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Souvenez-vous de moi !

                Le devoir de mémoire nous pousse le 2 novembre ou parfois en temps ordinaire à nous rendre au cimetière. Là, le décor floral des tombes et des urnes nous offre une consolation. Il exprime l’affection pour les personnes qui nous sont chères et qui sont parties. Il exprime aussi en quelque sorte que la vie se poursuit après la mort. La foi en la résurrection des morts, qui n’est pas du tout la réincarnation, est bien un réconfort spirituel. Mais tout le monde ne partage pas cette vision. Pour certains, pas besoin de trop s’occuper des morts ni trop de penser à eux puisque, la vie après la mort n’est pas une certitude mais plutôt une légende. Il faut se préoccuper des vivants, voilà tout. Quelle est la position de l’Eglise ? Comment s’occuper des morts ?

                « Enterrez ce corps n’importe où. Ce que je vous demande, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur où que vous soyez » disait sainte Monique à ses deux fils, saint Augustin et son frère. Quant à saint Jean Chrysostome, il précise cette prière pour les défunts : « Portons-leur secours et faisons leur commémoration. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père, pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? » (Jb 1,5).

                Pour manifester la foi en la résurrection des corps, les chrétiens s’abstinrent pendant longtemps de recourir à l’incinération. Ils voulaient manifester par l’inhumation, leur foi en Jésus, celui qui fait lever le grain tombé en terre (1 Co 15,35). Aujourd’hui, l’Eglise, qui préfère toujours la forme de l’inhumation, ne fait plus obstacle à la crémation mais à condition qu’elle ne revête pas le caractère d’un rejet de la foi en la résurrection des corps. Elle affirme également qu’une attention et un soin soient accordés aux mourants pour les aider par la prière à vivre leurs derniers moments dans la dignité et la paix. A ce propos, il faut faire attention à l’expression « mourir dans la dignité » à qui on veut aussi faire dire le contraire en justifiant l’euthanasie. Enfin, au sujet de l’autopsie des cadavres, l’Eglise trouve qu’elle peut être moralement admise pour des motifs d’enquête légale ou de recherche scientifique et que le don gratuit d’organe après la mort est légitime et peut être méritoire.

                « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur eux » (extrait de la prière de « Requiem » qui introduit la messe de commémoration des défunts).

                Père Jocelyn PETITFILS

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