Catégorie : Editoriaux

  • Au terme de l’année pastorale

    Au terme de l’année pastorale

    Nous voici vers la fin de l’année pastorale avec la perspective de changement et de départ de certains d’entre nous. Nous pouvons prendre un moment pour rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu’il a accompli au milieu de nous. Personnellement, je rends grâce pour ces deux années passées à Saint-Joseph Artisan, pour tous ceux que j’ai pu rencontrer, accompagner, ceux avec qui j’ai travaillé à la mission paroissiale. Je vous remercie pour votre soutien, vos conseils, vos encouragements, votre amitié précieuse. J’aimerais pouvoir adresser personnellement un mot à chacun mais c’est impossible… aussi je passe par le Seigneur et Lui demande de vous bénir tous et chacun.

    Je voudrais remercier chaleureusement tous ceux qui donnent de leur temps pour la vie de la paroisse : mes frères Ramzi, Alain et Guy-Florentin, les sacristines si fidèles et dévouées à servir à l’entretien de la Maison du Seigneur, les membres du Bureau Pastoral, le Conseil Pastoral élargi, les membres du CPAE, l’équipe du catéchuménat, de la liturgie, des Journées d’amitié et Braderie, les catéchistes, les jeunes et les enfants, les responsables des différentes activités bénévoles et serviteurs des plus pauvres, notre ami Eric l’organiste, la précieuse Diana ! Soyez vivement remercié chacun. Je voudrais remercier aussi nos chères sœurs les Servantes des Pauvres, ainsi que toutes les Communautés religieuses pour leur soutien spirituel.

    Vous êtes la famille spirituelle que Dieu m’a confiée, et à qui j’ai été confié pour un court temps et tous ensemble, nous avons apporté notre pierre à l’édification de notre belle Communauté paroissiale en servant le Seigneur et son Evangile.

    Et voilà l’été qui s’ouvre, c’est un temps de repos bien mérité, de retrouvailles familiales et de découvertes. Mais Dieu ne prend pas de vacances ! Emportons avec nous un Évangile, prenons le temps de la prière personnelle et familiale, participons fidèlement à la messe dominicale, même loin de chez nous. Pourquoi ne pas vivre une retraite spirituelle, quelques jours dans une abbaye, ou participer à une session à Paray-le-Monial ? Le Seigneur nous attend souvent dans le silence, loin du rythme habituel de nos activités.

    Que cet été soit pour chacun un temps de paix, de ressourcement et de croissance dans la foi. Confions nos familles, notre paroisse et ceux qui sont seuls ou éprouvés à l’intercession de la Vierge Marie et à Saint Joseph.

    Bel été à tous, sous le regard du Seigneur !

    P. Roger Frey +

  • L’eucharistie, cœur battant de l’église

    L’eucharistie, cœur battant de l’église

    « L’Eucharistie fait l’Église » : cette formule lumineuse de saint Jean-Paul II, dit une réalité que nous expérimentons chaque dimanche, lorsque nous nous rassemblons autour de la Table du Seigneur, venant d’horizons diverses et de sensibilités différentes.

    Que se passe-t-il vraiment à la messe ? Nous sommes convoqués — appelés hors de nos vies éparpillées, de nos solitudes, de nos différences — pour devenir ce que nous recevons : le Corps du Christ. L’Eucharistie ne nous unit pas malgré nos diversités, elle assume et ordonne à une même mission nos charismes et nos talents divers pour justement répondre aux appels d’une société plurielle et fragmentée. Car comme nous le chantons : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père », dans un seul et unique Esprit d’amour qui se donne en chaque messe qui unit autant de membres différents et complémentaires en un seul Corps envoyé dans le monde.

    Car en repartant de la célébration dominicale, nous ne repartons pas les mains vides ni seuls. Nous portons en nous le Seigneur lui-même, envoyés dans le monde selon les charismes qui sont les nôtres. À l’un, l’annonce : porter la Bonne Nouvelle là où elle n’a pas encore été entendue. À l’autre, la charité : se faire proche de celui qui souffre, de l’isolé, du pauvre. À un autre encore, le service discret et fidèle, colonne vertébrale de toute vie communautaire.

    Mais rien de tout cela ne tient sans la prière, et au cœur de la prière, notamment, l’adoration du Très Saint Sacrement… si vraiment l’Eucharistie fait l’Eglise, c’est dans l’adoration que nous puisons la charité et l’élan de la mission. Devant l’Hostie exposée, Jésus présent réellement, nous apprenons le silence qui écoute la Parole qui nous envoie, l’humilité qui reçoit la grâce pour se donner. C’est là que nos agendas chargés retrouvent leur centre, que nos engagements fatigués se ressourcent. L’adoration n’est pas une fuite du monde : elle est le lieu où nous apprenons à l’aimer du regard même de Dieu, à qui nous confions ce monde avec ses peines et ses espérances.

    Chers amis, laissons-nous faire par l’Eucharistie. Elle nous précède, elle nous dépasse, elle nous rassemble. Et c’est elle qui, dimanche après dimanche, fait de nous — lentement, sûrement — cette Église que Dieu donne au monde.

    P. Roger +

  • L’Esprit Saint qui relève !

    L’Esprit Saint qui relève !

    Le monde paraît hostile et l’avenir obscur! Il y a des nuits où dans la vie les portes se ferment plus vite que les cœurs ne s’ouvrent. La peur rétrécit l’horizon, enferme les consciences, pousse chacun à protéger ce qu’il peut encore sauver. Les disciples de l’Évangile de Jean connaissent cette nuit-là. Ils se barricadent après la mort de Jésus, prisonniers d’un mélange de honte, d’incompréhension et d’angoisse. Et c’est précisément là, dans cet espace clos, que le Ressuscité vient se tenir au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous. » Puis il souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint. Ce geste, discret et immense, rappelle le premier souffle de la création. Comme au commencement du monde, Dieu insuffla la vie à l’homme créé à son image, le Ressuscité vient redonner vie à une communauté épuisée et paralysée par la peur. Au cœur d’un monde blessé, Dieu recommence l’humanité. La force divine vient remettre debout nos existences paralysées. Dans nos sociétés fatiguées, enfermées, inquiètes, portant les marques de la méfiance, du repli, de la tentation de chacun pour soi, du rejet et du mépris de l’autre, Jésus, par le don de l’Esprit Saint, force de relèvement, offre à chaque baptisé sa paix et l’envoie en mission, le met en relation avec les autres créant ainsi une fraternité universelle, sans frontières entre les peuples.

    L’église naît de ce don, un don plus grand que tout: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Dieu donne son Fils ; le Fils donne sa paix ; et l’Esprit est donné à son tour pour que les hommes apprennent enfin à vivre autrement. Qu’est-ce qu’un monde sans l’amour divin et sans l’amour fraternel? Qu’est-ce qu’une communauté chrétienne sans relation? À une époque marquée par la crispation identitaire, les conflits et la défiance, la foi trinitaire rappelle que l’être humain ne se comprend pleinement qu’en relation. L’autre existe et me fait exister. Ouvrons nos cœurs à l’action de l’Esprit Saint car là où la faute semble figer les relations, il rend possible le pardon. Là où l’avenir paraît bouché, il remet en mouvement.

    Merci à vous tous pour votre sourire, une expression de la joie, fruit de l’Esprit Saint. Avançons encore et toujours aux larges!

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

  • « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.» (Jn 14, 18)

    « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.» (Jn 14, 18)

    Dans ce dernier discours avant sa mort et sa résurrection, Jésus transmet son testament à ses disciples. Non pas à la manière humaine, en vue d’un départ et d’une séparation définitifs, mais à la manière d’un père qui rassure son enfant lorsqu’il part en voyage pour lui procurer une vie meilleure. Il se sépare physiquement pour un temps, mais le lien demeure, et le père apprend à son fils à entrer dans une attitude d’attente, pour se préparer à des retrouvailles certaines, riches de surprises et d’une abondance qu’il est allé chercher pour lui.

    Le chapitre 14 commence ainsi : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé… Je pars vous préparer une place… Je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » Jésus prépare le cœur de ses apôtres à traverser l’épreuve de la crucifixion, de la persécution, du doute, du péché, du sentiment d’abandon… jusqu’à la mort elle-même. Mais c’est en vue, non seulement de retrouvailles, mais de noces et d’un bonheur éternel que rien ne pourra entraver : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus… » (Ap 21, 4). L’espérance chrétienne ne repose pas sur une simple amélioration de notre quotidien, mais sur la certitude du retour du Christ, vainqueur de la mort, que nous invoquons chaque fois que nous prions : « Que ton règne vienne ! »

    Et comme le bon père qui prévoit tout avant son départ pour rassurer son enfant, Jésus ne nous laisse pas orphelins : il nous envoie Celui qui rendra la relation avec Lui possible, l’Esprit Saint. C’est pourquoi, en ces jours qui nous préparent à la Pentecôte, nous sommes invités à accueillir le Consolateur, le Défenseur, l’Esprit de vérité. Il fait grandir en nous la foi dans le retour du Fils, nous apprend à entrer dans une relation d’amour avec le Père et nous soutient dans l’espérance pour avancer malgré les épreuves.

    En ce mois de Marie, Jésus nous confie à sa Mère. Elle nous accompagne dans les épreuves et nous apprend à demeurer debout au pied de nos croix, comme elle, dans la confiance en la promesse de son Fils.

    Bon temps de Pâques !

    P. Ramzi +

  • « Nous espérions… »

    « Nous espérions… »

    Le Christ est vraiment ressuscité, Alléluia !

    L’Église célèbre au cœur de l’octave pascale le dimanche de la miséricorde divine. Ceci n’est pas anodin. Voyez-vous, avant même de parler de foi, de mission ou de témoignage, tout commence par une miséricorde offerte, gratuite, presque déconcertante. Le Ressuscité ne vient pas d’abord accuser ou reprocher. Il vient rejoindre, patiemment, des hommes blessés dans leur espérance. Regardons les disciples d’Emmaüs qui s’éloignent de Jérusalem, enfermés dans leur désillusion : « Nous espérions… » disent-ils. Tout est là, dans ce passé qui pèse. Leur foi est fatiguée, abîmée par la croix mais elle n’est pas morte. De leur côté, les disciples enfermés au Cénacle vivent dans la peur, tandis que Thomas, lui, s’enferme dans le doute. Il ne croit plus que ce qu’il peut vérifier. Ces attitudes disent quelque chose de notre propre manière d’habiter le monde : entre espérance déçue, peur de l’avenir et difficulté à croire sans preuves. C’est précisément là que la miséricorde de Dieu se déploie. Non pas en surplomb, mais en chemin.

    Frères et sœurs dans le Christ, Sur la route d’Emmaüs, Jésus marche avec les siens sans s’imposer. Il écoute, il explique, il ouvre les Écritures. Au Cénacle, il entre malgré les portes verrouillées et offre la paix. À Thomas, il propose la foi à la place du doute et de la crainte : « Avance ton doigt… Cesse d’être incrédule, sois croyant. » Voilà notre Dieu qui suscite la foi , patiemment, en rejoignant chacun là où il est. La miséricorde, ici, n’est pas un simple pardon : elle est un chemin de reconstruction intérieure. Elle redonne à croire. Mais cette miséricorde appelle une réponse. Elle ne nous laisse pas immobiles. Les disciples d’Emmaüs se lèvent aussitôt pour revenir à Jérusalem. Thomas, lui, croit plus fermement: « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il y a une urgence, aujourd’hui, à entendre cet appel : sortir de nos enfermements. Sortir de l’incrédulité tranquille qui évite de se poser des questions décisives. Sortir aussi du désespoir discret qui nous fait dire, comme les disciples : « Nous espérions… » Dire « mon Dieu », c’est consentir à lui faire confiance, au-delà de ce que je comprends. Car la foi chrétienne repose sur une affirmation simple, mais radicale : Jésus est réellement vivant. Croire en la Résurrection, ce n’est pas nier les épreuves. C’est refuser qu’elles aient le dernier mot. C’est accepter que, même dans nos nuits, une lumière est déjà à l’œuvre. La miséricorde de Dieu , nous invite, comme Thomas, à nous approcher du Ressuscité et dire à notre tour : « Mon Seigneur et mon Dieu » ?

    Joyeuses Pâques à vous tous !

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

  • La Semaine Sainte, fondatrice de notre Vie chrétienne

    La Semaine Sainte, fondatrice de notre Vie chrétienne

    Nous abordons avec la Semaine Sainte, le fondement crucial (c’est bien le mot qui convient !) de la vie chrétienne. La liturgie de cette semaine sainte est si riche et si dense que nous nous pouvons pas nous priver d’une seule célébration pour ne pas manquer pour une seule miette les grâces incommensurables que Dieu nous offre. La liturgie, qui est l’œuvre de la Trinité Sainte pour le salut des hommes nous fait entrer dans le mystère du Christ dans sa Passion d’amour, sa mort et sa résurrection. Le Sacrifice en croix du Christ et sa résurrection n’appartiennent pas au passé et la commémoration de sa Pâque, c’est-à-dire son passage de la mort à la Vie, de la vie en ce monde à la Gloire du Père, n’est pas une simple évocation mémorielle pour exprimer une vague compassion envers un Dieu qui nous a tant aimés ! Mais c’est une actualisation, un présent enveloppé dans un couffin de rites qui voilent l’immense et insondable mystère de ce que le Christ a voulu vivre et subir pour nous sauver et nous donner part à la vie divine.

    Ainsi lorsque nous allons célébrer le Triduum pascal (les 3 jours qui déploient qu’un seul et même mystère, la Pâque du Seigneur), nous entrons par la foi dans cette Pâque par le jeudi saint, Commémoration de la Cène du Seigneur, mystère du don de la vie de sa vie à travers son Corps livré et son Sang versé, Sacrement de son amour et qui ouvre à son accomplissement effectif dans le vendredi saint où Jésus souffre et meurt pour le pardon de la multitude. Le samedi saint, jour de silence, le Christ mis au tombeau descend au Séjour des morts pour en briser les portes et libérer Adam et Eve, et tous les hommes captifs et faire avec eux le passage à la Vie éternelle auprès du Père. C’est tout ce mystère que l’Eglise déploie en une splendide Vigile Pascale, où tous les éléments du feu, de la lumière et de l’eau nous convient à ressaisir tout le dessein du Salut depuis les origines jusqu’en son accomplissement dans la résurrection du Christ. Au cours de cette liturgie, nos amis catéchumènes achèvent leur cheminement pour être plongés enfin dans la Vie divine. A Pâque, l’Eglise célèbre l’Amour de Dieu et la réponse de foi et d’amour de l’homme, une Alliance, les Noces de Jésus et de son Epouse, l’Eglise.

    Bonne fête de Pâque à tous !

    Père Roger+

  • « C’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » (Jn 9, 3)

    « C’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » (Jn 9, 3)

    Il est légitime de nous révolter face à nos manques, nos faiblesses, les injustices et les guerres que nous subissons… tout comme cet aveugle de naissance, persécuté avant sa guérison par son infirmité mais aussi persécuté par la suite à cause de son témoignage envers celui qui l’a guéri. Trouver des raisons objectives au mal que nous subissons pourrait aider à traverser l’épreuve, c’est pourquoi les apôtres questionnent Jésus sur ce sujet : « Qui a péché ? lui ou ses parents ? ». Mais Jésus n’entre pas dans la logique d’expliquer le pourquoi du mal. Il cherche par sa réponse à convertir le regard de ses disciples sur la manière divine d’agir : Seul Dieu est capable de transfigurer la souffrance et l’injustice (qui en soi sont un mal objectif à combattre), pour qu’ils deviennent le lieu de manifestation de Sa présence.

    Nous cherchons tous à nous débarrasser de nos infirmités, de nos faiblesses, des injustices… et c’est légitime. Mais au milieu de ce carême, il nous est peut-être demandé de changer de regard sur ces lieux de faiblesse et demander à Dieu de nous y révéler sa présence. C’est ce que St Paul a compris lorsqu’il a affirmé : « c’est lorsque je suis faible que je suis fort » !

    Je rentre de Beyrouth après avoir passé une semaine au milieu d’un conflit régional qui déstabilise le monde et plonge les Libanais dans le désespoir. Qui a péché ? Les Iraniens, les Israéliens, les Américains, les Libanais ? Le questionnement et la révolte sont légitimes face à tant d’injustices, mais à mon avis, une question plus essentielle se pose : comment nous, chrétiens, laissons-nous, Jésus nous guérir pour devenir capables de manifester son œuvre au milieu de tant d’épreuves ? Comment, malgré les guerres et les persécutions, demeurer témoin que l’espérance et la paix ne peuvent venir de calculs purement humains, mais seulement par la rencontre avec le Christ ?

    Heureux de vous retrouver et vous remercie pour vos prières et vos messages de sympathie.

    Bon Carême !

    P. Ramzi +

  • Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu !

    Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu !

    Frères et sœurs bien-aimés,

    Il est des commencements qui déconcertent.. Avant la lumière de Thabor, il y a l’épreuve du désert; avant la voix qui nous révèle le Fils bien-aimé, il y a un silence austère où se livre un combat spirituel. Ce carême ne s’ouvre pas sur une promesse de consolation mais il nous conduit, nous aussi, au lieu du dépouillement, là où se dévoilent nos faims véritables. Voyez-vous, dans le récit de la tentation, le diable suggère tout simplement à Jésus d’user de sa puissance pour lui-même: transformer des pierres en pain, s’imposer par le prodige, régner par la domination. L’histoire humaine est justement traversée par ces trois séductions: Posséder, paraître et dominer. Dans un monde obsédé par l’efficacité, par l’image et par la conquête, Jésus choisit l’obéissance plutôt que l’éclat. Il s’en remet à la Parole reçue et non à la démonstration de force. JÉSUS NOUS APPREND DURANT CETTE TENTATION ET SURTOUT TOUT AU LONG DE CE CARÊME LA MANIÈRE D’EXISTER COMME FILS DE DIEU. Il faut consentir à ce dépouillement afin d’être libéré de la frénésie de prouver et de posséder.

    Mais, ne nous arrêtons pas au désert. le désert et la montagne s’éclairent mutuellement. Le combat spirituel du désert trouve sa vérité dans la lumière du Thabor. Ce qui se joue dans l’obscurité de l’épreuve reçoit une confirmation dans la clarté de la révélation. La voie étroite et de fidélité du Christ conduit à une gloire qui ne se confond pas avec un succès éphémère. Alors, l’essentiel pour nous n’est pas de multiplier les résolutions mais plutôt de fixer les yeux sur Jésus, le Fils bien-aimé du Père et refuser d’être hypnotisés par la séduction de la puissance, de la possession et de la domination.

    Que la prière, le jeûne et le partage prennent un relief nouveau dans notre vie. La prière nous arrache à l’illusion de l’autosuffisance. Le jeûne nous rappelle que tout ne se réduit pas à la satisfaction immédiate. Le partage nous décentre et nous rend solidaires d’un monde blessé et vulnérable sans ignorer nos semblables les hommes qui nous rappellent le visage du pauvre Lazare (Luc 16, 19-20). Fixer les yeux sur Jésus, c’est entrer dans cette dynamique et dans ce mouvement sous la mouvance de l’Esprit Saint.

    A chaque baptisé, je souhaite un fructueux et saint carême par l’intercession de Saint Joseph !

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

  • La Sagesse de la Croix

    La Sagesse de la Croix

    Dans la quinzaine qui vient, relisons la lettre de Saint Paul aux Corinthiens ! « Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, navaient rien dun langage de sagesse qui veut convaincre ; mais cest lEsprit et sa puissance qui  se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

    Saint Paul, pour exhorter les Corinthiens à vivre dans l’unité nous donne un exemple de simplicité et d’humilité, lui qui avait tant reçu du Christ dans sa Révélation (transporté jusqu’au 3ème Ciel… cf. 2 Corinthiens), n’a pourtant rien mentionné de cette expérience mais préfère la faiblesse comme un lieu de grâce parce que la puissance et la sagesse de Dieu se manifeste dans la fragilité et la vulnérabilité.

    Le Concile Provincial nous convie à l’écoute du témoignage de ceux qui viennent frapper aux portes de notre paroisse pour recevoir le baptême et la connaissance du Christ. Quelle sera notre réponse ?

    Notre parole sera-t-elle puisée dans un puits de science à la manière du monde qui veut convaincre ou appuyée sur une révélation de l’Esprit Saint qui nous donne un goût et une sagesse selon Dieu distillée dans un cœur à cœur par une vie de prière à contempler et à scruter le mystère de Dieu. Car il s’agit bien d’une sagesse, celle de Dieu, sagesse cachée dans le mystère de la Croix de notre Seigneur ? « Parmi vous, je nai rien voulu connaître dautre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. »

    Sous peu de temps, nous allons entrer en Carême, le chemin de Croix de chaque vendredi, les temps de prière et d’adoration, ont touché de nombreuses personnes qui viennent puiser dans cette contemplation la sagesse divine. Avons-nous nous-mêmes découvert ces sources de grâce comment pouvons-nous guider nos catéchumènes si nous n’avons pour seule connaissance du Christ que celle qu’apporte les livres ? Ainsi la Croix du Christ est notre seule fierté que nous voulons proclamer au monde : « nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, quils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. »

    P. Roger+

  • « C’est Lui, le Fils bien-aimé du Père »

    « C’est Lui, le Fils bien-aimé du Père »

    Que se passe-t-il au Jourdain ? Dans cet instant presque ordinaire où Jean baptise pour la conversion, l’essentiel se révèle à nous. L’hésitation de Jean-Baptiste dit une chose : Comment baptiser celui dont il pressent qu’il n’a rien à se faire pardonner ? Pourquoi Jésus se mêle-t-il à la foule de ceux qui attendent un geste de purification ? Dieu commence-t-il à dérouter ? Non !

    Mais “il convient que nous accomplissions ainsi toute justice”. Cette réponse de Jésus n’est pas celle qui distingue les justes des injustes mais celle qui rétablit toute relation. Jésus se place avec. Sa mission, dès l’origine, prend la forme d’une proximité assumée, d’un partage sans réserve. Le Fils bien-aimé du Père ne s’impose pas ni ne réclame aucun privilège mais se tient là solidaire des hommes, partageant leur condition jusqu’au bout pour les inviter à la sainteté : “Soyez saints, car moi, le Seigneur, je suis Saint” (cf. Lv 19, 2; Mt 5, 48). Jésus veut être là où l’homme est, pour que l’homme puisse être là où Dieu l’attend, être du côté de la Vie et non du mal.

    Bien-aimés dans le Seigneur, Jean, dans témoignage, voit l’Esprit Saint demeurer sur Jésus. Il comprend que le Fils bien-aimé du Père est l’Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde. Et il ajoute: “J’ai vu et j’atteste qu’il est le Fils de Dieu”. Et déjà, lors du baptême de Jésus, quand les cieux s’ouvrent, la voix du Père désigne Jésus : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé”. Avant toute œuvre, avant toute parole publique, Jésus est nommé, reconnu comme Fils de Dieu, celui que le Père aime. Son identité ne se construit pas dans la performance, mais dans une relation.

    Nous ne cherchons pas à vous convaincre mais plutôt vous inviter à une confession de foi humble et exigeante dans un monde où la parole de Dieu est dès fois réduite à une opinion parmi d’autres. Comme Jean, laissons-nous rejoindre par cette parole: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie”.

    Restons ouverts à l’Esprit Saint qui demeure !
    Heureuse et Sainte année 2026 avec le secours de la Vierge Marie !

    Père Guy-Florentin N’ZINGAZO MOWAYA