Carême : le temps de la taille

Généralement, nous voyons sans joie venir le temps du carême. Cependant, « tout arbre bon donne de bons fruits, tandis que l’arbre mauvais donne de mauvais fruits » (Mt 7, 17). Plutôt que de s’obnubiler sur les fruits à porter, le carême porte notre attention sur l’arbre que nous sommes. C’est le moment de l’entretenir, si nous voulons une bonne récolte.

Or un arbre fruitier, il faut le tailler. On peut imaginer l’appréhension de l’arbre qui voit approcher le sécateur. Mais lorsqu’il sait (ce qui est notre cas) tout le bénéfice qu’il en retirera, il s’y prête volontiers.

La première chose à faire, dans la taille de l’arbre fruitier, c’est de couper le bois mort. Toutes ces branches et brindilles dans lesquelles la sève ne circule plus. Sans parler des branches malades qui risquent de contaminer l’arbre entier. La santé de votre arbre n’en sera que meilleure. Vous m’avez compris, il y a dans nos vies des choses qui ne servent à rien. Les heures passées à faire une réussite ou à regarder la télé… Elles ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont improductives. Si elles se multipliaient, elles nous détourneraient totalement de l’essentiel. N’est-ce pas le moment d’utiliser le sécateur pour qu’elles reviennent à de plus justes proportions ? Quant aux activités qui nous font flirter avec les tentations, les péchés plus ou moins graves dans lesquels on glisse si facilement, elles pourraient compromettre tout l’arbre si nous n’y prenions garde. Quelques bons coups de sécateurs à base de bonnes résolutions pourraient être vraiment nécessaires. Ce sera tout l’effort du jeûne.

Deuxièmement, pour tailler un arbre fruitier, consiste à orienter. Inutile de laisser partir les branches verticalement, la sève les irriguant plus difficilement, elles porteront moins de fruits. Pour porter du fruit, il y a tellement de choses bonnes ou intéressantes à faire qu’il faut abandonner car ce n’est tout simplement pas là que Dieu nous attend réellement. Ce seront nos efforts pour nous recentrer sur l’essentiel : aimer son prochain (faire son devoir d’état, partager, prendre soin des autres…) et aimer Dieu lui-même (la prière, les sacrements, la lecture de la Parole de Dieu…).

Sans oublier enfin : favoriser les bourgeons qui naissent. Ces dons spéciaux que Dieu désire pour chacun de nous et qu’il cultive lui-même. Dans ce temps de carême, sachons aussi nous laisser faire par le Cultivateur.

Père Jean-Pierre Durand

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