Dans ce dernier discours avant sa mort et sa résurrection, Jésus transmet son testament à ses disciples. Non pas à la manière humaine, en vue d’un départ et d’une séparation définitifs, mais à la manière d’un père qui rassure son enfant lorsqu’il part en voyage pour lui procurer une vie meilleure. Il se sépare physiquement pour un temps, mais le lien demeure, et le père apprend à son fils à entrer dans une attitude d’attente, pour se préparer à des retrouvailles certaines, riches de surprises et d’une abondance qu’il est allé chercher pour lui.
Le chapitre 14 commence ainsi : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé… Je pars vous préparer une place… Je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » Jésus prépare le cœur de ses apôtres à traverser l’épreuve de la crucifixion, de la persécution, du doute, du péché, du sentiment d’abandon… jusqu’à la mort elle-même. Mais c’est en vue, non seulement de retrouvailles, mais de noces et d’un bonheur éternel que rien ne pourra entraver : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus… » (Ap 21, 4). L’espérance chrétienne ne repose pas sur une simple amélioration de notre quotidien, mais sur la certitude du retour du Christ, vainqueur de la mort, que nous invoquons chaque fois que nous prions : « Que ton règne vienne ! »
Et comme le bon père qui prévoit tout avant son départ pour rassurer son enfant, Jésus ne nous laisse pas orphelins : il nous envoie Celui qui rendra la relation avec Lui possible, l’Esprit Saint. C’est pourquoi, en ces jours qui nous préparent à la Pentecôte, nous sommes invités à accueillir le Consolateur, le Défenseur, l’Esprit de vérité. Il fait grandir en nous la foi dans le retour du Fils, nous apprend à entrer dans une relation d’amour avec le Père et nous soutient dans l’espérance pour avancer malgré les épreuves.
En ce mois de Marie, Jésus nous confie à sa Mère. Elle nous accompagne dans les épreuves et nous apprend à demeurer debout au pied de nos croix, comme elle, dans la confiance en la promesse de son Fils.
Bon temps de Pâques !
P. Ramzi +


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