« Nous espérions… »

Le Christ est vraiment ressuscité, Alléluia !

L’Église célèbre au cœur de l’octave pascale le dimanche de la miséricorde divine. Ceci n’est pas anodin. Voyez-vous, avant même de parler de foi, de mission ou de témoignage, tout commence par une miséricorde offerte, gratuite, presque déconcertante. Le Ressuscité ne vient pas d’abord accuser ou reprocher. Il vient rejoindre, patiemment, des hommes blessés dans leur espérance. Regardons les disciples d’Emmaüs qui s’éloignent de Jérusalem, enfermés dans leur désillusion : « Nous espérions… » disent-ils. Tout est là, dans ce passé qui pèse. Leur foi est fatiguée, abîmée par la croix mais elle n’est pas morte. De leur côté, les disciples enfermés au Cénacle vivent dans la peur, tandis que Thomas, lui, s’enferme dans le doute. Il ne croit plus que ce qu’il peut vérifier. Ces attitudes disent quelque chose de notre propre manière d’habiter le monde : entre espérance déçue, peur de l’avenir et difficulté à croire sans preuves. C’est précisément là que la miséricorde de Dieu se déploie. Non pas en surplomb, mais en chemin.

Frères et sœurs dans le Christ, Sur la route d’Emmaüs, Jésus marche avec les siens sans s’imposer. Il écoute, il explique, il ouvre les Écritures. Au Cénacle, il entre malgré les portes verrouillées et offre la paix. À Thomas, il propose la foi à la place du doute et de la crainte : « Avance ton doigt… Cesse d’être incrédule, sois croyant. » Voilà notre Dieu qui suscite la foi , patiemment, en rejoignant chacun là où il est. La miséricorde, ici, n’est pas un simple pardon : elle est un chemin de reconstruction intérieure. Elle redonne à croire. Mais cette miséricorde appelle une réponse. Elle ne nous laisse pas immobiles. Les disciples d’Emmaüs se lèvent aussitôt pour revenir à Jérusalem. Thomas, lui, croit plus fermement: « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il y a une urgence, aujourd’hui, à entendre cet appel : sortir de nos enfermements. Sortir de l’incrédulité tranquille qui évite de se poser des questions décisives. Sortir aussi du désespoir discret qui nous fait dire, comme les disciples : « Nous espérions… » Dire « mon Dieu », c’est consentir à lui faire confiance, au-delà de ce que je comprends. Car la foi chrétienne repose sur une affirmation simple, mais radicale : Jésus est réellement vivant. Croire en la Résurrection, ce n’est pas nier les épreuves. C’est refuser qu’elles aient le dernier mot. C’est accepter que, même dans nos nuits, une lumière est déjà à l’œuvre. La miséricorde de Dieu , nous invite, comme Thomas, à nous approcher du Ressuscité et dire à notre tour : « Mon Seigneur et mon Dieu » ?

Joyeuses Pâques à vous tous !

Père Guy-Florentin N’ZINGAZO +

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *