Archives de catégorie : Editoriaux

Vocation

« La femme qui reste vierge a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée »

St Paul parle des différentes vocations chrétiennes : mariage, célibat. De même que Jésus marchant sur les routes de Galilée appelait des hommes et des femmes à le suivre, de même aujourd’hui il continue d’en appeler.

Il y a un appel commun à tous : la sainteté, c’est-à-dire vivre le Baptême à fond.
A l’intérieur de cet appel commun, il y a différents chemins. Il y a des vocations spécifiques comme la vie religieuse (avec des vœux religieux), la vie consacrée (dans le célibat pour le Royaume), le sacerdoce.

Les différentes vocations sont nécessaires, et s’éclairent mutuellement. Quand je passe des vacances avec mes sœurs et beaux-frères, les voir se donner et s’occuper de leurs enfants (se lever la nuit !) est un rappel pour moi de la nécessité de ne pas vivre mon célibat comme un confort, mais comme un don de moi-même radical au Seigneur, et pour mes frères et sœurs. Dans l’autre sens, les personnes qui sont consacrées à Dieu rappellent aux autres que « Dieu seul suffit », qu’ici-bas nous sommes en marche vers le Ciel où « on ne prend ni femme ni mari ». Et que déjà ici-bas je ne dois pas attendre d’un autre que Dieu, de combler parfaitement mon cœur (sinon je fais peser sur mon conjoint un fardeau impossible).

Cette année l’archevêque de Paris nous demande de prier pour les vocations, et nous le faisons donc chaque dimanche à la messe. C’est la consigne que Jésus a laissée à ce sujet : « la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9,37-38).

Prions donc le Seigneur avec ferveur et confiance. Car, quelle joie de connaître l’amour de Jésus, mais quelle joie plus grande encore de le faire connaître !

P. Benoit

 


PRIERE POUR LES VOCATIONS
(Rédigée par l’Archevêque de Paris)

Seigneur, nous croyons que Tu appelles tout homme
à aimer et à servir ses frères et sœurs.
Tu appelles les croyants à chercher les chemins de l’amour que Tu nous offres. Tu demandes aux Chrétiens d’annoncer l’Evangile en suivant les pas de Jésus, en cherchant la sainteté.

Nous T’en prions :
Donne à Ton Eglise, au diocèse de Paris en particulier, la joie de voir naître et grandir de nouvelles vocations de prêtres par amour pour Toi et pour tous ceux que Tu aimes.

Que les familles, les paroisses et tous les groupes chrétiens soient des lieux où s’épanouissent toutes les vocations :
dans la vie laïque, dans le mariage ou dans le célibat,
dans la vie consacrée et la vie religieuse,
dans les ministères de prêtre et de diacre.

Que chacun éprouve la joie de se savoir aimé, infiniment aimé de Toi, au point de désirer mettre sa vie au service de Ton amour. Nous Te le demandons à Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
Amen !

La pureté, témoignage du Royaume

« Le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur » (1Co 6). Les paroles très fortes de saint Paul sur le corps sont rarement commentées alors qu’elles sont d’une brûlante actualité. Ce corps que le Seigneur nous a donné en partage « est un sanctuaire de l’Esprit Saint », nous rappelle-t-il.

On peut avoir tendance à ne penser notre foi qu’au niveau spirituel : foi, espérance, charité et dons du Saint Esprit ne concerneraient que notre âme, au point que l’on a une image des hommes de foi comme  d’êtres spirituels, ayant un corps évanescent. Le corps peut même être perçu comme un empêchement à notre vocation spirituelle, notre destinée ultime, au-delà de la mort, conçue comme uniquement spirituelle. Et l’on dira des chrétiens qu’ils ont un rapport complexe avec leur corps : ils sont coincés.

Pour saint Paul, comme pour l’homme de la Bible, mon corps c’est moi. Ma destinée éternelle est aussi une destinée corporelle. Il y a sur notre corps un appel : “il est pour le Seigneur” et “le Seigneur est pour le corps” qui devient, avec moi, “un membre du Christ”. Ce corps que l’on pourrait définir comme ce par quoi nous sommes en relation avec les autres et le monde, je ne fais qu’un avec lui.

Le corps, comme temple de l’Esprit, en reçoit un reflet. Dans une vie sainte il y a aussi une vie intérieure qui illumine le corps. Que l’on se souvienne des visages de Mère Teresa ou de Charles de Foucauld. Malgré tous les fards, les maquillages et les liftings on ne parvient pas à la beauté même physique d’une personne sainte habitée par l’Esprit. La paix et la bonté, la pureté et la chasteté, produisent la véritable beauté du corps, bien plus que sa forme plastique.

C’est le défi auquel nous sommes confrontés dans notre société où la « libération » sexuelle défigure l’homme. Aussi l’aumônerie des collégiens et lycéens commence un cycle, ce trimestre, sur la vie affective qui intéressera sans doute vos jeunes.

Père Jean-Pierre Durand

Bonne année avec les rois mages !

Chaque année, début janvier, nous fêtons l’ « Epiphanie », c’est-à-dire la « manifestation » de Jésus au monde (cette année le 7 janvier). Jésus est né pour se manifester, se montrer, se faire connaître. Pour manifester l’amour dont Dieu nous aime :

« …Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. » (1 Jean 4,8-9)

Le jour de l’Épiphanie, nous lisons l’histoire des « rois mages ». Jésus s’est révélé à eux. Une étoile les a conduits. Ils ont écouté les Écritures et sont arrivés à la crèche de Bethléem.

Un autre roi, Hérode, n’a pas voulu reconnaître en Jésus Celui devant qui il devait se prosterner. Il a fait assassiner tous les premiers-nés de la région par peur de perdre son trône. Il a eu peur de ce que Jésus lui ferait perdre. Et il est passé à côté du Fils de Dieu Lui-même, qui était venu à quelques pas de chez Lui.

Les rois mages, eux, nous montrent l’attitude qui conduit à trouver la Lumière, Jésus :
Leur intelligence était ouverte : une étoile les intriguait, ils l’ont suivie, se sont déplacés.
L’étoile les a conduits en Israël : ils ont écouté les Ecritures qui en disaient plus sur ce nouveau-né.

L’ayant trouvé, ils se sont humblement prosternés devant Lui. Après cette rencontre, ils sont repartis différents, ils se sont laissés transformer : « ils regagnèrent leur pays par un autre chemin ».

Le Christ est comme une mine d’or inépuisable, disait St Jean de la Croix. On n’a jamais fini d’en découvrir de nouveaux filons.

Je souhaite à chacun pour cette année de se laisser conduire davantage à Jésus (quelle sera l’étoile ?). De le découvrir un peu plus (il veut se manifester). De l’adorer, et d’en être transformés.

Bonne année à tous !
P. Benoit

Parmi vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas

Le roi David, après avoir établi fermement son règne, après avoir vaincu politiquement et militairement ses ennemis, projeta de construire un temple pour le Seigneur. Comme il nous ressemble ! Nous qui pensons d’abord réussir nos affaires, après quoi nous verrons quelle place donner à Dieu. Contre toute attente, le Seigneur lui répondit que c’était lui qui lui construisait une dynastie dont le pouvoir ne passerait pas.

Plus profondément que toutes les activités humaines qui polarisent notre attention, plus profondément que tous les évènements qui constituent notre vie, Dieu établit en son Fils son royaume qui ne passe pas. Bien sûr, il faut faire une place à Dieu dans notre vie et dans notre monde. Mais, plus profondément, c’est Dieu qui nous fait une place dans son projet à lui pour l’humanité dans lequel il inclut chacun de nous. Quelque chose de plus grand que tout ce que l’homme entreprend a germé et grandit, non pas de façon cachée, mais sans qu’on le remarque. Il nous revient d’en être pour que nos vies ne soient pas vaines.

En ces deux derniers dimanches du temps de l’Avent, deux précurseurs de l’avènement du Fils de Dieu nous sont présentés : saint Jean Baptiste et la Vierge Marie. Le premier, tel un sonneur d’alerte, nous en avertit : il vient ! Il est même tout proche. Attention à ne pas passer à côté !

Marie quant à elle est la figure de tous ceux qui l’ont accueilli. D’une part, par sa réponse : « Que tout m’advienne selon ta parole », elle a su s’abandonner au projet de Dieu sur elle. D’autre part, par sa vie qui en a été élevée au-dessus de tout ce qu’elle aurait pu imaginer.

« Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas, c’est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure. »

Père Jean-Pierre

Le bien qui ne fait pas de bruit mais change tout

Ça fait du bien de voir le bien. Quelques exemples.

La rencontre des prêtres de Paris à Lourdes mi-novembre, à l’invitation de l’archevêque Laurent Ulrich. Plus de 300 prêtres passent quelques jours de rencontre, partage, prière. Non pas directement pour traiter de quelque affaire pastorale (même si le souci de la mission nous habite), mais plus gratuitement, comme une famille qui se retrouverait pour une soirée autour d’un bon dîner et d’un jeu de société (par exemple). Et sentir de manière palpable que nous faisons partie d’un même corps.

Le réaménagement de la salle qu’occupait jusqu’à cet été l’association Le Rocher. Cette grande salle, au fond de la cour, a été repeinte par des jeunes durant les vacances de la Toussaint (notamment ceux qui ont été aux JMJ). Merci à eux ! Elle est belle et propre ! Les activités avec les jeunes s’y déroulent déjà, avec beaucoup de joie. Actuellement par exemple les collégiens tournent un petit film sur Noël, grâce à l’aide du centre Paris anim’.

La préparation d’Hiver Solidaire. Sans faire de bruit, des dizaines de bénévoles se manifestent et s’organisent. Ceci afin de venir en aide à des sœurs en humanité et leur permettre de profiter d’un toit cet hiver, et tisser des liens de fraternité qui durent ! On pourrait mentionner aussi ceux qui se lèvent le dimanche matin pour aller à la rencontre de nos frères de la rue.

Chacun pourrait continuer largement cette petite liste, avec le bien dont il est témoin…

Et si se préparer à Noël, c’était aussi s’exercer à voir le bien qui, humblement, germe, pousse, se communique…Apprendre à rendre grâce à Dieu pour tant de choses, petites en apparence, mais si grandes en bienfaits. Comme les bergers à la crèche, qui ont su reconnaître l’humble venue de Dieu dans l’Enfant Jésus, et le louer.

Père Benoît

Malheur ! J’ai reçu si peu…

Celui qui n’a reçu qu’un seul talent n’a manifestement pas compris la valeur de ce qu’il a reçu : il l’a enterré pour le rendre au retour de son maître ! Si Jésus nous dit cette parabole, c’est que nous pourrions être tentés de faire de même. Mais combien vaut un talent ? Car c’est une mesure de poids mais aussi de monnaie. Les Romains pesaient les espèces, le talent valant 6 000 drachmes, la pièce d’argent de 3,86 gr., salaire d’une journée d’un ouvrier agricole. Le talent représenterait donc aujourd’hui le salaire de 23 ans de travail, ce qui ferait, au SMIC actuel, 382 000 €. Cela valait la peine de le faire fructifier.

Nous avons tous des dons plus ou moins importants, mais celui qui en a reçu peu (un seul talent, dans la parabole) est tenté de découragement : comment le faire fructifier pour le Seigneur ? Car il n’a pas que des qualités mais aussi des défauts qui annulent bien souvent, à ses yeux, le peu de capacités qu’il possède.  Bien sûr, s’il avait reçu des dons brillants (5 talents, dans la parabole), il pourrait porter un fruit magnifique. Peut-être, d’ailleurs, envie-t-il ces gens-là. Mais avec un seul talent, il ne pense rien pouvoir faire et de fait, n’en fait rien.

En prenant une unité de mesure aussi imposante que le talent, Jésus veut nous alerter sur la valeur de ses dons. Car le Don de Dieu, l’Esprit Saint, est Dieu ! Il ne peut pas être mis en échec par nos défauts ou simplement nos limites. Il est capable, par lui-même, de nous faire porter du fruit pour le Seigneur, au-delà de nos capacités naturelles, un peu comme un capital que l’on fait fructifier en banque. A la banque de l’Amour, saurons-nous prendre le risque de faire fructifier l’Esprit d’amour qui nous a été donné ? De croire en sa puissance pour changer nos vies ?

Père Jean-Pierre

Peut-on, en criant assez fort, ressusciter un mort ?

Il y a quelques années, j’habitais avec un autre prêtre, qui avait un réveil « à ressusciter les morts » (les voisins l’entendaient derrière le mur).
C’est une expression bien sûr ! Mais au fond…on peut se poser la question : pourrait-on, en criant assez fort, ressusciter un mort ?

Mais d’abord, que devient mon corps, après ma mort ?

Pour commencer, que disent les gens ?
Pour certains, le corps se décompose : poussière, asticots… et basta. Pour d’autres, il se réincarne (en une autre personne, ou une autre créature vivante, …).
Pour d’autres encore, … on n’en sait rien, et peu importe !

Et le chrétien, que dit-il ?

« Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous,
Celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous »
(Bible, lettre aux Romains 8,11).

Dieu nous a créés, âme et corps. Et il nous sauve, âme et corps.

A notre mort, notre âme est séparée de notre corps. Mais à la Résurrection des morts = la fin du monde = le retour de Jésus dans la gloire : les morts ressusciteront.

Même si on ne sait pas bien se représenter ce que sera notre corps après la Résurrection : on parle de « corps transfiguré », « corps glorieux », « corps spirituel »… on sait qu’il y a une voix qui est capable de ressusciter les morts : celle de Jésus :

« Amen, amen, je vous le dis :
l’heure vient – et c’est maintenant –
où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
et ceux qui l’auront entendue vivront. »
(Bible, Evangile de Jean 5,25)

P. Benoit

Guerre et paix

En ce 29e dimanche du temps ordinaire, Jésus nous replace devant la nécessaire distinction et la juste autonomie de ce qui relève du domaine temporel et de ce qui relève du domaine spirituel : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu« .

Alors que les mass media nous informent et nous font réfléchir sur les guerres en cours, tâchant de balayer tous les aspects possibles, militaires, sociologiques, politiques, économiques, psychologiques… comment ne pas être frappé de l’absence de réflexion au plan spirituel ? Comment nous positionnons nous comme chrétiens qui, de par notre baptême portons ces dimensions de prophètes et de prêtres ?

Faire la guerre, et la manière dont on la fait, plus ou moins inhumaine ou barbare, n’est pas anodin spirituellement. Cela comporte des conséquences aussi dans la relation que l’on entretient avec Dieu et des conséquences graves pour le salut des personnes, des acteurs de la guerre comme des victimes. Regarder des peuples se faire la guerre n’est pas non plus sans conséquences sur notre relation à Dieu. Qu’elle suscite en nous la violence ou l’indifférence, la compassion ou la haine, la guerre, comme fléau qui atteint l’humanité à toutes les époques, met à l’épreuve du mal chacun de nous de façon très forte. Notre égoïsme, notre orgueil ou notre charité se révèlent.

N’oublions pas notre position très particulière de baptisés, dans ce monde. Parce que l’Esprit Saint nous a été donné, Dieu attend de nous notre prière pour ces personnes confrontées au mal de la guerre. C’est notre vocation de prêtres, en tant que baptisés, que de prier et même d’offrir des sacrifices pour les hommes. Sans doute plus particulièrement en ces temps plus décisifs pour le salut de tant de personnes. D’autant que la paix vient d’abord d’un état… d’esprit. Et donc d’un combat spirituel dont ces peuples doivent sortir victorieux.

Père Jean-Pierre

En avant les jeunes !

Dans l’Evangile de ce dimanche (8 octobre), Jésus nous parle d’une vigne, que le Maître a confiée à des vignerons, pour qu’elle porte de beaux fruits (on imagine de beaux raisins bien sucrés et juteux !). Il se trouve que ce même dimanche, nous aurons une « messe des jeunes », où les jeunes seront particulièrement impliqués.

Tentons des rapprochements avec l’Evangile.

Toi qui es jeune : et si la vigne, c’était tes talents ? tes dons ? tes charismes ? Alors, Jésus te dit : prends en soin ! Fais en sorte qu’ils portent du fruit. Comment ? Voici quelques conseils :
– Ecoute ! apprends des plus anciens. Prends des conseils. Accepte de recevoir des autres (et parfois même qu’on te corrige).
– ne reste pas seul ! un chrétien isolé est un chrétien en danger. Rejoins un groupe de jeunes (le catéchisme, l’aumônerie, un groupe de prière, etc…).
– prends ta place dans l’église (et dans le monde). Mets-toi en service. Tu aimes dessiner ? Dessine ! Tu aimes chanter ? Chante ! Tu aimes servir à la messe ? Sers à la messe ! etc… Ose ! N’aie pas peur de faire des erreurs. C’est en avançant qu’on apprend ! Donne ce que tu as reçu…et Dieu te donnera encore plus !
– offre ta jeunesse à Dieu. C’est la plus belle chose que tu puisses en faire.

Toi qui as été jeune (il y a plus ou moins longtemps) : et si la vigne c’étaient… les jeunes ? Alors Jésus nous demande d’en prendre soin, de les aider à donner de beaux fruits, le meilleur d’eux-mêmes !

Samedi dernier, nous étions en sortie avec les collégiens à Avon-Fontainebleau. Nous avons médité sur la vie du père Jacques, déporté pour avoir caché des enfants juifs dans son collège. Il disait :

« La vie qui vaut la peine d’être vécue,
et qui laisse une joie profonde,
est tellement une vie où l’on se donne. »
« Une vie sans risque est une vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue »

père Benoît

Ecologie et spiritualité

Il y a peu, une personne s’adressant à l’accueil, à qui l’on demandait si elle était croyante, répondait : « Oh moi, vous savez, c’est le divin ! » représentant ainsi cette nouvelle religiosité se répandant dans la population après l’athéisme. Le sentiment diffus du sacré et du divin dans la nature et le cosmos en général, dénommé cosmothéisme par nos contemporains, est une résurgence du sentiment religieux naturel à l’homme que l’on retrouve dans les religions primitives et qui le faisait vivre dans une symbiose avec la nature perçue comme sacrée. Au cinéma, le film Avatar en est une expression. L’écologie actuelle emprunte ainsi deux voies. L’une, plus rationaliste ou matérialiste, cherchera à protéger la nature de façon plus scientifique, selon les besoins des écosystèmes et des populations humaines, tandis que l’autre, plus religieuse au sens primitif du terme, le fera en concevant l’homme comme un animal comme un autre, ne devant pas émerger de ce grand tout sacré mais au contraire s’y unir pour retrouver les racines profondes de son être.

La troisième voie empruntée par les chrétiens désacralise la nature par la découverte du Dieu transcendant précisément la nature : le Dieu créateur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu vivant du prophète Elie et le Dieu qui s’est fait homme en Jésus Christ pour faire de nous ses fils. Et pourtant cette nature qui n’est pas Dieu est à respecter car elle nous parle de lui. A travers sa beauté, l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’infiniment complexe et la vie. Elle est notre berceau mais aussi notre tremplin. Nous en sommes issus et elle nous fait vivre tout en nous provoquant au dépassement. « Ce que j’ai fait, je te le jure, aucune bête ne l’aurait fait », affirme Guillaumet, ce pionnier de l’aviation retrouvé dans la montagne six jours après le crash de son avion. Jusqu’à l’acquisition de l’Esprit de Dieu auquel il nous appelle à nous unir pour vivre de Lui, non pas en êtres terrestres mais en êtres célestes.

Père Jean-Pierre