Heureux les fragiles !

Alors que nous vivons l’événement des dernières semaines de la campagne de l’élection du Président de la République française, la liturgie nous oriente vers un événement d’une autre ampleur qui est la grande célébration de Pâques. Au terme du Carême, nous allons faire mémoire de la libération à laquelle toute personne aspire au plus profond d’elle-même quand elle a gardé sa conscience : la libération de ses péchés.

En préparation de la grâce de Pâques, l’évangile de ce dimanche 26 mars nous raconte une libération emblématique de Jésus : un aveugle de naissance retrouve la vue.

Il est l’occasion de nous mettre à la place de personnes vivants une exclusion sociale. Le handicap, malheureusement, est un motif d’exclusion sociale. Trop souvent, la personne porteuse d’un handicap est regardée à partir de son seul handicap. En plus de la souffrance du handicap, son expérience quotidienne est rythmée par la peur, la pitié et la solitude. Pourtant, mystérieusement, ceux qui ont le privilège d’entrer en familiarité avec elle (c’est ce que j’ai vécu aux dernières JMJ en accompagnant un groupe avec ces personnes) découvrent le plus souvent dans cette relation une richesse insoupçonnée, transformatrice, une invitation à devenir plus humains ensemble. C’est ce que font vivre en image deux films remarqués sortis en février : Et les mistrals gagnants et Patients.

Philippe De LACHAPELLE, directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées, explique ce mystère. « La personne handicapée nous aide en effet à nous réconcilier avec la part fragile de chacun de nous. Etre soi-même en vérité, sans crainte du jugement des autres, est un chemin de liberté. Elle révèle que notre pleine dignité est dans notre être même, pas dans nos pouvoirs, nos richesses, nos apparences ».

Le Christ vient libérer l’aveugle-né de sa cécité pour que l’on rende gloire à Dieu. En final, il associe le fait d’être aveugle avec le fait d’être pur de tout péché : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais du moment que vous dites « nous voyons », votre péché demeure » (Jn 9,41). Reconnaissons donc que nos fragilités ne sont pas des obstacles à notre liberté. Si elles sont intégrées, elles nous aident à vivre l’humilité, vertu primordiale pour recevoir la libération de nos péchés et donc le bonheur.

Père Jocelyn PETITFILS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*