« Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Royaume » 

Frères et sœurs bien-aimés, il y a, entre les pierres du Temple qui s’effondrent (Luc 21, 5-19 ) et le bois de la Croix dressé sur le Golgotha (Luc 23, 35-43 ), un même cri de vérité, celui d’un Roi qui règne non par la puissance terrestre, mais par la fidélité dans l’épreuve et l’amour jusqu’à la croix. Jésus est ce Roi qui règne autrement. Il n’impose rien, il ne conquiert pas mais il se donne : « Ma vie, nul ne me la prend, c’est moi qui la donne » (cf.Jn 10, 18). Dans un monde fasciné par la puissance et la réussite, la royauté de Dieu nous déroute encore et encore.

Jésus a préparé ses disciples à l’effondrement des certitudes : les pierres les plus solides tomberont, les temps seront durs, les croyants seront persécutés. Mais il ajoute : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » La fidélité dans l’épreuve devient déjà le signe du Royaume. Ce n’est pas un trône doré qui en marque l’avènement, mais la confiance au cœur du chaos et du trouble.

Au Calvaire, cette royauté s’accomplit. Jésus, dépouillé de tout, trône sur la croix. Tandis que les chefs se moquent de lui : «Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Oui, au pied de la croix, les puissants se moquent du Messie, les soldats tirent au sort la tunique du condamné. Et pourtant, c’est là que le Royaume s’inaugure. Le triomphe ne viendra pas des armes ni de la course au tapis rouge, ni dans la gloire apparente, mais dans la fidélité du Fils qui aime jusqu’au bout. Le « bon larron » l’a bien compris quand il voit dans le crucifié un Roi d’amour. Il entrevoit, dans cet échec apparent, la vraie victoire : celle de l’amour offert : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23,42). Son « Souviens-toi de moi » devient la première prière d’un monde nouveau, un monde qui désire le salut de Dieu, la paix, le pardon, la charité fraternelle, de l’attention à l’autre , de la réconciliation des cœurs, le vivre ensemble et non la haine, la violence, les stigmatisations…

Nous affirmons haut et fort ici que le Royaume du Christ commence là où l’homme reconnaît sa misère comme le bon larron et accueille la miséricorde de Dieu. C’est une royauté désarmante, celle d’un Dieu qui règne en servant, qui triomphe en pardonnant, un Dieu qui aime l’homme.

À l’approche de la fête du Christ Roi de l’Univers, laissons cette parole nous rejoindre dans nos chaos, nos ruines, nos croix car le Royaume se dresse encore. Il commence là où, à la suite du bon larron, nous osons dire : « Jésus, souviens-toi de moi ». 

Amour et Paix dans le cœur de chaque baptisé ! 

Père Guy-Florentin +

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *