Archives de catégorie : Editoriaux

Saint Joseph

L’évangile ne rapporte qu’une seule parole prononcée par Joseph : « Jésus », le nom de son fils. C’est le nom que l’ange lui avait dit de donner à l’enfant. Joseph est silencieux. Marie a déjà donné l’acquiescement radical et pur à l’annonce de l’Incarnation. L’effacement de Joseph permet à la Parole divine de se dire, d’être recueillie, message de l’Amour divin offert en Jésus. Le silence n’est pas l’amour mais « sa précaution » (saint Jean de la Croix).
Joseph apprend à son fils Jésus le métier de charpentier, mais aussi à être un homme. Par Joseph, Jésus est juif. Il entre dans son patrimoine culturel et religieux, les traditions de son peuple. Ce testament spirituel par lequel le peuple de Dieu entre en relation avec le Père. « La vocation spirituelle de Joseph consiste en cette pédagogie d’aider l’humanité de Jésus à entrer parfaitement en sa filiation divine » (Mgr Dominique Rey). Joseph est pour Jésus comme une icône du Père. Il donne l’exemple de la docilité à Dieu : il lui obéit dans la foi. A la parole de l’ange, il emmène sa famille en Egypte. Toujours à la parole de l’ange, il la ramène en terre sainte et c’est encore en lui obéissant qu’ils s’installent en Galilée. Pour devenir père, il doit d’abord apprendre à croire dans le Père.
Samedi 19 mars, nous fêterons Saint Joseph, époux de la Vierge Marie : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse (Mt 1, 20). L’irruption de Dieu dans la vie de celle qu’il a choisie le plonge dans le doute. Il connaît trop bien la pureté et la sainteté de Marie pour s’immiscer dans le projet de Dieu. La parole de l’ange lui donne sa mission d’époux de la Mère de Dieu dans la chasteté. Joseph, l’homme juste (Mt 1, 1) y répond avec foi.
Ce samedi 19 mars, en fêtant saint Joseph, le saint patron et protecteur de notre paroisse (comme vous le verrez dans l’exposition sur l’histoire de la paroisse), en célébrant saint Joseph le « rassembleur », en hébreu, celui auprès de qui on grandit, en le suivant en procession, en le priant, puissions-nous grandir nous aussi dans la foi et dans notre mission et d’y faire grandir les autres. Confions-lui en particulier les pères et les époux de notre paroisse.

Père Jean-Pierre Durand

La Tunique du Christ

« Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura », afin que l’Ecriture fût accomplie : « Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort ». Voilà donc ce que firent les soldats (Jn 19, 23-24). Cette tunique du Christ maculée de sang après le supplice des coups, de la flagellation, de la couronne d’épines et du portement de croix, s’est donc trouvée en la possession d’un des soldats. Elle est le témoin de toute la Passion qu’a endurée Jésus, versant son sang pour nous sauver et nous réconciliant définitivement avec Dieu.

Or, proche de nous, à la basilique saint Denys d’Argenteuil se trouverait la relique de la tunique du Christ. Celle-ci est-elle authentique ? Son histoire est mouvementée. Selon la Tradition, elle serait restée à Jaffa pendant six siècles, puis aurait été vénérée pendant deux siècles selon saint Grégoire de Tours à Gémia près de Constantinople. Ensuite, au IXème siècle, elle aurait été offerte en cadeau de fiançailles à Charlemagne qui la donna plus tard à une de ses filles abbesses à Argenteuil.

Une série d’analyses scientifiques a été faite à son égard depuis 1893. Effectuées dans les années 2000, les deux analyses au carbone 14 pour dater son âge ont montré des divergences de période, diminuant la valeur d’une telle méthode. En outre, la texture est comparable aux tissus antiques d’origine syrienne trouvés à Doura Europos, près de Palmyre. Sa teinture a été réalisée selon une technique proche-orientale artisanale. Fait étonnant, sur les dix-huit pollens de plantes anciennes originaires de Méditerranée orientale retrouvés sur la relique, sept se retrouvent sur une autre relique remarquable, le suaire d’Oviedo (Espagne), et six sur le linceul de Turin. Autre surprise, la tunique est gorgée de sang. Ce sang est du même groupe sanguin (AB, très rare mais plus répandu en Palestine qu’ailleurs) que le sang présent sur le linceul et sur le suaire d’Oviedo. Enfin, sur ce linceul et la tunique, neuf taches de sang peuvent se superposer. En définitive, cette relique semble correspondre à la véritable tunique du Christ. Il ne s’agit pas d’un objet de foi nécessaire au salut. Mais, vénérer la tunique peut nous unir au Christ qui a souffert pour nous sauver. Il se trouve que cette relique, dont la dernière ostension date de 1984 après celle de 1934, va être exposée exceptionnellement du 25 mars au 10 avril 2016. Dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, la paroisse propose une sortie le 27 mars, le jour de Pâques, à Argenteuil, à trois quart d’heure de l’église St Joseph en transport en commun. Ne ratez pas cette occasion rare.

Père Jocelyn Petitfils