Aimer la Croix du Christ

Début février, les médias ont recensé plusieurs profanations d’églises en France. A Nîmes, des délinquants ont dessiné une croix avec des excréments sur un mur, un tabernacle a été cassé et des hosties consacrées dispersées sur le sol. Dans le Tarn, un jeune a tordu le bras d’un Christ en croix pour lui faire un « DAB », un geste hip hop. Ce n’est malheureusement pas des faits rares. En France, en moyenne, on recense deux attaques d’églises par jour. Le Christ continue de souffrir encore aujourd’hui. On le constate depuis 2000 ans : beaucoup d’hommes ne peuvent supporter la croix de Jésus. Les témoins de Jéhovah affirment que Jésus – qui pour eux, n’est pas Dieu – n’est pas mort sur une croix mais sur un poteau. Dans les pays islamiques, la Croix-Rouge est obligée de repeindre ses ambulances pour cacher la croix. A Paris, des citoyens musulmans avaient demandé à M. Delanoë qu’on supprime les croix vertes des pharmacies. Le Coran n’a gardé que deux articles du credo chrétien : Jésus est bien né de la Vierge Marie et c’est lui qui viendra juger les vivants et les morts. Mais il y est dit que Jésus a été enlevé au Ciel juste avant qu’un autre ne soit crucifié à sa place, soit Simon de Cyrène, soit Judas.

Or, bien qu’étant Dieu, Jésus a bien souffert dans sa chair, a été moqué, accusé à tort, passé à tabac, flagellé, giflé, couvert de crachats, et est bien mort sur une croix. La Semaine sainte est l’occasion privilégiée pour méditer sur ce mystère inouï. Les rues de Paris vont voir défiler les chemins de croix paroissiaux.

Vivre un chemin de croix est toujours une expérience libérante. En effet, communier aux souffrances du Christ nous permet de sentir que nous ne vivons jamais seuls nos souffrances quotidiennes. Oui, Jésus n’est pas indifférent à nos misères. Il est parfaitement compatissant. Et il le prouve par sa croix. Le secret de sa gloire se trouve dans son abaissement : « il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix » (Ph 2,8). Contempler l’abaissement de l’Innocent suscite en nous la pitié pour Dieu et l’accueil de son amour absolu pour nous. Il guérit notre désobéissance. Voilà jusqu’où va la folie de l’amour de Dieu, voilà jusqu’où est capable celui qui est la source de notre vie et l’origine de notre résurrection. « La doctrine de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est force divine »  (1 Corinthiens 1,17). Sûr de cette vérité, comment alors rejeter le trésor de notre salut, comment éviter ce spectacle régénérant ?

 

Père Jocelyn PETITFILS

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