Depuis quelques temps nous nous posons la question, à la paroisse, d’accueillir des filles pour servir à l’autel, avec les garçons. Cela se fait déjà ailleurs dans l’Eglise, même si dans la majorité des lieux ce sont des garçons qui assurent ce service.
La question de fond sous-jacente est la suivante : le service de l’autel est-il lié au sacrement de l’Ordre (sacrement par lequel on devient diacre, prêtre ou évêque), ou aux sacrements du Baptême et de la Confirmation, que peuvent recevoir tous les fidèles, hommes et femmes ?
Historiquement, ce service était associé au sacrement de l’Ordre, même si ceux qui servaient n’étaient pas eux-mêmes ordonnés. Du coup ce service était réservé aux garçons. Mais progressivement depuis quelques décennies (notamment depuis le Concile œcuménique Vatican II), l’Eglise redécouvre la dignité qui découle des sacrements du Baptême et de la Confirmation, sacrements qui communiquent la plénitude de la vie divine. Elle discerne par la même occasion la nécessité de davantage manifester l’importance de ces sacrements, et de rendre visible la responsabilité qui en découle. En effet tout baptisé/confirmé a la charge de participer à rendre le Christ présent dans le monde, d’évangéliser le monde. En conséquence, l’Eglise a ouvert les ministères de lecteur (proclamation de la Parole) et acolyte (service de l’autel) à tous les baptisés, hommes et femmes (cf. décision du pape François, 11 janvier 2021).
Ainsi, voir des femmes et des hommes servir ensemble à l’autel rend évident qu’ils le font en vertu du Baptême et non en lien avec le Sacrement de l’Ordre. Par ailleurs, leur service à côté des prêtres rend visible également que tous les baptisés, avec les prêtres, œuvrent ensemble à la même fin : servir et annoncer le Christ, que ce soit dans la liturgie, ou dans le reste de la vie.
P. Benoît


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