Un été pour oser le silence

Dans mon déménagement, j’ai retrouvé dans mes affaires un petit livre intitulé Une valeur en or : le silence. Il date de 1955. Ce qui est étonnant c’est que déjà à cette date, il fait le constat de «  la course échevelée à la recherche du temps qui fuit », de la domination du bruit, et que « beaucoup vivent à la superficie d’eux-mêmes, éprouvés quand il s’agit de concentrer leur attention, et sont happés par les appels extérieurs agissant sur eux à la manière d’une drogue ». Il déclare qu’il y a là « une véritable maladie du siècle ». Plus de 60 ans après, la situation s’est accélérée encore… Nous en avons tous conscience. L’été est une opportunité pour briser ce rythme et ce bruit.

Sans le silence, pas de rencontre authentique avec Dieu. Quand on ne sait pas se ménager de temps en temps quelques instants de silence, on finit par ne considérer comme réellement valables que des réalités perceptibles aux sens. Ne compte à nos yeux, – et bientôt hélas ! à notre cœur – que ce qui se voit, que ce qui se palpe, ce qui s’entend. L’Invisible, plus profondément réel pourtant que le visible, devient bientôt lettre morte et se confond avec le néant. Nous avons besoin du silence pour retrouver le sens de l’Invisible et entendre la voix de Dieu nous parler. C’est l’expérience du prophète Elie qui rencontra Dieu dans le silence d’une brise légère et non dans l’ouragan (I R 19,13). C’est l’expérience du Christ qui cherchait des lieux désert ou la nuit pour prier et qui donna ce conseil pour prier : « lorsque tu voudras prier, entre dans ta chambre et, ayant fermé la porte sur toi, prie ton Père dans le secret et, ton Père, qui voit dans le secret, t’exaucera » (Mt 6,6). C’est l’expérience de tous les saints qui ont compris que le silence est comme le climat de Dieu.

Cet été, où le flot des activités est plus léger, profitons pour nous ménager des espaces de silence : pas simplement pour se reposer les oreilles, mais pour prendre le temps d’être présent à la Présence divine qui vit en nous. Dieu est l’ami qui frappe à la porte de notre cœur et qui souffre d’être si seul. C’est l’amour du silence qui conduit au silence de l’Amour. Je vous souhaite de belles rencontres avec le Seigneur cet été !

Père Jocelyn Petitfils

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