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Retrouver le sens du politique

Le 13 octobre dernier, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié un texte adressé aux Français intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Voici quelques extraits qui peuvent nous aider à éclairer de manière chrétienne un sujet d’actualité majeur en cette période électorale.

« Aujourd’hui, (…) plus que jamais, nous sentons que le vivre ensemble est fragilisé, fracturé, attaqué. Ce qui fonde la vie en société est remis en cause. Les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous. Alors même que l’aspiration au débat est forte, il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou sous une autre, n’est jamais très loin. (…)

Le constat n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, la politique dans notre pays ne cesse de voir son discrédit grandir, provoquant au mieux du désintérêt, au pire de la colère. Le temps qui passe voit le fossé se creuser entre les citoyens et leurs représentants et gouvernants. (…)

Si la politique au sens d’un fonctionnement et d’une pratique connaît un grave malaise aujourd’hui, c’est que quelque chose d’essentiel s’est perdu ou perverti. Et cela n’est pas de la seule responsabilité de la classe politique. Notre société, et plus largement toute vie en commun, ne peut pourtant pas se passer du politique. Le politique précède la politique, il ne se résume pas à sa mise en application. Il affirme l’existence d’un « nous » qui dépasse les particularités, il définit les conditions de la vie en société, tandis que la politique désigne les activités, les stratégies et les procédures concrètes qui touchent à l’exercice du pouvoir. (…) Ce qui doit fonder l’exercice de ce pouvoir c’est le politique, la recherche du bien commun et de l’intérêt général qui doit trouver son fondement dans un véritable débat sur des valeurs et des orientations partagées.

Notre société française connaît une grave crise de sens. Or le politique ne peut échapper à cette question du sens, et doit se situer à ce niveau. (…) En fait, pour aller plus loin, la seule question qui mérite d’être posée n’est-elle pas : qu’est-ce qui fait qu’une vie mérite d’être donnée aujourd’hui ? Pour quoi suis-je prêt à donner ma vie aujourd’hui ? La réponse est sans doute très personnelle et intime, mais elle dit quelque chose d’une vie avec les autres et des valeurs qui animent une société. A cet égard, il est toujours bon de regarder la place qu’une société accorde aux plus faibles, aux plus fragiles en son sein, pour savoir si elle est en bonne santé, ce qui la fait tenir dans ses fondements. Ce sont toujours eux en effet qui nous aident à retrouver l’essentiel et le sens de l’homme que toute société doit protéger ».

En tous les cas, rappelons-nous qu’ « en aucun cas on ne peut priver le bien commun de sa dimension transcendante, qui dépasse mais aussi achève la dimension historique. (…) Notre histoire – l’effort personnel et collectif pour élever la condition humaine – commence et culmine en Jésus : grâce à lui, par lui et pour lui, toute réalité, y compris la société humaine, peut être conduite au Bien suprême, à son achèvement. Une vision purement historique et matérialiste finirait par transformer le bien commun en simple bien-être socio-économique, privé de toute finalité transcendante, c’est-à-dire de sa raison d’être la plus profonde » (Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, § 170, Cerf, 2005).

Père Jocelyn

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