L’Avent s’ouvre aujourd’hui comme une porte entrouverte sur le clair-obscur du mystère divin. À travers les lectures de ce premier dimanche, l’Église nous invite à une veille, une vigilance qui dilate le cœur. « Veillez… Tenez-vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra » nous dit Jésus dans l’Évangile. Non par crainte, mais par désir. Attendre Dieu, ce n’est pas remplir un vide mais laisser grandir en nous l’espérance de voir sa Venue, son Avent « adventus » en latin.
Isaïe, le prophète lu pendant le temps de l’Avent, fait entendre cet appel : « Cieux répandez votre justice, que des Nuées vienne le salut ! » Le peuple de Dieu reconnaît son besoin, sa soif de Dieu, et c’est précisément ce manque qui devient chemin de conversion. Ce désir est la trace vivante de Dieu en nous, l’empreinte de la quête de Dieu de l’homme depuis le Jardin d’Eden : « Adam où es-tu ? » Si l’homme cherche Dieu, sa quête n’est que le reflet de la quête de Dieu de l’homme !
Dans l’Avent, nous sommes placés dans ce temps intermédiaire où le Christ est déjà venu, mais pas encore pleinement révélé. Et c’est dans cette tension lumière et obscurité que s’enracine notre vie chrétienne : regarder vers la gloire promise tout en cherchant Dieu dans l’humilité du quotidien.
Car Celui que nous désirons voir dans la splendeur de son Royaume qui se présentera dans la fragilité de l’Enfant-Dieu à Noël, prépare notre cœur en attisant notre désir par des avant-goûts d’un jeu d’amoureux du « déjà-là pas-encore » qui invite à préparer son cœur, sa demeure, par une vraie conversion pour hâter son avènement plénier. L’Avent nous apprend à reconnaître Dieu qui se cache pour mieux se donner. Préparer Noël, c’est donc affiner notre regard, purifier notre désir, apprendre à voir le Verbe fait chair dans les signes discrets de Sa présence.
Puissions-nous laisser ces semaines d’Avent creuser en nous la vraie attente : celle qui ouvre le cœur à la joie de Le voir, aujourd’hui dans l’humilité, et un jour dans la Gloire. Et pour nos enfants, ne leur volons pas leurs rêves de cadeaux divins, leur soif d’un amour incommensurable, leur faim de Dieu.
P Roger+


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