Aujourd’hui comme hier

Le 170e anniversaire de la première messe à Saint-Joseph des Allemands, ce dimanche 3 octobre, nous plonge dans l’esprit qui a présidé à la fondation de la “mission” dans ce quartier.

C’est le 28 septembre 1851 que fut bénite par une messe solennelle la chapelle provisoire en bois dédiée à Saint Joseph afin que les milliers d’Allemands peuplant le quartier aient un lieu de culte. Le père Chable, jésuite, avait compris leur détresse spirituelle : ne parlant pas français et bon nombre d’entre eux ne pouvant pas l’apprendre, il leur était impossible de suivre l’instruction religieuse et de participer à la messe. Leur séjour à Paris s’accompagnerait donc inéluctablement d’une perte de la foi en Jésus Christ.

Cette population, “jetée au milieu d’un monde dont elle ignorait la langue, et dont, par contre, elle ne comprenait que trop bien les exemples de dissolution, sentit bientôt sa foi s’affaiblir, et on vit des malheureux, qui avaient apporté de leur village l’innocence du coeur et l’amour de la religion, tomber par milliers, après quelque temps de séjour à Paris, dans les plus grands désordres… L ‘oeuvre  fondée, Dieu la bénit abondamment. Le troupeau des fidèles devint de jour en jour plus grand, et des brebis dispersées dans tous les quartiers de la grande ville vinrent en foule chercher un pasteur dans la pauvre chapelle. Le local fut bientôt trop étroit ; en moins d’une année, il fallait songer ou à l’agrandir ou à construire une église ailleurs. On s’arrêta à ce dernier parti. Le R. P. Chable prit à bail, à l’intérieur de la barrière, un terrain assez vaste, avec faculté de l’acquérir… et on se mit à tracer le plan de la nouvelle église“.

Que le père Chable, notre lointain prédécesseur de l’annonce de la Parole de Dieu dans ce quartier, attise notre ferveur à venir en aide aux hommes de ce temps. Car les mêmes maux sont à l’oeuvre aujourd’hui : ignorance religieuse, perte de la foi et grands désordres moraux. Peut être encore plus généralisés qu’à son époque. L’Esprit Saint ne manquant jamais à son Église suscitera les missionnaires de notre temps.

Père Jean-Pierre Durand

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