Les fruits de l’effusion de l’Esprit

« Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité,serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 52, 22).

Le premier fruit de l’effusion de l’Esprit Saint est l’Amour de Dieu et l’offrande aimante de soi à son Amour miséricordieux. C’est un mouvement intérieur que Dieu lui-même provoque et auquel on est heureux de s’abandonner. Ce mouvement est prière. L’Esprit se joint à notre esprit, et s’exprime en nous en des « gémissements ineffables » pour expliquer le chant en langues. Et on a raison. L’effusion de l’Esprit Saint fait tomber en nous les barrières du « trop raisonnable », du « trop figé », libère notre coeur que nous livrons alors, avec notre voix, à l’action de l’Esprit Saint… Mais les gémissements ineffables sont aussi tous ces mouvements de notre coeur, sous l’impulsion de l’Esprit Saint, qui nous entraînent dans une prière du coeur, un penchant vers le Seigneur, vers son Père, une nouvelle relation d’intimité avec Jésus. L’effusion de l’Esprit Saint renouvelle notre façon de prier, donne le goût, la joie de la prière.

La prière devient un coeur à coeur avec Jésus. Le Seigneur donne un Esprit de prière : au cours de la journée, la prière intérieure jaillit du coeur, sans effort de notre part. Il « suffit » d’accueillir Celui qui prie en nous et de nous unir librement et volontairement avec Lui. « Voici que je suis avec vous tous les jours » avait dit Jésus : il le fait par son Esprit Saint.

Saisi par cet amour, le coeur s’ouvre d’une manière nouvelle au prochain, avec une attention et une écoute qui viennent de Dieu et dépassent nos propres capacités. Nous sommes portés vers le prochain par le Seigneur lui-même. Et c’est encore lui qui envoie vers nous ceux qu’il veut, pour que nous leur rendions service.

Comme à Saint Pierre, le jour de la Pentecôte. nous reviennent alors à l’esprit les paroles de l’Ecriture qui conviennent à la situation présente et l’éclairent de façon nouvelle. Comme à lui entre, nous sont donnés les mots pour annoncer clairement, avec conviction et douceur, que Jésus est vivant, qu’il est ressuscité, qu’il est Seigneur, qu’il agit dans votre vie. « L’Esprit Saint vous rappellera tout ce que je vous ai dit » : Jésus avait promis cela et il tient promesse.

« Nul ne peut dire : Jésus est Seigneur, si ce n’est sous l’action de l’Esprit Saint ». L’effusion de l’esprit nous fait reprendre conscience de la seigneurie du Christ. Il nous donne d’en témoigner concrètement.

L’Evangile de la messe du dimanche nous semble alors spécialement écrit pour nous, aujourd’hui : il nourrit et éclaire concrètement notre journée, notre semaine. « C’est aujourd’hui que ces paroles s’accomplissent pour vous » (Lc 4, 21). Nous avons soif de la Parole de Dieu et lisons la Bible avec une ardeur nouvelle, avec goût et même avidité. Cette écoute de la Parole nous nourrit, nous comble. Désormais, par la Parole de Dieu, c’est Jésus lui-même qui nous parle au coeur. L’Esprit Saint nous donne l’intelligence des Ecritures. Tout cela se passe très simplement, comme naturellement et donne la paix intérieure. Nous savons que c’est un don gratuit de Dieu, que nous n’y sommes pour rien. Nous rendons gr^qce, nous exultons de joie et nous tentons de mettre cette parole en pratique.

L’Esprit Saint nous fait « saisir » Jésus présent dans l’eucharistie, comme jamais peut être auparavant : Dieu accroît notre foi. Nous avons le désir de mieux connaître Jésus, tous se Mystères, sa vie, son Eglise… Tout cela fait grandir l’espérance et la louange. En général, c’est à ce moment qu’on achète une Bible et les documents du concile ou le catéchisme de l’Eglise catholique… Ou bien, si nous les avions déjà, c’est avec un regard neuf que nous redécouvrons tout ce que nous croyions si bien savoir auparavant. Cette nouveauté, c’est l’Esprit Saint. La Parole de Dieu et celle de l’Eglise deviennent vraiment vivantes et « utiles » pour nous… Nous découvrons ou redécouvrons la beauté de l’Eglise, nous l’aimons sincèrement. Nous vivons des sacrements, plus en profondeur. Le Saint Esprit, l’Amour de Dieu est « efficace » en nous.

Après la Pentecôte, on trouve dans les Actes des Apôtres, la description de la première communauté chrétienne. Après l’effusion de l’Esprit Saint, le chrétien découvre ou redécouvre ses frères : sa famille, l’Eglise, la paroisse, le groupe de prière, le mouvement dont il fait partie. Il s’engage davantage.

Il s’agit alors de rendre grâce au Seigneur et de mettre en oeuvre ses dons dans le quotidien, de continuer à les accueillir simplement, dans la joie et d’essayer de les faire fructifier.

En effet, c’est dans cette grâce de l’effusion de l’Esprit Saint que sont nées, un peu partout dans le monde, de grandes oeuvres de compassion, de service social, médical, apostolique ou spirituel : l’effusion de l’Esprit Saint rend réaliste, sensibilise notre âme, notre imagination aux besoins du prochain, allume en nous une ardeur et un courage nouveaux au service du prochain, là où nous sommes. Nous ne faisons plus des oeuvres pour Dieu seulement, mais surtout avec lui, à sa suite, derrière lui… Cela change tout !

Extrait de la revue Il est Vivant! n° 143

 

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