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Choisir en conscience

Vous avez entendu dans les médias que l’épiscopat français ne donnait pas de consigne de vote pour le second tour de l’élection présidentielle.

Et effectivement, comment choisir entre deux maux si graves eu égard au dessein de Dieu sur l’homme.

« Par son travail et son génie créateur, l’homme s’est toujours efforcé de donner un plus large développement à sa vie… Grâce notamment à la multiplication des moyens d’échange de toutes sortes entre les nations, la famille humaine prend conscience d’elle-même et se constitue peu à peu comme formant une seule communauté au sein de l’univers » (Vatican II, Gaudim et spes).

Cette fraternité humaine voulue par Dieu qui est le Père de tous, et dont l’Eglise est le commencement ici-bas, constitue un élément essentiel du dessein de Dieu sur l’homme. Le renfermement sur soi-même, l’exclusion de certains constitue un mal grave. Comment le soutenir ?

Et d’un autre côté, la PMA (procréation médicalement assistée), permettra à des femmes seules ou à des couples de femmes d’avoir des enfants sans père ! Cela revient à transformer la sexualité telle que le Seigneur l’a crée dans sa sagesse. Comment en tant que chrétien pouvons-nous soutenir une telle prétention ?

« Quels sont le sens et la valeur de toute cette activité [scientifique et technique] ? Comment faut-il employer toutes ces richesses ? A quel but tendent ces efforts individuels et collectifs ? … Plus le pouvoir de l’homme progresse, plus sa responsabilité, individuelle et collective, s’élargit » (idem).

La PMA constitue en réalité un changement de société profond. Des personnes viendraient à l’existence sans avoir eu de père, par le seul souhait de leur mère. Non plus donc par un acte d’amour, mais sur le seul besoin d’une personne d’avoir un enfant. Il y a là une distorsion grave du dessein de Dieu sur l’homme.

L’épiscopat ne prend donc pas position et laisse chacun choisir en conscience : « De deux maux, il faut choisir le moindre ».

Avant d’entrer dans l’isoloir, demandons vraiment au Seigneur d’éclairer notre conscience.

Père Jean-Pierre

Homélie du 1er mai

3 réflexions au sujet de « Choisir en conscience »

  1. Bonjour,

    Les autorités religieuses protestantes juives et musulmanes font moins les difficiles… Un souvenir des guerres de religions et de la Shoah provoquée par le repli identitaire sans doute. Il me semble que la hiérarchie des maux est pourtant assez claire : d un côté une idéologie de l exclusion et de l autre une question de sexualité ? D un côté une idéologie qui vont conduire les plus fragiles à la souffrance et à la mort ( je pense à la suppression de l AME) .
    De l autre quel est le risque? Je ne crois pas que la PMA provoque des morts ou de la souffrance. On peut s’interroger sur le sens d’avoir un enfant à tout prix… Oui c’est une vraie question. Une question de sens doné à la vie. La PMA existe déjà pour les couples… Mais pouvons nous prétendre savoir ce que dieu demande en matière de sexualité ? On sait ce que Saint Paul en pense. Le christ s’est peu ou pas exprimé sur le sujet. Juif il ne remet pas en cause la structure familiale dans laquelle les hommes peuvent avoir plusieurs épouses (Abraham, Jacob) assurent la ligné de leurs frères défunts (Ruth ) etc.

    En tout cas on ne peut pas mettre ces deux programmes sur le même plan, je trouve cela inconséquents ans un instant aussi grave. aucun doute pour moi dimanche!

    Je ne veut pas que mes enfants grandissent dans un monde dominé par l exclusion et la défiance de l’autre. mais dans un monde de tolérance une valeur chrétienne à laquelle je tiens.

    Bon dimanche et bon week end

  2. Le but de l’église est de faire réfléchir les personnes pour qu’elles fassent leur choix en conscience, et pour cela éclairer certains points qui pourraient rester dans l’ombre à cause, le plus souvent, d’un accent mis principalement sur l’économie alors que des choix de sociétés sont en jeu.
    En ce qui concerne l’extension de la PMA, la souffrance qui en résulterait sera due, à long terme, à une désacralisation de la vie humaine.
    Normalement, un enfant n’appartient pas à ses parents. C’est un don. Le don de la vie qui procède de l’amour, qui vient de plus loin que nous et nous dépasse : Dieu. C’est ainsi que les parents sont procréateurs.
    Sauf si l’enfant vient à l’existence exclusivement par la volonté d’une personne d’en avoir un, grâce au pouvoir que lui donne l’ingénierie bio-médicale. Son parent devient son créateur. L’enfant n’est plus rapporté à Dieu mais à la volonté prométhéenne d’une personne humaine limitée et imparfaite qui, de plus, l’a créé pour ses besoins personnels.
    Il est désacralisé. Sa valeur provient de celle que lui accorde son créateur-parent. Il n’est plus un but en soin mais un moyen, non seulement dans l’esprit de celui qui l’aura mis au monde, mais aussi pour lui même et au final pour la société.
    On a vu au 20e siècle les dégâts provoqués par la désacralisation de l’homme due aux idéologies humanistes athées (communisme et nazisme). L’homme rapporté à un bien supérieur à faire advenir, la collectivité ou bien l’homme supérieur.
    Avec la PMA et l’homme rapporté à la volonté toute-puissante de son créateur-géniteur, la cause du mal étant la même (désacralisation de l’homme), les conséquences seront les mêmes : assujettissement des personnes à des fins jugées supérieures.
    À voir : le film Prometheus de Ridley Scott met en scène cette problématique car c’est un véritable enjeu de société. Qui est notre créateur ?

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