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Qu’est-ce qu’une mission paroissiale ?

“La mission paroissiale consiste en une série d’exercices religieux donnés dans une paroisse ou un groupe de paroisses par un ou plusieurs prédicateurs extraordinaires, afin d’obtenir la conversion des populations ou l’approfondissement de leur vie”.

Elle se distingue de la “prédication ordinaire”, assurée par les prêtres de la paroisse, et les retraites destinées à un groupe restreint de fidèles pour qu’ils puissent progresser dans la foi.
La mission s’adresse à tous et elle s’insère dans l’existence ordinaire de la paroisse. Elle suppose un certain temps, où toute la paroisse se mobilise, aussi bien pour sa préparation que pour son déroulement.

Le but des missions paroissiales

Même si la forme des missions paroissiales évolue, s’adapte en fonction des populations et des prédicateurs, le but reste le même qu’à l’origine : la conversion durable et sincère de la population résidant sur le territoire de la paroisse.

Les paroisses savaient qu’une seule mission ne suffirait pas pour que tous en bénéficient. Elles savaient aussi que les bonnes résolutions prises un jour peuvent se perdre avec le temps. C’est pourquoi elles prévoyaient régulièrement de faire venir des missionnaires extraordinaires afin d’être renouvelées, rajeunies et revivifiées. Cela faisait partie de leur pastorale.

L’arrivée de missionnaires était donc un événement extraordinaire, mais naturel.

Historique

Les origines des Missions Paroissiales remontent au renouveau spirituel des 12ème et 13ème siècles, sous l’impulsion de grands prédicateurs itinérants, comme Saint Bernard, Saint Dominique ou Saint François…

Aux 14ème et 15ème siècles, on assiste à une évolution des campagnes d’évangélisation : les grands prédicateurs demeurent plus longuement dans les villes. On organise autour des prédications un dispositif adapté avec messes, sacrements, processions de pénitents…
Ce nouveau type de missions remonte à Saint Vincent Ferrier (1358-1419), qui est rapidement suivi par beaucoup d’autres grands prédicateurs en Europe (Saint Bernardin de Sienne, Saint Jean de Capistran, etc…).

Au 16ème siècle, la mission paroissiale apparaît progressivement en Italie et en Espagne. Elle se situe dans le courant du renouveau spirituel extraordinaire qui accompagne le Concile de Trente. On assiste à la naissance de nouveaux ordres religieux en Europe : Théatins (Rome), Barnabites (Milan), Jésuites…

Les missions paroissiales Françaises apparaissent à la fin du 16ème siècle, alors que le catholicisme a besoin d’être renouvelé et qu’il est menacé par le protestantisme qui s’implante fortement dans différentes régions. Elles sont principalement le fait des jésuites et des capucins. Une évolution décisive se produit au début du 17ème siècle, sous l’initiative de nouvelles familles religieuses issues de la Réforme Catholique. Leurs fondations joueront un rôle très important dans le mouvement des missions.

Saint Vincent de Paul (1581-1660) s’inscrira dans ce mouvement. Il prêche sa première mission en 1617, et en fera donner 140 de 1625 à 1632. A partir de son expérience, il élabore une méthode qui influencera les autres missions par la suite. Il rassemble autour de lui un groupe de prêtres qu’il oriente vers les missions rurales : c’est l’origine des Prêtres de la Mission, plus connus sous le nom de Lazaristes. Plus des deux-tiers de la trentaine de séminaires fondés entre 1641 et 1683 deviennent le centre de missions. On voit au passage le lien étroit établi par Saint Vincent de Paul entre la formation des prêtres et le développement des missions.

Au 17e siècle, L’Oratoire de France contribue également à susciter de nombreuses missions. Saint Jean Eudes (1601-1680) se lance à son tour dans ce type de “missions paroissiales”. Sans oublier l’importance des jésuites et des capucins qui poursuivent leur travail missionnaire dans le pays à partir de leurs collèges pour les premiers, et de leurs couvents qui forment un réseau aux mailles serrés dans toute la France pour les seconds.
– L’action des prêtres séculiers est parfois considérable dans ce domaine, comme celle de Michel Le Noblez (1577-1652), grand apôtre de la Bretagne. – Certains évêques, comme Alain de Solminhiac, évêque de Cahors, interviennent personnellement comme prédicateurs de ces missions. Les missionnaires fonctionnent généralement par petites équipes de 2 à 6, avec l’appoint de confesseurs supplémentaires pour les célébrations pénitentielles.

Au 18ème siècle, on n’hésite pas à frapper la sensibilité et l’imagination des fidèles en employant certains moyens à sensation : têtes de mort, sermons dans les cimetières. En effet, on n’hésite pas à prêcher sur les fins dernières, à parler du paradis… et surtout de l’enfer !
A cette époque, le grand apôtre des missions en France est Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. On constate cependant que le nombre des missions diminue parce que les missionnaires font défaut.

Juste après la Révolution française, le problème des missions se pose à nouveau, pour rechristianiser un pays qui a beaucoup souffert. Devant le nombre insuffisant de prêtres (séculiers et réguliers), on se tourne vers des missionnaires laïcs.

Après l’Empire, de 1815 à 1830, les missions paroissiales deviennent le grand moyen d’évangélisation du pays. Après la Restauration et la Révolution de 1830, qui marquent un temps d’arrêt, les missions sont le fait des ordres anciens reconstitués ainsi que de Congrégations nouvelles, comme les Pères de Bétharam, fondés en 1835, près de Lourdes.

Dans la plupart des diocèses s’établissent des maisons de missionnaires diocésains, ayant souvent leur siège dans les centres de pèlerinage. Au 19ème siècle, les capucins s’illustrent par des missions spectaculaires, grâce au talent de prédicateurs très populaires.
Un coup d’arrêt se fait sentir avec les expulsions de 1880, puis celle de 1901 et la séparation de 1905 entre l’Eglise et l’Etat. Fortement ralenti, le mouvement des “missions paroissiales” n’est pourtant pas pour autant interrompu.

Après la deuxième guerre mondiale, les missions reprennent. Elles s’organisent autour du CPMI (Centre de Pastoral des Missions de l’Intérieur) qui est actif entre 1951 et 1967. Il n’est pas rare alors que tous les prêtres d’un secteur paroissial ou d’une ville coopèrent à des missions paroissiales.

Alors que les missions paroissiales semblaient avoir disparu en France depuis 25 ans, elles réapparaissent ici ou là, sous l’impulsion du renouveau spirituel suscité par le Concile Vatican II.

C’est dans ce contexte que nous vous proposons une grande mission paroissiale pour la fin de l’année 2018.

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