer dans une relation d’amour avec le Père et nous soutient dans l’espérance pour avancer malgré les épreuves.

    En ce mois de Marie, Jésus nous confie à sa Mère. Elle nous accompagne dans les épreuves et nous apprend à demeurer debout au pied de nos croix, comme elle, dans la confiance en la promesse de son Fils.

    Bon temps de Pâques !

    P. Ramzi +

  • « Nous espérions… »

    « Nous espérions… »

    Le Christ est vraiment ressuscité, Alléluia !

    L’Église célèbre au cœur de l’octave pascale le dimanche de la miséricorde divine. Ceci n’est pas anodin. Voyez-vous, avant même de parler de foi, de mission ou de témoignage, tout commence par une miséricorde offerte, gratuite, presque déconcertante. Le Ressuscité ne vient pas d’abord accuser ou reprocher. Il vient rejoindre, patiemment, des hommes blessés dans leur espérance. Regardons les disciples d’Emmaüs qui s’éloignent de Jérusalem, enfermés dans leur désillusion : « Nous espérions… » disent-ils. Tout est là, dans ce passé qui pèse. Leur foi est fatiguée, abîmée par la croix mais elle n’est pas morte. De leur côté, les disciples enfermés au Cénacle vivent dans la peur, tandis que Thomas, lui, s’enferme dans le doute. Il ne croit plus que ce qu’il peut vérifier. Ces attitudes disent quelque chose de notre propre manière d’habiter le monde : entre espérance déçue, peur de l’avenir et difficulté à croire sans preuves. C’est précisément là que la miséricorde de Dieu se déploie. Non pas en surplomb, mais en chemin.

    Frères et sœurs dans le Christ, Sur la route d’Emmaüs, Jésus marche avec les siens sans s’imposer. Il écoute, il explique, il ouvre les Écritures. Au Cénacle, il entre malgré les portes verrouillées et offre la paix. À Thomas, il propose la foi à la place du doute et de la crainte : « Avance ton doigt… Cesse d’être incrédule, sois croyant. » Voilà notre Dieu qui suscite la foi , patiemment, en rejoignant chacun là où il est. La miséricorde, ici, n’est pas un simple pardon : elle est un chemin de reconstruction intérieure. Elle redonne à croire. Mais cette miséricorde appelle une réponse. Elle ne nous laisse pas immobiles. Les disciples d’Emmaüs se lèvent aussitôt pour revenir à Jérusalem. Thomas, lui, croit plus fermement: « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il y a une urgence, aujourd’hui, à entendre cet appel : sortir de nos enfermements. Sortir de l’incrédulité tranquille qui évite de se poser des questions décisives. Sortir aussi du désespoir discret qui nous fait dire, comme les disciples : « Nous espérions… » Dire « mon Dieu », c’est consentir à lui faire confiance, au-delà de ce que je comprends. Car la foi chrétienne repose sur une affirmation simple, mais radicale : Jésus est réellement vivant. Croire en la Résurrection, ce n’est pas nier les épreuves. C’est refuser qu’elles aient le dernier mot. C’est accepter que, même dans nos nuits, une lumière est déjà à l’œuvre. La miséricorde de Dieu , nous invite, comme Thomas, à nous approcher du Ressuscité et dire à notre tour : « Mon Seigneur et mon Dieu » ?

    Joyeuses Pâques à vous tous !

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

  • La Semaine Sainte, fondatrice de notre Vie chrétienne

    La Semaine Sainte, fondatrice de notre Vie chrétienne

    Nous abordons avec la Semaine Sainte, le fondement crucial (c’est bien le mot qui convient !) de la vie chrétienne. La liturgie de cette semaine sainte est si riche et si dense que nous nous pouvons pas nous priver d’une seule célébration pour ne pas manquer pour une seule miette les grâces incommensurables que Dieu nous offre. La liturgie, qui est l’œuvre de la Trinité Sainte pour le salut des hommes nous fait entrer dans le mystère du Christ dans sa Passion d’amour, sa mort et sa résurrection. Le Sacrifice en croix du Christ et sa résurrection n’appartiennent pas au passé et la commémoration de sa Pâque, c’est-à-dire son passage de la mort à la Vie, de la vie en ce monde à la Gloire du Père, n’est pas une simple évocation mémorielle pour exprimer une vague compassion envers un Dieu qui nous a tant aimés ! Mais c’est une actualisation, un présent enveloppé dans un couffin de rites qui voilent l’immense et insondable mystère de ce que le Christ a voulu vivre et subir pour nous sauver et nous donner part à la vie divine.

    Ainsi lorsque nous allons célébrer le Triduum pascal (les 3 jours qui déploient qu’un seul et même mystère, la Pâque du Seigneur), nous entrons par la foi dans cette Pâque par le jeudi saint, Commémoration de la Cène du Seigneur, mystère du don de la vie de sa vie à travers son Corps livré et son Sang versé, Sacrement de son amour et qui ouvre à son accomplissement effectif dans le vendredi saint où Jésus souffre et meurt pour le pardon de la multitude. Le samedi saint, jour de silence, le Christ mis au tombeau descend au Séjour des morts pour en briser les portes et libérer Adam et Eve, et tous les hommes captifs et faire avec eux le passage à la Vie éternelle auprès du Père. C’est tout ce mystère que l’Eglise déploie en une splendide Vigile Pascale, où tous les éléments du feu, de la lumière et de l’eau nous convient à ressaisir tout le dessein du Salut depuis les origines jusqu’en son accomplissement dans la résurrection du Christ. Au cours de cette liturgie, nos amis catéchumènes achèvent leur cheminement pour être plongés enfin dans la Vie divine. A Pâque, l’Eglise célèbre l’Amour de Dieu et la réponse de foi et d’amour de l’homme, une Alliance, les Noces de Jésus et de son Epouse, l’Eglise.

    Bonne fête de Pâque à tous !

    Père Roger+