Archives de catégorie : Editoriaux

Allez, hop, tous au Cénacle !

Qu’est-ce que le Cénacle ? C’est la pièce où les apôtres ont partagé le dernier repas de Jésus avant sa mort, la « Cène », et pendant lequel il a institué l’Eucharistie et lavé les pieds de ses apôtres. Après l’Ascension, les apôtres, la mère de Jésus ainsi que d’autres disciples s’y sont retrouvés afin de prier ensemble selon la recommandation de Jésus pour se préparer à recevoir l’Esprit Saint. Par conséquent, vivre au Cénacle, c’est faire une expérience communautaire peu banale : demander la sainteté. Malheureusement, trop souvent, nous cherchons à être saints seul, en oubliant que la sainteté se reçoit par notre lien à l’Eglise et en particulier à la communauté locale dans laquelle nous grandissons. Gaudete et Exsultate,la récente exhortation du Pape François sur l’appel à la sainteté, véritable trésor spirituel, évoque ce sujet. Voici quelques extraits : « la sanctification est un cheminement communautaire, à faire deux à deux. C’est ainsi que le reflètent certaines communautés saintes. En diverses occasions, l’Eglise a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Evangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres. Souvenons-nous (…) du récent témoignage des moines trappistes de Tibhirine (Algérie), qui se sont préparés ensemble au martyre. Il y a, de même, beaucoup de couples saints au sein desquels chacun a été un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre époux. Vivre ou travailler avec d’autres, c’est sans aucun doute un chemin de développement spirituel. (…) La communauté qui préserve les petits détails de l’amour, où les membres se protègent les uns les autres et créent un lieu ouvert et d’évangélisation, est le lieu de la présence du Ressuscité qui la sanctifie selon le projet du Père » (n° 142,143 et 146). Travaillons à notre sanctification commune et en particulier à l’occasion du prochain temps fort de notre année missionnaire les 26 et 27 mai prochains !

Père Jocelyn Petitfils

Demeurez en mon Amour

Ce dont le monde a le plus besoin : Agapè, Caritas, Amour. « Demeurez en mon Amour« , dit le Christ.

Pour vivifier le monde, le Christ ressuscité se fait vigne et nous, sarments. La sève de son Amour se fraie un passage dans nos coeurs.

Il ne désire pas produire des chrétiens comme un charpentier fabrique des poutres et des chevrons. Il ne s’agit pas d’endoctriner mécaniquement des adeptes. Mais de transmission de la Vie. Qu’il nous greffe sur Lui. Et fasse de nous ses frères, d’autres Christs.

« Comme un artiste utilise un instrument et en tire quelque chose au-dessus de sa nature d’instrument : de la joie, de la tristesse, de la prière, quelque chose d’humain, de-même, Dieu, par la grâce créée infusée en notre âme, nous a adapté à lui pour tirer de nous quelque chose de divin. D’où le fruit porté, qui lui rend gloire.

La grâce vient dans l’essence de l’âme, le tronc, puis va répandre dans nos facultés (les branches) les vertus théologales (foi, espérance et charité).

Transplantation en nous des principes de connaissance et d’amour qui sont infinis en Dieu » (Cardinal Journet).

L’homme s’achève dans le Christ, y trouve son plein accomplissement. Libéré de ses péchés, de ses avidités, de ses erreurs et ignorances, pourvu qu’il demeure dans l’Amour du Christ et sa Parole. Les premiers chrétiens « étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42).

Être assidu ou demeurer, n’est-ce pas équivalent ? Plutôt que de picorer de-ci de-là, et ne pas s’enraciner. Au contraire, s’approfondir dans la connaissance du Christ qui surpasse toute connaissance, pour avoir part à sa Charité, « avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Ph 3, 10).

Père Jean-Pierre Durand

Au secours, une 2nde mise en « quarantaine » !!

Depuis le 1er avril, nous voici entrés dans le temps pascal. Je ne sais pas si vous avez saisi, mais après avoir vécu 40 jours pour apprendre à mieux aimer Dieu et ceux qui nous entourent par le jeûne, la prière et le partage, nous voici embarqués à nouveau dans une nouvelle « quarantaine ». Encore une ! Pas de panique. C’est vrai que le nombre 40 a une symbolique forte. On sait que c’est le nombre d’années durant lequel le peuple Hébreu a marché dans le désert après sa sortie de l’esclavage d’Egypte. C’est aussi le nombre de jours durant lequel Jésus a été au désert, tenté par le démon. Ces deux références nous sont utiles en temps de Carême. Le Carême étant un temps de pénitence, le désert est le lieu propice au recueillement, au silence pour se préparer à l’avènement de notre salut, Pâques. Mais, ayant été libéré par la victoire de Jésus sur la mort, par sa Résurrection, pourquoi se remettre alors en « quarantaine » ? Quel mal avons-nous fait pour mériter cela ?

En réalité, le temps pascal est un temps pour apprendre à vivre en ressuscité, en être vivant, plein « de joie et d’allégresse » comme nous y invite le Pape François dans sa toute nouvelle exhortation apostolique publié le 9 avril. Le piège dans lequel nous pourrions tomber, c’est de croire que comme le Carême est passé, nous n’avons plus à faire d’effort pour nous convertir. Nous pourrions retourner à nos vieilles habitudes de péché. Or, vivre en ressuscité est tout un programme ! Cela mérite bien de se poser 40 jours pour méditer sur ce mystère immense : Jésus nous donne part à sa Résurrection ! Pour être plus précis, le temps pascal dure 50 jours car il nous est donné 10 jours de plus entre l’Ascension de Jésus au Ciel et la Pentecôte, 10 jours pour se préparer à recevoir l’Esprit Saint. Dans l’Exode, le nombre 40 est aussi utilisé pour préparer un autre événement : le don de la Loi. Cet événement est propice à nourrir notre foi durant le temps pascal. Moïse a passé ainsi 40 jours sur le Mont Sinaï avant de recevoir les tables de la loi, utiles pour aider le peuple nouvellement libéré de l’esclavage d’Egypte à ne pas retomber dans un autre esclavage, plus redoutable encore : celui du péché. Il est dit que durant cette période « la gloire du Seigneur s’établit sur le Mont Sinaï » et qu’elle avait l’aspect d’une flamme dévorante. Il est même dit que Moïse pénétra dans cette flamme !

Brûlons nous aussi de l’amour de Dieu durant ce temps pascal, en vivant au-dedans de la flamme ardente du Christ ressuscité. Amen, Alléluia !

Père Jocelyn PETITFILS

« Christ est ressuscité ! Vraiment, il est ressuscité ! »

Nous en sommes témoins !

Il nous a donné de participer à sa victoire en nous tirant de nos tombeaux.

Dans la libération de nos péchés, de nos haines, de nos égoïsmes, de nos divisions et de nos incroyances, nous avons vu la victoire, en nous, du crucifié.

A chaque fois qu’un homme de bonne volonté  se tourne vers son prochain, dans la justice et la paix, nous voyons le Christ ressuscité élargir son règne.

Lorsque la cause des petits et des sans voix est défendue, quand des personnes risquent leur vie pour les victimes de la haine et de la violence, c’est le Christ vivant qui éclaire, qui libère et qui sauve.

Nous le voyons dans le monde : le Christ est ressuscité !

La miséricorde divine est à l’œuvre aujourd’hui. Nous en sommes les bénéficiaires conscients. Et combien n’avons nous pas vus d’hommes et de femmes trouver la force de se convertir de leurs fautes et se relever ? Le Christ glorieux, à leur insu, les attirant à lui.

Dieu fait grâce. Par sa résurrection le Christ est entré au Ciel et la porte du Ciel demeure toujours ouverte.

Tout en demeurant un lieu de combat, le monde ne s’enfonce pas dans un mal toujours croissant. La miséricorde divine donne toujours à chaque homme la possibilité d’être sauvé. La fatalité de l’enchainement de la haine et de la violence n’a pas le dernier mot. Dans ce lieu de combat, le mal n’a pas la victoire définitive, mais bel et bien le Christ vainqueur. Des souffrances mêmes subies par les hommes apparaît un long un travail d’enfantement. Comme en témoigne l’histoire personnelle de chacun des baptisés de Pâque.

Le Christ engendre à la vie de nouveaux enfants de Dieu.

Père Jean-Pierre Durand

La gloire de la Croix

Au début du mois de mars, j’ai vécu une retraite durant laquelle j’ai lu le livre La Baraque des prêtres, Dachau 1938-1945 de Guillaume Zeller. On y raconte l’histoire tragique du regroupement des prêtres des différents camps de concentration d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale au camp de Dachau en Allemagne. 2720 religieux, prêtres catholiques et séminaristes ont vécu dans cette entreprise de déshumanisation de masse dont un peu plus de la moitié reviendront. Cette histoire n’est pas étrangère à notre quartier. En effet, il se trouve que deux des prêtres de St Joseph artisan ont été arrêtés et déportés à ce camp : les pères Joseph Benedict Stoffels né en 1895 et Nicholas Anthony Wampach né en 1909. Tous deux étaient chez nous en mission auprès des 20 000 ressortissants du Luxembourg habitants Paris et sa région.

Ils aidaient les réfugiés qui avaient fui de chez eux dans le désarroi de la guerre. « Dans un journal, on lit : « La Gestapo (la police secrète nazie) soupçonnait ce travail purement charitable… d’être de l’espionnage ». Après plusieurs interrogatoires et emprisonnements vers la fin de 1940, les deux prêtres furent finalement arrêtés le 7 mars 1941 et envoyés à Buchenwald, pour être transférés plus tard à Dachau » (Bothe, p. 19).

Au cœur de l’enfer de Dachau, nos deux prêtres ont surement prié et offert de nombreux sacrifices pour la conversion des fidèles de l’église de St Joseph. Ils moururent l’un en mai et l’autre en août 1942, asphyxiés en chambre à gaz. C’était il y a 75 ans et je pense que nous bénéficions encore de leur intercession du haut du Ciel. Dans notre église, on retrouve un mémorial en l’honneur des deux martyrs morts pour leur foi et leur souci de la justice. Les circonstances historiques ont fait qu’ils ont épousé les souffrances du Christ jusque dans la mort.

Dans les dernières semaines qui nous mènent vers le sacrifice du Christ et sa résurrection à Pâques, continuons d’offrir nos souffrances et nos privations pour la conversion des pécheurs. Cherchons à plaire non à nous-mêmes mais au Seigneur, lui qui « a porté nos souffrances, a été transpercé à cause de nos crimes, a été écrasé à cause de nos fautes » (Is 53,4-5) mais qui nous a, par ce biais, mystérieux rendu à la vie.

Père Jocelyn Petitfils

Les scrutins des catéchumènes

Durant les messes de 11h des trois prochains dimanches, nous reliront les textes de l’année A pour accompagner les catéchumènes dans leurs scrutins. C’est leur ultime étape avant le baptême. Mais c’est l’occasion pour chacun de nous de revivre le mystère de notre régénération :

Le troisième dimanche de Carême est lu l’évangile de la Samaritaine à qui le Christ donne l’eau vive. « La soif torture les hommes en ce monde, et ils ne comprennent pas qu’ils se trouvent dans un désert où c’est de Dieu que leur âme a soif. Disons donc, nous : “Mon âme a soif de toi.” Que ce soit le cri de nous tous, car unis au Christ nous ne faisons plus qu’une seule âme. Puisse notre âme être altérée de Dieu. Les yeux fixés sur la résurrection du Christ dont Dieu nous donne l’espérance, au milieu de toutes les carences qui nous accablent, monte en nous la soif de la vie incorruptible. Notre chair a soif de Dieu » (St Augustin).

Le quatrième dimanche de Carême est lu l’évangile de l’Aveugle-né guéri et illuminé par le Seigneur. « L’aveugle se lava les yeux à la piscine de Siloé, Siloé qui veut dire envoyé. Autrement dit, il fut baptisé dans le Christ. Si donc Jésus lui ouvrit les yeux en le baptisant en lui, d’un certaine manière on peut dire qu’il fit de lui un catéchumène quand il lui fit une onction sur les yeux » (St Augustin).

Le cinquième dimanche est lu l’évangile de la résurrection de Lazare à qui le Christ rend la vie. « Écoutez, écoutez ce que dit Jésus : “Je suis la résurrection et la vie.” Toute l’attente des Juifs était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Écoutons, nous aussi, et ressuscitons avec lui. Il est la résurrection parce qu’il est la vie. “Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra” ; même s’il est mort comme Lazare, il vivra ; parce que Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (St Augustin).

Père Jean-Pierre Durand

Un Carême qui déchire !

« Revenez à moi – dit le Seigneur- de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil. Déchirez votre cœur et non vos vêtements » (Joël 2,12). Voilà la parole par laquelle le Carême commence chaque année. Quelle drôle d’introduction ! Il s’agit d’un curieux appel à déchirer son âme. Pourquoi une telle demande ? Pourquoi se faire passer au scalpel ? Dieu veut-il nous faire du mal ? Est-ce que la Bible et l’Eglise nous incite au dolorisme ?

Notre société moderne n’est pas habituée à ce genre de parole. Nous cherchons à tout prix des recettes de bien-être, de « développement personnel ». Et c’est vrai que malgré les progrès du confort matériel, une grande souffrance psychique accable beaucoup d’entre nous. Le rythme effréné du travail et de la vie quotidienne, les sollicitations publicitaires et commerciales de plus en plus persuasives et séductrices, le refroidissement des relations humaines alourdissent notre être. Nous cherchons à nous tirer de ces douleurs par toute sorte de moyens et méthodes. Pourquoi alors rajouter une contrainte en devant déchirer notre cœur ?

En réalité, ce que demande le Seigneur, ce n’est pas nous rajouter une souffrance plus lourde encore. Ce qu’il demande, c’est de reconnaitre que nous ne pouvons pas nous passer de lui. C’est de prendre conscience qu’ « en Dieu seul mon âme se repose » (Ps 62,2). Il voit les poids que nous portons dans notre vie. Il a pitié de la souffrance de ses enfants mais c’est seulement en se tournant vers lui, en les lui confiant, qu’il pourra nous en délivrer. Le psaume 50 rappelle que : « le sacrifice qui plait à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50,19). Dieu se manifeste à chaque fois que nous crions vers lui. Déchirer son cœur signifie donc nous présenter à lui humblement, en ouvrant nos âmes à lui, en retirant notre carapace, pour qu’il puisse venir guérir en nous ce qui est blessé.

Le Carême est un temps propice à vivre cette expérience. C’est l’expérience du désert, de la pauvreté et de la dépendance en Dieu qui nous est demandé d’explorer. La joie n’est jamais exclue de ce retour à Dieu puisque « le Seigneur est bon pour qui se fie à lui, pour l’âme qui le cherche » (Lam 3,25). Ensemble, reprenons résolument le chemin de la charité en Dieu et en nos frères.

Père Jocelyn Petitfils

Une retraite pour le carême

La retraite « disciple missionnaire ».

C’EST LE COEUR DE JÉSUS dont les apôtres ont besoin. La bonne volonté et l’action sont en effet au service du Règne de Dieu qui est union au Christ. Elle est donc l’oeuvre de Dieu qui se révèle aux personnes et les sanctifie pour vivre en elles.

Durant ce temps de carême, quel meilleur effort de conversion que de vouloir accueillir le Coeur du Christ qui aime, qui désire, qui veut le salut de tout homme ? Entrer dans ses desseins, se laisser pénétrer par sa sagesse, n’est-ce pas ce qu’Il souhaite pour chacun de nous ?

L’histoire de l’évangélisation commence au terme du mystère pascal, le jour de la Pentecôte où les apôtres sortirent pour annoncer la Bonne Nouvelle. Il ne leur donnait pas seulement de l’audace, il leur donnait de parler la langue des hommes, celle qui est comprise universellement : la langue du coeur, lui qui connaît le fond des coeurs. Leurs auditeurs eurent le « coeur bouleversé » (Actes 2, 37).

L’Esprit Saint n’avait pas fait des apôtres des conquérants mais il avait changé leur coeur.  Désormais, leur langue était de feu. Elle portait le feu de l’Amour de Dieu qui brillait sur la face du Christ et éclairait désormais leur visage. Or l’Amour est le plus grand conquérant. Il veut toujours investir de nouvelles personnes. Comme des brindilles dans un brasier, Il embrase les coeurs les plus secs et les plus éloignés.

Nous avons déjà reçu cette grâce et il nous faut toujours la recevoir davantage. Nous la demanderons durant cette retraite. Dans le silence, la paix et l’humilié, qu’il nous apprenne à aimer comme il aime.

Père Jean-Pierre Durand

En savoir plus sur la retraite

note-de-musiqueJésus, toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient

Ô Dieu, pour porter au monde ton feu, voici l’offrande de nos vies.

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Le saviez-vous ? Comme chaque année depuis 1908, du 18 au 25 janvier, les chrétiens vivent une semaine toute particulière consacrée à prier pour leur unité. J’avais déjà entendu parler de cette semaine. Mais, jusqu’à présent, je me disais que c’était seulement pour favoriser l’œcuménisme entre les différentes confessions chrétiennes (catholiques, protestants, orthodoxes). Il s’agit en effet d’un des principaux buts de cette semaine. Mais, ce serait limiter l’enjeu d’une telle démarche. Cette semaine nous est donnée aussi pour qu’une nouvelle communion se vive au sein de nos communautés chrétiennes propres. Le Christ est le ciment de notre unité. Il est bon de lire ou de relire à cette occasion l’épitre aux Corinthiens dont c’est un thème central. Au tout début de sa lettre, saint Paul écrit : « Je vous exhorte, frères, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à avoir tous un même langage ; qu’il n’y ait point de scission parmi vous, mais soyez parfaitement unis dans un même esprit, et un même sentiment » (I Co 1,10).

Notre année en paroisse tournée vers la mission et dont une étape plus concrète va se vivre la semaine du 22 au 28 janvier, est une opportunité pour que dans notre communauté chrétienne se tisse un nouvel élan d’unité. Un bon exercice pratique que je nous propose de faire est de noter sur un papier le nom de toutes les personnes que chacun de nous connaissons à la paroisse. Peut-être, cette liste sera courte… Bonne occasion de l’agrémenter de nouveaux noms en allant à la rencontre de nouvelles personnes ! Présentons-les durant cette semaine à l’intercession de saint Joseph, qui a été le gardien de la sainte Famille et de son unité. Un autre exercice pratique serait un défi cette fois : déterminer quelle personne de la paroisse j’aurai envie de mieux connaitre ? Osons nous inviter les uns chez les autres pour un café, un repas ou une soirée de détente. ‘’Moi, j’aime beaucoup les jeux de société, pourquoi pas inviter d’autres paroissiens à un temps fraternel ?’’ La communion sera vraiment missionnaire si d’abord nous nous connaissons et si nous nous aimons. « C’est à l’amour que vous avez les uns pour les autres que tous connaîtront que vous êtes mes disciples » (Jean (13,35) avoue Jésus. Dieu nous a mis ensemble dans ce quartier. C’est qu’il a surement un projet derrière la tête. Faisons-lui confiance ! Prions pour l’unité de la famille chrétienne rassemblée à St Joseph.

Père Jocelyn Petitfils

L’invention de la crèche

Un jour de décembre 1223, trois ans avant sa mort, saint François d’Assise décida de mettre en scène la naissance de Jésus à Greccio, un hameau bien pauvre. Voilà ce que rapporte un de ses contemporains, le bienheureux Thomas de Celano :

« Il y avait dans ce pays un homme du nom de Jean, de bonne réputation, mais d’une vie meilleure encore. Le bienheureux François le chérissait d’un amour particulier car, alors que dans son pays il était noble et honorable au plus haut point, il avait foulé la noblesse de la chair pour suivre la noblesse de l’esprit. Le bienheureux François (…) lui dit : « Si tu désires que nous célébrions la présente fête du Seigneur à Greccio, dépêche-toi de t’y rendre à l’avance et ce que je te dis, prépare-le soigneusement. Car je veux faire mémoire de cet enfant qui est né à Bethléem et observer en détail, autant que possible de mes yeux corporels, les désagréments de ses besoins d’enfant, comment il était couché dans une crèche et comment, à côté d’un bœuf et d’un âne, il a été posé sur le foin. » Entendant cela, l’homme bon et fidèle courut bien vite et prépara en ce lieu tout ce que le saint avait dit.

Le jour de l’allégresse approcha, le temps de l’exultation advint. Les frères furent convoqués de plusieurs lieux : les hommes et les femmes de ce pays, chacun comme il le peut, préparent en exultant des cierges et des torches pour illuminer la nuit, elle qui a illuminé tous les jours et toutes les années de son astre scintillant. Enfin vint le saint de Dieu et, trouvant tout préparé, il vit et fut en joie. De fait, on prépare une crèche, on apporte du foin, on conduit un bœuf et un âne. Là est honorée la simplicité, exaltée la pauvreté, louée l’humilité et l’on fait de Greccio comme une nouvelle Bethléem. La nuit s’illumine comme le jour et elle fut délicieuse aux hommes ainsi qu’aux animaux. Arrive la population et, devant ce nouveau mystère, elle se réjouit de joies nouvelles. La forêt retentit de voix et les roches répondent aux cris de jubilation. Les frères chantent, s’acquittent des louanges dues au Seigneur et toute la nuit résonne de jubilation. Le saint de Dieu se tient devant la crèche, plein de soupirs, contrit de pitié et inondé d’une joie étonnante. On célèbre la solennité de la messe sur la crèche et le prêtre jouit d’une consolation nouvelle ».

Ce qui est étonnant dans cette histoire, c’est que la première crèche ne rassemblait ni Marie ni Joseph mais seulement un âne, un bœuf, de la paille, et une mangeoire. Mais où était donc l’Enfant-Jésus ? Il était en réalité dans le pain et le vin consacrés disposés pendant la messe sur l’autel-mangeoire. Puis, après la communion, il vint reposer au sein des participants pour leur plus grande joie. Faisons de nos cœurs une belle crèche où puisse reposer Jésus en ce beau soir de Noël et illuminer la face de la terre.

Père Jocelyn PETITFILS