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La dédicace d’une église

Laissons-nous introduire au sens de la dédicace de l’église qui aura lieu le 4 décembre par le rituel lui-même :

1 Par sa mort et sa résurrection, le Christ est devenu le temple véritable et parfait de la nouvelle Alliance, et a rassemblé le peuple qu’il s’est acquis.

Ce peuple saint, rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit, c’est l’Eglise, c’est à dire le temple de Dieu bâti de pierres vivantes, où le Père est adoré en esprit et en vérité.

C’est donc à juste titre que depuis l’Antiquité on a appelé « église » l’édifice dans lequel la communauté chrétienne se rassemble pour entendre la Parole de Dieu, prier en commun, accomplir les sacrements, célébrer l’Eucharistie.

2 Du fait qu’elle est un édifice visible, cette maison offre un signe particulier de l’Eglise en chemin sur la terre, et une image de l’Eglise établie dans les cieux.

Lorsqu’on érige une église comme un édifice destiné uniquement et de façon stable à rassembler le peuple de Dieu et à célébrer la liturgie, il convient de la consacrer au Seigneur par un rite solennel, selon la très ancienne coutume de l’Eglise.

Plusieurs rites auront lieu durant la consécration de l’église :

16 L’onction de l’église signifie d’abord que celle-ci est consacrée tout entière et pour toujours au culte chrétien. On fait douze onctions pour signifier que l’église est l’image de la cité sainte, Jérusalem.

Quant à l’encensement de la nef de l’église, il indique que celle-ci, par la dédicace, devient maison de prière ; mais on encense d’abord le peuple de Dieu ; c’est lui qui est le temple vivant, dans lequel chaque fidèle est un autel spirituel (cf Rm 12, 1).

17 L’autel une fois paré, l’évêque célèbre l’Eucharistie, ce qui est la partie principale de tout le rite, et aussi la plus ancienne. En effet, la célébration de l’Eucharistie est en relation très étroite avec le rite de la dédicace d’une église :

  • c’est par la célébration du sacrifice eucharistique que l’on atteint la fin principale pour laquelle on a construit l’église et bâti l’autel, et que cette fin est manifestée par des signes évidents ;
  • en outre, l’Eucharistie, qui sanctifie les cœurs des communiants, consacre en quelque sorte l’autel et le lieu de la célébration, comme les Pères de l’Eglise l’ont affirmé plus d’une fois : « Cet autel est digne d’admiration parce que, étant une pierre par sa nature, il devient saint après avoir reçu le corps du Christ » ;
  • enfin le lien qui unit étroitement la dédicace de l’église à la célébration de l’Eucharistie apparaît aussi du fait que la messe de la dédicace est dotée d’une Préface propre qui fait intimement partie du rite.

Père Jean-Pierre

De l’église de pierre à l’Église des croyants

En 1970, Louis de Funès écrivait : « Jésus Christ a été pour moi le radieux compagnon de mon enfance, de mon adolescence et il est, maintenant et toujours, le radieux compagnon de ma vie familiale et professionnelle » (Pour vous, qui est Jésus Christ).

En cette fin d’année liturgique, l’évangile des 32e et 33e dimanche tourne notre regard vers les réalités dernières : la résurrection finale mais aussi les épreuves qui anticiperont la fin. La façon dont le Seigneur nous en parle soutient notre espérance. Il demeurera avec nous, nous permettant même de porter témoignage. C’est l’expérience de millions de chrétiens. Si on leur demande d’où vient leur espérance en la résurrection, elle est là : dans la relation qu’ils ont au Christ ressuscité, par la prière, la liturgie et la foi au sein des événements de chaque jour.

« Dans un environnement plus réactif au choc des images qu’à l’importance réelle des problèmes, nous devons être des facteurs de sérénité et de calme. Et, par-dessus tout, nous devons affronter les difficultés dans la certitude que l’objectif de Dieu est le bonheur de l’homme » (Mgr Vingt-Trois aux évêques, 2007). Depuis, la situation en France s’est aggravée, mais l’espérance ne doit pas déchoir.

En consacrant notre église, le 4 décembre, l’archevêque posera un acte d’espérance : ce bâtiment continuera de manifester aux générations à venir la présence de Dieu et sa fidélité à son peuple. C’est une fête de lumière (les cierges devant les croix de consécration sur les piliers) et d’épousailles. La fidélité du Seigneur se liant à son peuple est indéfectible, dans l’Alliance du Christ et de l’Église.

« Il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit », dit Jésus du Temple de Jérusalem. Il est vrai qu’il en va de même de nos églises. Mais alors, leurs prestigieux vestiges n’évoquent-ils pas encore pour nous la permanence et la vitalité de l’Église au fil des siècles ? Les pierres s’usent, les bâtiments s’effondrent, sont détruits ou laissés à l’abandon. L’Église, qui subsiste de siècle en siècle, manifeste le véritable temple de Dieu au milieu des hommes, ainsi que le Christ l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Père Jean-Pierre

Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse sceptique !

Le 1er novembre, nous allons rendre grâce avec toute l’Eglise de tous les saints qu’elle a engendrée. L’Eglise a suscité en son sein une multitude d’images du Christ, certes toujours partielles, toujours incomplètes, mais toujours lumineuses, reflétant la source de toute lumière. L’Eglise, elle-même est sainte. Nous l’affirmons chaque dimanche dans le Credo. En effet, « l’Eglise est sainte, non parce que tous ses membres sont saints mais parce que Dieu est saint et qu’il agit en elle. Tous les membres de l’Eglise sont sanctifiés dans le baptême » (Youcat n°132). Oui, Dieu donne sa grâce à chaque baptisé même s’il semble encore loin de croire en vérité et de mettre en pratique entièrement sa foi. Si chaque baptisé accueille le cadeau de la foi, il pourra peu à peu répondre à sa vocation fondamentale d’être un tabernacle d’amour toujours ouvert, une louange à Dieu. Nous portons Dieu en notre être, et cela devrait sans cesse nous étonner, nous émerveiller. « Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais » s’exclame saint Augustin dans le chef d’œuvre que sont ses Confessions, qu’il faudrait avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Une figure de sainteté récemment canonisée témoigne de manière exemplaire de cette vérité qu’est la présence à Dieu en nous : sainte Elizabeth de la Trinité. Le 16 octobre dernier, le Pape François a reconnu en elle une vraie fille de Dieu. Née en 1880 et morte religieuse carmélite à Dijon en 1906, sa vie fut un véritable chant d’amour, qui peu à peu sut maîtriser sa nature colérique. De la méditation de son prénom (qui signifie « Maison de Dieu »), elle comprit qu’ « à travers tout, nous Le voyons, car nous Le portons en nous et notre vie est un ciel anticipé » (L 123). « C’est si simple. Il est toujours avec nous, soyez toujours avec Lui, à travers toutes vos actions, dans vos souffrances, quand votre corps est brisé, demeurez sous son regard, voyez le présent, vivant en votre âme ». Dans ces jours bénis, que la joie des saints se communique à nous et nous fasse demeurer en présence de la Trinité. Amen! Alléluia !

Père Jocelyn

La parabole « clou de tendresse »

Voici un magnifique extrait d’un poème de Charles Péguy (Le Porche du mystère de la deuxième vertu) exaltant les trois paraboles de l’espérance que nous avons la grâce d’écouter ce dimanche :

« Toutes les paraboles sont belles, mon enfant, toutes les paraboles sont grandes, toutes les paraboles sont chères. Toutes les paraboles sont la parole et le Verbe, la parole de Dieu, la parole de Jésus (…). Toutes elles viennent du cœur, également, et elles vont au cœur, elles parlent au cœur. Mais entre toutes, les trois paraboles de l’espérance s’avancent, et entre toutes elles sont grandes et fidèles, entre toutes elles sont pieuses et affectueuses, entre toutes elles sont belles, entre toutes elles sont chères et près du cœur (…). Elles ont on ne sait quoi qui n’est pas, qui ne serait pas dans les autres. C’est peut-être qu’elles ont en elles comme une jeunesse, comme une enfance ignorée. Insoupçonnée ailleurs. (…)

Mais entre toutes ; entre toutes les trois voici la troisième parabole qui s’avance. Et celle-là, mon enfant, cette troisième parabole de l’espérance, non seulement elle est neuve comme au premier jour. Comme les deux autres ses sœurs. Et dans les siècles elle sera neuve, aussi neuve jusqu’au dernier jour. Mais depuis (…) deux mille ans qu’elle sert, et qu’elle fut contée à des hommes innombrables (…) elle a fait pleurer des hommes innombrables. Dans les siècles des siècles. (…) Elle a touché dans le cœur de l’homme un point unique, un point secret, un point mystérieux (…). Un point inaccessible aux autres. On ne sait quel point comme plus intérieur et plus profond. (…) Rien que d’y penser, rien que de la voir qui pourrait, qui saurait retenir ses larmes. (…) Unique. Elle est célèbre même chez les impies. Elle y a trouvé, là même, un point d’entrée. Seule peut-être elle est restée plantée au cœur de l’impie comme un clou de tendresse ».

Père Jocelyn

Une rentrée dans la joie

Les projets de la paroisse seront présentés au cours de la messe de rentrée du 25 septembre mais déjà, en ce mois de septembre, la paroisse St Joseph Artisan vous propose de nouveaux horaires. Ils concernent les messes de semaine en soirée, les temps d’adoration et de confession, en particulier le dimanche après midi, pour terminer le week-end auprès du Seigneur dans la paix et le silence.

Voir les nouveaux horaires

La fin des vacances et  le retour à la vie « normale » entraîne parfois une tristesse ou un abattement. Le poids des charges à reprendre, les différents devoirs dont il faut s’acquitter, les problèmes que nous retrouvons tels quels après les mois d’été.

Comment vivre une rentrée dans la joie ?

C’est vrai que le travail implique une peine ou au minimum une fatigue. Mais souvenons-nous pourquoi nous travaillons ! Dans quel but affrontons-nous ces différentes difficultés ? C’est le but que nous avons qui motive, donne du courage et, lorsqu’il est atteint, de la joie.

Ne reprenons pas nos charges seulement « parce qu’il faut bien », par fatalité. Choisissons à nouveau les choix dans lesquels nous nous sommes engagés. Notre rentrée ne s’écoulera plus sous le poids de la fatalité, mais de nos actes libres qui donnent sens à notre vie. Le manque de sens engendre le manque de dynamisme, d’entrain. Il pèse bien plus que ce nous pensons.

Le but de nos choix est très souvent le bien des personnes. C’est pour le bien de son conjoint, de ses enfants, de ses voisins, collègues, etc. que nous supportons telle chose, avons pris la responsabilité de telle autre… Pour qui faisons-nous toutes nos tâches ? Il faut visualiser ces personnes. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Le bien de ces personnes est notre joie.

C’est là que le Seigneur nous rejoint dans cette rentrée. Là qu’il veut nous soutenir. Pour vivre cela, nous avons besoin de lui. Il est la source de la joie dans le don. Lui offrir toutes nos journées, à la messe, Lui permet de sanctifier nos efforts et nous fait communier à Lui, le Christ ressuscité, la source de la vie et de la joie éternelle.

Sanctifions cette rentrée en la Lui confiant. Il renouvellera notre joie.

Père Jean-Pierre

Fils adoptifs

A la suite des événements tragiques de ces dernières semaines, des réactions très diverses  se font entendre  :

  • « où est Dieu ? » ;
  • « les religions promeuvent la guerre ! » ;
  • « je ne suis pas croyant, mais par solidarité je vais venir à la messe » ;
  • des réactions de violence, de peur, de fraternité…

Plongés dans ce monde, ballottés par ces vagues, ces réactions nous traversent sans doute tour à tour.

Retrouvons le Rocher sur qui nous nous appuyons, et notre foi qui, comme une ancre, nous arrime solidement à lui.

Il nous confie un poste particulier dans notre monde : être le sel de la terre et la lumière du monde  en étant artisans de paix, doux, miséricordieux, persécutés pour la justice… fils de Dieu.

Être des priants qui font monter vers notre Père les besoins de nos frères les hommes et qui s’offrent au Père pour la paix du monde. Prière et jeûne.

Tenons notre poste. Le monde a besoin de nous.

Il est vrai que cela ne nous met pas à l’abri et les chrétiens ont été visés plus particulièrement.

Mais sachons aussi reconnaître que nous sommes dans la main de Dieu.

Père Jean-Pierre

Les 10 commandements du chrétien en vacances !

Ne nous trompons pas, pendant les vacances, on peut être moins chrétien ; parfois, on ne l’est pas du tout. On s’autorise un temps d’exception ; une fête sans Dieu ; des dimanches sans messe ; un « no God’s land » touristique, à l’abri des anges en flirtant avec les démons. Bref, tout est inversé : on a mis Dieu en vacances.

Concrètement, que faire ?

1. La météo de la charité : avant tout, se reposer la question du « poids d’amour » que comporteront ses vacances.

2. Dieu dans ses valises : refaire ses valises. Dieu s’y trouve-t-il ? Le plus commode, c’est une petite Bible ; ou une vie de saint ; ou, pourquoi pas, un petit ouvrage de théologie ; en tout cas ce petit Magnificat si complet. N’oublions pas non plus ces signes qui aident à franchir l’invisible : son chapelet ; une petite icône ; une croix. Tout se transporte.

3. Une route dans la foi : la foi est mon lien avec Dieu. C’est Dieu dans mon cœur à tout moment du voyage. Pas seulement cinq minutes dans les brumes du sommeil. Tout le temps.

4. Fuir les lieux sans Dieu : il y a des lieux maudits et pervers. Il faut avoir le courage, oui le courage, de ne pas y aller. On refusera les soirées louches ou peu sûres.

5. Des moments pour Dieu seul : les vacances sont comme un long dimanche, un étalement du repos dominical et donc une anticipation du repos éternel. Alors, posons des actes concrets.

6. Ne pas manquer la messe : bas les masques ! Trop de prétextes pour « ne pas avoir eu le temps » ce dimanche : les horaires de train, d’avion, les ballades en montagnes, les pays sans église. Prétextes !

7. Contempler : sans contact avec la beauté, on s’aigrit vite. Faire l’expérience de la splendeur de ces rayons de Dieu.

8. Témoigner : Pourquoi pas ? En vacances, on ne se contente pas de  « rester » chrétien. On le suscite chez les autres.

9. Servir : Dieu s’est fait homme non pour être servi mais pour servir. La route vers Dieu suit le même chemin. En vacances, on aime se faire servir. Parfois, d’une manière tyrannique. Parce qu’on paye.

10. Se réjouir : si les vacances sont une anticipation du repos éternel, un dimanche sans fin, elles seront joyeuses. Que de vacanciers affairés rouges d’insatisfactions ! Le chrétien se réjouit de tout parce que sa joie est d’abord en Dieu. Il se réjouit même des vacances des autres quand lui-même reste au travail. La joie est le fruit précieux de vacances « réussies » selon Dieu.

Père Jocelyn

Aux sources de la foi

Fils d’Hérode le Grand qui régna de 37 à 4 avant Jésus Christ, Philippe établit sa capitale à Césarée, non loin des sources du Jourdain, aux pieds du mont Hermon, dans un lieu verdoyant où l’eau sourd du sol en de multiples endroits et forme le fleuve qui apporte la vie dans la plaine du Jourdain jusqu’à la mer Morte. C’est là que Jésus emmène ses disciples, hors de la juridiction d’Hérode Antipas qui avait fait décapiter Jean le Baptiste.

Il les interroge sur ce qu’ils pensent de lui et pour la première fois dans le cœur d’un homme la foi sourd : il est « le Christ de Dieu ». C’est Dieu le Père qui l’a inspirée. Simon, en est le terreau. Il va devenir la pierre sur laquelle la foi de l’église naissante s’édifiera et se répandra dans le monde et dans l’histoire, comme un fleuve les pénétrant et leur apportant la vie.

Désormais l’histoire des hommes prend un sens. Ce n’est plus l’éternel recommencement du cycle des saisons et des générations. La foi entraîne des peuples toujours plus nombreux vers l’accomplissement de l’homme en Dieu, le Christ.

Aujourd’hui les jeunes de l’aumônerie Canal–Jeunes font leur profession de foi. Ils se reconnaissent dans cette Eglise qui apporte à l’humanité la vie par la connaissance du Dieu vivant. Lointains descendants de la foi de Saint Pierre transmise jusqu’à eux par les générations d’hommes et de femmes qui en ont vécu, notamment la nôtre. Ils forment la génération qui monte et la portera en ce 21e siècle.

Cette œuvre divine à laquelle nous assistons est le fondement de notre espérance. Puisque le Christ lui-même est à la source de la foi qui constitue l’Eglise et élève l’humanité, il l’accompagne assurément au fil des âges et la fera parvenir de façon certaine au terme de l’histoire.

Père Jean-Pierre

Joyeuse confession !

« Heureux l’homme dont la faute est enlevé,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude. » (Ps 31,2)

Il y a une joie véritable de se savoir pardonné. Avez-vous fait l’expérience à l’issue du sacrement de la réconciliation, de la légèreté et d’un sentiment de liberté qui s’ouvre soudain. La pécheresse de l’évangile de ce dimanche (Luc 7,36-8,3) a dû percevoir cette joie immense d’entendre Jésus lui dire personnellement « Tes péchés sont pardonné ».

Néanmoins, pour recevoir ce pardon, il nous est nécessaire d’avouer notre péché. Le livre des Proverbes avait déjà parlé de l’aveu comme condition de l’accueil du pardon de Dieu : « Qui cache ses fautes ne réussira pas ; qui les avoue et y renonce obtiendra miséricorde. » (Pr 28, 13). Il ne s’agit pas de vivre maladivement dans une perpétuelle recherche de nos fautes. Cela s’appelle le scrupule. Il ne s’agit pas non plus de se persuader, pour se rassurer, que l’on ne pèche que quand on tue ou vole. Cela s’appelle la négligence. Il s’agit de saisir que nous avons blessé le cœur de Dieu lorsque nous avons agis en recherchant uniquement à satisfaire notre seul intérêt, égoïstement.
Comme exercice pratique, n’oublions pas de reprendre notre journée par un examen de conscience le soir. Qu’ai-je fait qui ait causé du tort à Dieu ? Je nous conseille de ne retenir qu’un tort principal par soir pour mieux concentrer notre attention le lendemain sur celui-ci. A ce sujet, n’oublions pas non plus d’associer à cet examen l’action de grâce de toutes les belles rencontres vécues et de toutes les belles actions opérés dans la journée.

Rappelons-nous que confesser détient deux sens : reconnaitre ses fautes et déborder de reconnaissance pour l’amour miséricordieux de Dieu. Rechercher l’œuvre de Dieu dans notre vie, fixer sur elle notre attention, nous aidera à mieux louer et à reconnaitre en vérité quel mal nous avons pu causer.

Vivons de cette exultation du psaume 31 ! Ne nous privons pas de la chance immense pour nous catholiques, de recevoir le pardon de Dieu dans la confession au prêtre. Comment ne pas être rempli de reconnaissance ?

Père Jocelyn

L’éclatante compassion du Christ

L’évangile de ce dimanche raconte l’épisode du miracle de Naïm. Dans cette localité proche de Nazareth, Jésus voit un cortège funèbre d’un jeune homme, fils unique d’une veuve. Il est pris de compassion. En effet, enterrer un fils, d’autant plus un fils unique, alors que l’on a déjà vécu l’enterrement de son mari, est une peine vraiment accablante. Après cet enterrement, cette femme va se retrouver seule, sans défenseur. Jésus se dirige alors vers la mère éprouvée et lui dire « Ne pleure pas ». Puis, il touche le cercueil, appelle le mort et le jeune homme ressuscite.

Cette femme est bien l’icône de la misère, le symbole de la fragilité de notre condition humaine subissant la mort comme un désordre et une immense souffrance. Mais, par son geste, Jésus montre qu’il n’est pas indifférent aux malheurs des hommes. Il est saisi aux entrailles et ne peut se retenir d’agir. Il montre le visage de Dieu plein de compassion envers ses enfants et qui pénètre au cœur de la douleur pour accompagner l’homme vers la vie éternelle. Il accomplit la parole du prophète Isaïe qui avait exhorté plusieurs siècles auparavant en ces termes : « Consolez, consolez mon peuple dit le Seigneur ».

Où en sommes-nous donc dans la compassion pour notre monde ? Notre cœur ne s’est-il pas durci devant les détresses humaines si nombreuses ? N’oublions pas que la détresse humaine la plus profonde est la détresse de l’âme, du refus intérieur de Dieu. Nous pleurons les corps qui se meurent. Prions aussi pour les âmes qui se meurent aujourd’hui, faute de connaitre la puissance vivifiante de l’évangile.

Père Jocelyn PETITFILS