La parabole « clou de tendresse »

Voici un magnifique extrait d’un poème de Charles Péguy (Le Porche du mystère de la deuxième vertu) exaltant les trois paraboles de l’espérance que nous avons la grâce d’écouter ce dimanche :

« Toutes les paraboles sont belles, mon enfant, toutes les paraboles sont grandes, toutes les paraboles sont chères. Toutes les paraboles sont la parole et le Verbe, la parole de Dieu, la parole de Jésus (…). Toutes elles viennent du cœur, également, et elles vont au cœur, elles parlent au cœur. Mais entre toutes, les trois paraboles de l’espérance s’avancent, et entre toutes elles sont grandes et fidèles, entre toutes elles sont pieuses et affectueuses, entre toutes elles sont belles, entre toutes elles sont chères et près du cœur (…). Elles ont on ne sait quoi qui n’est pas, qui ne serait pas dans les autres. C’est peut-être qu’elles ont en elles comme une jeunesse, comme une enfance ignorée. Insoupçonnée ailleurs. (…)

Mais entre toutes ; entre toutes les trois voici la troisième parabole qui s’avance. Et celle-là, mon enfant, cette troisième parabole de l’espérance, non seulement elle est neuve comme au premier jour. Comme les deux autres ses sœurs. Et dans les siècles elle sera neuve, aussi neuve jusqu’au dernier jour. Mais depuis (…) deux mille ans qu’elle sert, et qu’elle fut contée à des hommes innombrables (…) elle a fait pleurer des hommes innombrables. Dans les siècles des siècles. (…) Elle a touché dans le cœur de l’homme un point unique, un point secret, un point mystérieux (…). Un point inaccessible aux autres. On ne sait quel point comme plus intérieur et plus profond. (…) Rien que d’y penser, rien que de la voir qui pourrait, qui saurait retenir ses larmes. (…) Unique. Elle est célèbre même chez les impies. Elle y a trouvé, là même, un point d’entrée. Seule peut-être elle est restée plantée au cœur de l’impie comme un clou de tendresse ».

Père Jocelyn

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