La Tunique du Christ

« Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura », afin que l’Ecriture fût accomplie : « Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort ». Voilà donc ce que firent les soldats (Jn 19, 23-24). Cette tunique du Christ maculée de sang après le supplice des coups, de la flagellation, de la couronne d’épines et du portement de croix, s’est donc trouvée en la possession d’un des soldats. Elle est le témoin de toute la Passion qu’a endurée Jésus, versant son sang pour nous sauver et nous réconciliant définitivement avec Dieu.

Or, proche de nous, à la basilique saint Denys d’Argenteuil se trouverait la relique de la tunique du Christ. Celle-ci est-elle authentique ? Son histoire est mouvementée. Selon la Tradition, elle serait restée à Jaffa pendant six siècles, puis aurait été vénérée pendant deux siècles selon saint Grégoire de Tours à Gémia près de Constantinople. Ensuite, au IXème siècle, elle aurait été offerte en cadeau de fiançailles à Charlemagne qui la donna plus tard à une de ses filles abbesses à Argenteuil.

Une série d’analyses scientifiques a été faite à son égard depuis 1893. Effectuées dans les années 2000, les deux analyses au carbone 14 pour dater son âge ont montré des divergences de période, diminuant la valeur d’une telle méthode. En outre, la texture est comparable aux tissus antiques d’origine syrienne trouvés à Doura Europos, près de Palmyre. Sa teinture a été réalisée selon une technique proche-orientale artisanale. Fait étonnant, sur les dix-huit pollens de plantes anciennes originaires de Méditerranée orientale retrouvés sur la relique, sept se retrouvent sur une autre relique remarquable, le suaire d’Oviedo (Espagne), et six sur le linceul de Turin. Autre surprise, la tunique est gorgée de sang. Ce sang est du même groupe sanguin (AB, très rare mais plus répandu en Palestine qu’ailleurs) que le sang présent sur le linceul et sur le suaire d’Oviedo. Enfin, sur ce linceul et la tunique, neuf taches de sang peuvent se superposer. En définitive, cette relique semble correspondre à la véritable tunique du Christ. Il ne s’agit pas d’un objet de foi nécessaire au salut. Mais, vénérer la tunique peut nous unir au Christ qui a souffert pour nous sauver. Il se trouve que cette relique, dont la dernière ostension date de 1984 après celle de 1934, va être exposée exceptionnellement du 25 mars au 10 avril 2016. Dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, la paroisse propose une sortie le 27 mars, le jour de Pâques, à Argenteuil, à trois quart d’heure de l’église St Joseph en transport en commun. Ne ratez pas cette occasion rare.

Père Jocelyn Petitfils

2 réflexions sur « La Tunique du Christ »

  1. La Sainte tunique fait partie des reliques attribuees a Jesus . Une trentaine de tuniques revendiquees par differentes eglises desireuses d’attribuer a leur region une aussi prestigieuse relique correspondent a une certaine juxtaposition redactionnelle de traditions chretiennes concurrentes qui se delegitiment mutuellement

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