La gloire de la Croix

Au début du mois de mars, j’ai vécu une retraite durant laquelle j’ai lu le livre La Baraque des prêtres, Dachau 1938-1945 de Guillaume Zeller. On y raconte l’histoire tragique du regroupement des prêtres des différents camps de concentration d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale au camp de Dachau en Allemagne. 2720 religieux, prêtres catholiques et séminaristes ont vécu dans cette entreprise de déshumanisation de masse dont un peu plus de la moitié reviendront. Cette histoire n’est pas étrangère à notre quartier. En effet, il se trouve que deux des prêtres de St Joseph artisan ont été arrêtés et déportés à ce camp : les pères Joseph Benedict Stoffels né en 1895 et Nicholas Anthony Wampach né en 1909. Tous deux étaient chez nous en mission auprès des 20 000 ressortissants du Luxembourg habitants Paris et sa région.

Ils aidaient les réfugiés qui avaient fui de chez eux dans le désarroi de la guerre. « Dans un journal, on lit : « La Gestapo (la police secrète nazie) soupçonnait ce travail purement charitable… d’être de l’espionnage ». Après plusieurs interrogatoires et emprisonnements vers la fin de 1940, les deux prêtres furent finalement arrêtés le 7 mars 1941 et envoyés à Buchenwald, pour être transférés plus tard à Dachau » (Bothe, p. 19).

Au cœur de l’enfer de Dachau, nos deux prêtres ont surement prié et offert de nombreux sacrifices pour la conversion des fidèles de l’église de St Joseph. Ils moururent l’un en mai et l’autre en août 1942, asphyxiés en chambre à gaz. C’était il y a 75 ans et je pense que nous bénéficions encore de leur intercession du haut du Ciel. Dans notre église, on retrouve un mémorial en l’honneur des deux martyrs morts pour leur foi et leur souci de la justice. Les circonstances historiques ont fait qu’ils ont épousé les souffrances du Christ jusque dans la mort.

Dans les dernières semaines qui nous mènent vers le sacrifice du Christ et sa résurrection à Pâques, continuons d’offrir nos souffrances et nos privations pour la conversion des pécheurs. Cherchons à plaire non à nous-mêmes mais au Seigneur, lui qui « a porté nos souffrances, a été transpercé à cause de nos crimes, a été écrasé à cause de nos fautes » (Is 53,4-5) mais qui nous a, par ce biais, mystérieux rendu à la vie.

Père Jocelyn Petitfils

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