Archives de catégorie : Editoriaux

Voter ?

Peut être que certains voteront ce week-end.

Lorsqu’on visite le château impérial de Compiègne, on est saisi évidemment par le faste et le luxe, la beauté des œuvres d’art, du mobilier, de chaque objet.

Pourtant, au fil des pièces visitées une frustration se fait sentir : il n’y a pas la moindre mention ni le moindre signe chrétien. Dans ce château restauré tel qu’il était sous le premier et le second empire, il n’y a nulle part un crucifix, une effigie des saints ou de la Vierge. Le symbolisme, les références culturelles font appel à l’Antiquité : dieux et déesses sont omniprésents. Ainsi ce château témoigne de cette époque où les dirigeants français tentaient d’effacer le christianisme comme référence culturelle et comme moyen de connaître Dieu. Ces puissants empires ont duré à peine une vingtaine d’années chacun…

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons » (Psaume 126).

Pourquoi, nous qui sommes chrétiens, mettons-nous si souvent notre foi entre parenthèses lorsque nous allons voter ? Si nous élisons un homme  ou une femme non chrétien, ne façonnera-t-il pas le pays selon ses conceptions non-chrétiennes, voire anti-chrétiennes ? Fera-t-il avancer ainsi la justice ? Si la foi est la lumière qui nous guide, ne croyons-nous pas à l’instar du Christ que « si un aveugle guide un autre aveugle, les deux ne tomberont-ils pas dans un trou ? » (Matthieu 15,14). Les seules valeurs humanistes suffisent-elles ? A la suite des catastrophes guerrières du 20e siècle, un théologien jésuite, Henri de Lubac, écrivait un livre intitulé « Le drame de l’humanisme athée ». Il semble toujours d’actualité.

Père Jean-Pierre

2017 pour « Croire, adorer, espérer et aimer le Bon Dieu »

Chers paroissiens, une année meurt, une année s’ouvre : vive le Bon Dieu ! Je vous souhaite une belle et sainte année 2017!

Cette année, parmi les anniversaires d’événement en tout genre, un particulier sera fêté : le centenaire des apparitions de Fatima. Il y a cent ans, le Ciel s’est ouvert et est descendu sur la terre au Portugal dans une région bien pauvre à des êtres bien simples : trois enfants. D’abord, en 1915 et 1916, un ange leur apparut trois fois leur apprenant notamment à réciter plusieurs prières d’intercession pour que les hommes « croient, adorent, espèrent et aiment » le Bon Dieu. A la dernière apparition, ils firent une expérience surnaturelle exceptionnelle puisque l’ange leur fit communier au corps et au sang de Jésus. Mais une plus grande grâce encore leur fut donnée. C’est d’être les messagers de la Vierge Marie. Celle-ci en personne leur apparut à six reprises. Elle leur demanda de « prier beaucoup et de faire des sacrifices car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui prie et se sacrifie pour elles » (apparition du 13 août 1917). Elle se révéla comme la Vierge du Rosaire et leur réclama de prier tous les jours le chapelet en réparation des péchés commis contre son cœur immaculé. Elle se plaignit des nombreuses ingratitudes faites à son Fils et supplia de « cesser d’offenser davantage Dieu Notre Seigneur, car Il est déjà trop offensé » (apparition du 13 octobre 1917). A la dernière apparition, Saint Joseph et l’Enfant-Jésus apparurent aussi, bénissant le monde par le signe de la Croix.

Ces apparitions, reconnues par l’Eglise en 1930 conservent toujours une grande force. De nombreux papes successifs en approuvèrent l’importance. A ce titre, dans son encyclique Mystici Corporis, le pape Pie XII, rappela que : « Le salut de beaucoup dépendait des prières et des pénitences volontaires des membres du Corps du Christ ».

 

Alors, avec toujours beaucoup d’amour, offrons au Seigneur de nombreux sacrifices en cette année 2017. Par exemple, une tartine en moins le matin, un trajet à pied plutôt qu’en métro un soir, une soirée sans écran, une petite prière ou un cierge à brûler pour telle personne, une marque d’attention pour une personne que nous apprécions moins. Brillons d’inventivité dans ce domaine à la manière de la Petite Thérèse. N’ayons pas peur de ce mot de « sacrifice ». A la messe, nous vivons la célébration du sacrifice par excellence : Jésus se donne entièrement par amour à l’Eglise pour sanctifier ses membres. Imitons-le. Je vous invite également à venir réciter le chapelet en particulier le mercredi à 17h45 à l’église saint Joseph pour honorer la demande de Marie et sauver de nombreux pécheurs.

 

Joyeuse et sainte année 2017 !

Père Jocelyn PETITFILS

La lumière de Noël

Noël rime avec réveil. En cette fête, notre foi retrouve son sens. Les souvenirs de notre enfance refont surface et nous redevenons pour un temps émerveillés de la beauté de cette naissance surnaturelle. L’invisible réapparaît. Dieu devient homme. La solitude n’est plus.

L’innocence de l’enfant-Dieu nous désarme : « Quoi ? Le Tout-Puissant, embrasser la faiblesse ? Le plus élevé devenir rien ? » Il y a de quoi être frappé de l’intérieur. Notre estime de nous-mêmes qui a des airs de grande dame suffoque devant tant de bassesses… Fière, elle tente cependant une dernière chance : « Ne serait-ce pas finalement qu’une fable pour les nourrissons ?  Nous le savons, les petits ont besoin de contes pour s’endormir ».

Pourtant, se surprenant à rester fixée sur le spectacle de la mangeoire, elle commence à contempler le Nouveau-Né. Etouffée par tant de beauté, elle n’arrive plus à se cacher. Dans son palais, elle est meurtrie puis vaincue. Elle finit par abandonner ses riches atours. Libre, elle pleure. La joie l’inonde. Elle se tourne pour s’habiller des voiles de la simplicité. Elle n’ose déposer ses faux bijoux au pied du petit roi. Mais, d’un geste redevenu doux, elle s’agenouille.

Dans le silence de la terre, l’amour a tué la haine. La vie a jailli d’une crèche.

Que l’humilité de Jésus Enfant nous aide à redevenir de vrais fils de Dieu réclamant sans cesse du Père des grâces de salut.

Père Jocelyn PETITFILS

Sermon de St Bernard pour la dédicace de Clairvaux

En ce premier sermon sur la dédicace de l’abbaye de Clairvaux, Saint Bernard fait entrevoir le sens profond de ce que nous célébrons ce dimanche :

1. La fête de ce jour doit nous trouver d’autant plus fervents qu’elle nous touche de plus près. En effet, si nous partageons avec toutes les autres églises les fêtes des saints, celle-ci nous est tellement propre, que, si elle n’est point célébrée par nous, elle ne l’est par personne. C’est donc notre fête, parce que c’est la fête de notre Église, mais elle l’est encore bien davantage, parce que c’est la fête de nos propres personnes. Vous êtes surpris, et vous rougissez peut-être quand vous m’entendez dire que cette fête est la fête de vos personnes, mais … quelle sainteté peuvent avoir ces pierres pour que nous fassions une fête pour elles ? Si elles sont saintes, ce n’est qu’à cause de vos corps. Or, y a-t-il quelqu’un qui doute que vos corps soient saints, quand ils sont les temples de l’Esprit-Saint, en sorte que chacun de vous doit savoir posséder le vase de son corps dans la sainteté (1Th 4, 4) ? Ainsi vos âmes sont saintes parce que l’Esprit de Dieu habite en vous ; vos corps sont saints parce qu’ils sont la demeure de vos âmes, et cet édifice est saint à cause de vos corps qui le fréquentent. [David] Celui qui disait « Gardez mon âme, Seigneur, parce que je suis saint (Ps 85, 2), » était encore dans une chair corruptible, dans un corps de péché, où son âme avait même commis l’énorme crime de l’adultère. Dieu est admirable dans ses saints, non-seulement dans les saints qui sont au ciel, mais encore dans ceux qui sont sur la terre. Puisqu’il a des saints dans l’un et dans l’autre endroit, il est admirable dans les uns, en les rendant bienheureux, et dans les autres, en les rendant saints.

2. Il faut donc que s’accomplisse spirituellement dans nos âmes ce qui a commencé par se faire sous nos yeux sur les murs ; si vous me demandez de quoi je veux parler, c’est de l’aspersion, de l’inscription, de l’onction, de l’illumination et de la bénédiction, car voilà ce que les pontifes ont fait dans cette demeure visible, et c’est là ce que Jésus-Christ, le pontife des biens futurs, opère tous les jours invisiblement en nous.

Et d’abord, il nous asperge avec de l’hysope pour nous purifier, nous laver et nous blanchir, afin qu’on puisse dire de notre âme : « Quelle est-elle, celle qui monte ainsi dans sa blancheur (Ct 8, 5) ? » Il nous lave, dis-je, dans la confession, il nous lave dans la pluie de nos larmes, il nous lave dans la sueur de la pénitence, mais il nous lave surtout dans une eau bien précieuse, dans l’eau qui s’écoule d’une source de bonté, je veux dire de son cœur.

… Ce n’est pas tout, mais le Seigneur a tracé en nous une inscription avec le doigt dont il chassait les démons, évidemment dans le Saint-Esprit. Il trace, dis-je, en nous, sa loi, non plus sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair de notre coeur ; voilà comment il accomplit la promesse qu’il avait faite de nous ôter notre coeur de pierre pour nous en donner un de chair (Ez 11, 19)… « Seigneur, heureux l’homme que vous avez vous-même instruit de la loi (Ps 93, 12). » Oui, heureux, dirai-je, ceux qui en sont instruits et qui « se souviennent de ses préceptes, » mais « pour les accomplir (Ps 102, 18). » …

3. Il faut donc que l’onction spirituelle de la grâce vienne aider notre faiblesse et adoucir, par sa pieuse vertu, la croix de nos observances et de toutes nos pénitences ; car on ne saurait sans la croix suivre le Christ, non plus que supporter les aspérités de la croix sans l’onction de la grâce …

Après l’onction de la grâce, le Christ ne va point placer son flambeau sous le boisseau, mais sur le chandelier, attendu qu’il est temps alors que notre lumière apparaisse aux yeux des hommes, qu’ils voient nos bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux (Mt 5, 16).

4. Il ne nous manque plus que la bénédiction que nous attendons pour la fin, alors que, ouvrant sa main, il remplira tout être vivant de sa bénédiction. Les quatre premières cérémonies sont les mérites. La récompense est la bénédiction. Le comble de la grâce de la sanctification se trouve, en effet, dans la bénédiction, alors que nous passerons dans une maison qui n’est point faite de main d’homme, mais qui est éternelle et dans les cieux, une maison construite avec des pierres vivantes, je veux dire avec les anges et les hommes, car la construction et la dédicace s’en feront en même temps … C’est ainsi que l’union parfaite des esprits célestes, rapprochés les uns des autres sans aucun intervalle qui les sépare, forme, pour Dieu, une demeure entière et convenable : que le séjour de la glorieuse majesté de Dieu remplit d’un bonheur ineffable.

Père Jean-Pierre

La dédicace d’une église

Laissons-nous introduire au sens de la dédicace de l’église qui aura lieu le 4 décembre par le rituel lui-même :

1 Par sa mort et sa résurrection, le Christ est devenu le temple véritable et parfait de la nouvelle Alliance, et a rassemblé le peuple qu’il s’est acquis.

Ce peuple saint, rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit, c’est l’Eglise, c’est à dire le temple de Dieu bâti de pierres vivantes, où le Père est adoré en esprit et en vérité.

C’est donc à juste titre que depuis l’Antiquité on a appelé « église » l’édifice dans lequel la communauté chrétienne se rassemble pour entendre la Parole de Dieu, prier en commun, accomplir les sacrements, célébrer l’Eucharistie.

2 Du fait qu’elle est un édifice visible, cette maison offre un signe particulier de l’Eglise en chemin sur la terre, et une image de l’Eglise établie dans les cieux.

Lorsqu’on érige une église comme un édifice destiné uniquement et de façon stable à rassembler le peuple de Dieu et à célébrer la liturgie, il convient de la consacrer au Seigneur par un rite solennel, selon la très ancienne coutume de l’Eglise.

Plusieurs rites auront lieu durant la consécration de l’église :

16 L’onction de l’église signifie d’abord que celle-ci est consacrée tout entière et pour toujours au culte chrétien. On fait douze onctions pour signifier que l’église est l’image de la cité sainte, Jérusalem.

Quant à l’encensement de la nef de l’église, il indique que celle-ci, par la dédicace, devient maison de prière ; mais on encense d’abord le peuple de Dieu ; c’est lui qui est le temple vivant, dans lequel chaque fidèle est un autel spirituel (cf Rm 12, 1).

17 L’autel une fois paré, l’évêque célèbre l’Eucharistie, ce qui est la partie principale de tout le rite, et aussi la plus ancienne. En effet, la célébration de l’Eucharistie est en relation très étroite avec le rite de la dédicace d’une église :

  • c’est par la célébration du sacrifice eucharistique que l’on atteint la fin principale pour laquelle on a construit l’église et bâti l’autel, et que cette fin est manifestée par des signes évidents ;
  • en outre, l’Eucharistie, qui sanctifie les cœurs des communiants, consacre en quelque sorte l’autel et le lieu de la célébration, comme les Pères de l’Eglise l’ont affirmé plus d’une fois : « Cet autel est digne d’admiration parce que, étant une pierre par sa nature, il devient saint après avoir reçu le corps du Christ » ;
  • enfin le lien qui unit étroitement la dédicace de l’église à la célébration de l’Eucharistie apparaît aussi du fait que la messe de la dédicace est dotée d’une Préface propre qui fait intimement partie du rite.

Père Jean-Pierre

De l’église de pierre à l’Église des croyants

En 1970, Louis de Funès écrivait : « Jésus Christ a été pour moi le radieux compagnon de mon enfance, de mon adolescence et il est, maintenant et toujours, le radieux compagnon de ma vie familiale et professionnelle » (Pour vous, qui est Jésus Christ).

En cette fin d’année liturgique, l’évangile des 32e et 33e dimanche tourne notre regard vers les réalités dernières : la résurrection finale mais aussi les épreuves qui anticiperont la fin. La façon dont le Seigneur nous en parle soutient notre espérance. Il demeurera avec nous, nous permettant même de porter témoignage. C’est l’expérience de millions de chrétiens. Si on leur demande d’où vient leur espérance en la résurrection, elle est là : dans la relation qu’ils ont au Christ ressuscité, par la prière, la liturgie et la foi au sein des événements de chaque jour.

« Dans un environnement plus réactif au choc des images qu’à l’importance réelle des problèmes, nous devons être des facteurs de sérénité et de calme. Et, par-dessus tout, nous devons affronter les difficultés dans la certitude que l’objectif de Dieu est le bonheur de l’homme » (Mgr Vingt-Trois aux évêques, 2007). Depuis, la situation en France s’est aggravée, mais l’espérance ne doit pas déchoir.

En consacrant notre église, le 4 décembre, l’archevêque posera un acte d’espérance : ce bâtiment continuera de manifester aux générations à venir la présence de Dieu et sa fidélité à son peuple. C’est une fête de lumière (les cierges devant les croix de consécration sur les piliers) et d’épousailles. La fidélité du Seigneur se liant à son peuple est indéfectible, dans l’Alliance du Christ et de l’Église.

« Il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit », dit Jésus du Temple de Jérusalem. Il est vrai qu’il en va de même de nos églises. Mais alors, leurs prestigieux vestiges n’évoquent-ils pas encore pour nous la permanence et la vitalité de l’Église au fil des siècles ? Les pierres s’usent, les bâtiments s’effondrent, sont détruits ou laissés à l’abandon. L’Église, qui subsiste de siècle en siècle, manifeste le véritable temple de Dieu au milieu des hommes, ainsi que le Christ l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Père Jean-Pierre

Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse sceptique !

Le 1er novembre, nous allons rendre grâce avec toute l’Eglise de tous les saints qu’elle a engendrée. L’Eglise a suscité en son sein une multitude d’images du Christ, certes toujours partielles, toujours incomplètes, mais toujours lumineuses, reflétant la source de toute lumière. L’Eglise, elle-même est sainte. Nous l’affirmons chaque dimanche dans le Credo. En effet, « l’Eglise est sainte, non parce que tous ses membres sont saints mais parce que Dieu est saint et qu’il agit en elle. Tous les membres de l’Eglise sont sanctifiés dans le baptême » (Youcat n°132). Oui, Dieu donne sa grâce à chaque baptisé même s’il semble encore loin de croire en vérité et de mettre en pratique entièrement sa foi. Si chaque baptisé accueille le cadeau de la foi, il pourra peu à peu répondre à sa vocation fondamentale d’être un tabernacle d’amour toujours ouvert, une louange à Dieu. Nous portons Dieu en notre être, et cela devrait sans cesse nous étonner, nous émerveiller. « Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais » s’exclame saint Augustin dans le chef d’œuvre que sont ses Confessions, qu’il faudrait avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Une figure de sainteté récemment canonisée témoigne de manière exemplaire de cette vérité qu’est la présence à Dieu en nous : sainte Elizabeth de la Trinité. Le 16 octobre dernier, le Pape François a reconnu en elle une vraie fille de Dieu. Née en 1880 et morte religieuse carmélite à Dijon en 1906, sa vie fut un véritable chant d’amour, qui peu à peu sut maîtriser sa nature colérique. De la méditation de son prénom (qui signifie « Maison de Dieu »), elle comprit qu’ « à travers tout, nous Le voyons, car nous Le portons en nous et notre vie est un ciel anticipé » (L 123). « C’est si simple. Il est toujours avec nous, soyez toujours avec Lui, à travers toutes vos actions, dans vos souffrances, quand votre corps est brisé, demeurez sous son regard, voyez le présent, vivant en votre âme ». Dans ces jours bénis, que la joie des saints se communique à nous et nous fasse demeurer en présence de la Trinité. Amen! Alléluia !

Père Jocelyn

La parabole « clou de tendresse »

Voici un magnifique extrait d’un poème de Charles Péguy (Le Porche du mystère de la deuxième vertu) exaltant les trois paraboles de l’espérance que nous avons la grâce d’écouter ce dimanche :

« Toutes les paraboles sont belles, mon enfant, toutes les paraboles sont grandes, toutes les paraboles sont chères. Toutes les paraboles sont la parole et le Verbe, la parole de Dieu, la parole de Jésus (…). Toutes elles viennent du cœur, également, et elles vont au cœur, elles parlent au cœur. Mais entre toutes, les trois paraboles de l’espérance s’avancent, et entre toutes elles sont grandes et fidèles, entre toutes elles sont pieuses et affectueuses, entre toutes elles sont belles, entre toutes elles sont chères et près du cœur (…). Elles ont on ne sait quoi qui n’est pas, qui ne serait pas dans les autres. C’est peut-être qu’elles ont en elles comme une jeunesse, comme une enfance ignorée. Insoupçonnée ailleurs. (…)

Mais entre toutes ; entre toutes les trois voici la troisième parabole qui s’avance. Et celle-là, mon enfant, cette troisième parabole de l’espérance, non seulement elle est neuve comme au premier jour. Comme les deux autres ses sœurs. Et dans les siècles elle sera neuve, aussi neuve jusqu’au dernier jour. Mais depuis (…) deux mille ans qu’elle sert, et qu’elle fut contée à des hommes innombrables (…) elle a fait pleurer des hommes innombrables. Dans les siècles des siècles. (…) Elle a touché dans le cœur de l’homme un point unique, un point secret, un point mystérieux (…). Un point inaccessible aux autres. On ne sait quel point comme plus intérieur et plus profond. (…) Rien que d’y penser, rien que de la voir qui pourrait, qui saurait retenir ses larmes. (…) Unique. Elle est célèbre même chez les impies. Elle y a trouvé, là même, un point d’entrée. Seule peut-être elle est restée plantée au cœur de l’impie comme un clou de tendresse ».

Père Jocelyn

Une rentrée dans la joie

Les projets de la paroisse seront présentés au cours de la messe de rentrée du 25 septembre mais déjà, en ce mois de septembre, la paroisse St Joseph Artisan vous propose de nouveaux horaires. Ils concernent les messes de semaine en soirée, les temps d’adoration et de confession, en particulier le dimanche après midi, pour terminer le week-end auprès du Seigneur dans la paix et le silence.

Voir les nouveaux horaires

La fin des vacances et  le retour à la vie « normale » entraîne parfois une tristesse ou un abattement. Le poids des charges à reprendre, les différents devoirs dont il faut s’acquitter, les problèmes que nous retrouvons tels quels après les mois d’été.

Comment vivre une rentrée dans la joie ?

C’est vrai que le travail implique une peine ou au minimum une fatigue. Mais souvenons-nous pourquoi nous travaillons ! Dans quel but affrontons-nous ces différentes difficultés ? C’est le but que nous avons qui motive, donne du courage et, lorsqu’il est atteint, de la joie.

Ne reprenons pas nos charges seulement « parce qu’il faut bien », par fatalité. Choisissons à nouveau les choix dans lesquels nous nous sommes engagés. Notre rentrée ne s’écoulera plus sous le poids de la fatalité, mais de nos actes libres qui donnent sens à notre vie. Le manque de sens engendre le manque de dynamisme, d’entrain. Il pèse bien plus que ce nous pensons.

Le but de nos choix est très souvent le bien des personnes. C’est pour le bien de son conjoint, de ses enfants, de ses voisins, collègues, etc. que nous supportons telle chose, avons pris la responsabilité de telle autre… Pour qui faisons-nous toutes nos tâches ? Il faut visualiser ces personnes. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Le bien de ces personnes est notre joie.

C’est là que le Seigneur nous rejoint dans cette rentrée. Là qu’il veut nous soutenir. Pour vivre cela, nous avons besoin de lui. Il est la source de la joie dans le don. Lui offrir toutes nos journées, à la messe, Lui permet de sanctifier nos efforts et nous fait communier à Lui, le Christ ressuscité, la source de la vie et de la joie éternelle.

Sanctifions cette rentrée en la Lui confiant. Il renouvellera notre joie.

Père Jean-Pierre

Fils adoptifs

A la suite des événements tragiques de ces dernières semaines, des réactions très diverses  se font entendre  :

  • « où est Dieu ? » ;
  • « les religions promeuvent la guerre ! » ;
  • « je ne suis pas croyant, mais par solidarité je vais venir à la messe » ;
  • des réactions de violence, de peur, de fraternité…

Plongés dans ce monde, ballottés par ces vagues, ces réactions nous traversent sans doute tour à tour.

Retrouvons le Rocher sur qui nous nous appuyons, et notre foi qui, comme une ancre, nous arrime solidement à lui.

Il nous confie un poste particulier dans notre monde : être le sel de la terre et la lumière du monde  en étant artisans de paix, doux, miséricordieux, persécutés pour la justice… fils de Dieu.

Être des priants qui font monter vers notre Père les besoins de nos frères les hommes et qui s’offrent au Père pour la paix du monde. Prière et jeûne.

Tenons notre poste. Le monde a besoin de nous.

Il est vrai que cela ne nous met pas à l’abri et les chrétiens ont été visés plus particulièrement.

Mais sachons aussi reconnaître que nous sommes dans la main de Dieu.

Père Jean-Pierre