Archives de catégorie : Editoriaux

De la beauté pour l’été (une sélection de films)

L’an dernier, vous aviez eu droit à une sélection de livres pour l’été. Cette année, c’est une sélection de films qui vous est proposé et qui font du bien à notre cœur d’homme. Il s’agit de films de tout style, tout origine, toute époque et considérés comme des chefs d’œuvre. J’ai privilégié la qualité cinématographique plutôt que le caractère explicitement religieux car la beauté nous conduit aussi à Dieu.

  • QUAI DES BRUMES (France), de Marcel Carné, 1938, 1h31 : un des plus beaux films d’amour.
  • LETTRE D’UNE INCONNUE (Etats-Unis), de Max OPHULS, 1948, 1h26 : hymne à l’amour pur.
  • CHANTONS SOUS LA PLUIE (Etats-Unis), de Stanley DONNEN et Gene KELLY, 1952, 1h43 : joyau de la comédie musicale qui donne envie de vivre, de danser et de chanter.
  • LA STRADA (Italie), de Frederico FELLINI, 1954, 1h55 : éloge de la simplicité.
  • ORDET (la Parole) (Danemark), de Carl Theodor DREYER, 1955, 2h06 : un miracle !
  • AU HASARD BALTHASAR (France), de Robert BRESSON, 1966, 1h35 : conte moderne sur l’innocence de la nature face à l’homme.
  • ANDREÏ ROUBLEV (URSS), d’Andreï TARKOVSKI, 1969, 3h05 : itinéraire spirituel d’un artiste contemplatif au cœur de la Russie en plein chaos.
  • LE ROI ET L’OISEAU (France), de Paul Grimaud, 1979, 1h27 : conte philosophique contre tout totalitarisme.
  • ELEPHANT MAN (Etats-Unis), de D. LYNCH, 1980, 2h05 : la dignité humaine d’une « bête de foire »
  • PARIS TEXAS (Etats-Unis), de Wim WENDERS, 1984, 2h19 : magnifique reconstruction progressive d’un homme perdu et d’une famille déchiré (l’image choisie pour cet article est tirée de ce film)
  • AU REVOIR LES ENFANTS (France), de Louis MALLE, 1987, 1h44 : l’apprivoisement et l’amitié en temps de guerre.
  • MON VOISIN TOTORO (Japon), de Hayao MIYAZAKI, 1988, 1h16 : cultiver l’émerveillement.
  • CONTE D’HIVER (France), Eric ROHMER, 1992, 1h51 : Le surgissement de la grâce.
  • LA PROMESSE (France), de Jean-Pierre et Luc DARDENNE, 1996, 1h35 : valeur d’une promesse dans le monde moderne. Le combat spirituel d’un adolescent.
  • LA LIGNE ROUGE (Canada-Etats-Unis), de Terrence MALLICK, 1999, 2h50 : l’homme face à la beauté de la nature et au néant de la guerre.
  • GRAVITY (Etats-Unis), d’Alfonso CUARON, 2013, 1h30 : réconciliation d’une femme avec elle-même.

Père Jocelyn Petitfils

Migrants : séparer les enfants de leurs parents

Remarquablement précis, clair et évangélique, Mgr Denis Jachiet répond à Jean-Jacques Bourdin sur RMC / RMC-Découverte, le 21 juin :

> JJB : Dans une interview à l’agence Reuter, le pape François critique l’Europe sur l’immigration… Les catholiques sont hésitants, Monseigneur ? … Le pape François, lui, s’engage résolument, en faveur de l’accueil des migrants ! 

> Mgr DJ : Ah le pape, il n’hésite pas ! Ça c’est clair. 

> JJB : C’est la vocation de l’Eglise ! 

> Mgr DJ : C’est la vocation de l’Eglise. Parce que c’est inscrit dans l’évangile. C’est inscrit dans l’évangile que celui qui se présente n’est pas à considérer comme un paria ou comme un ennemi, mais comme quelqu’un qu’on doit accueillir. Alors ce principe-là, il est intangible. Il s’impose à tout le monde. Ça n’empêche pas qu’il y a effectivement un droit des États à réguler les flux migratoires, c’est la responsabilité des gouvernements de le faire. 

> JJB : Chacun son rôle ! 

> Mgr DJ : Chacun son rôle, et l’Eglise ne le nie pas. Simplement, cela doit être fait dans le respect des personnes. Dans le respect de la dignité de chacun, il y a des choses qu’on ne peut pas se permettre. 

> JJB : Oui, par exemple, ce qu’a voulu faire Donald Trump aux États Unis, à la frontière mexicaine. 

> Mgr DJ : C’est proprement scandaleux. Séparer un enfant de sa mère, c’est ne pas respecter simplement l’humanité elle-même et s’exposer à de très graves désordres. 

> JJB : Je crois que : « Vous ne pouvez pas rejeter les gens qui arrivent », a dit le pape François. « Vous devez les recevoir, les aider, les prendre en charge, les accompagner, et ensuite voir où les mettre ». Mais dans toute l’Europe ! Il s’adresse aux dirigeants européens ! 

> Mgr DJ : Oui, oui, le pape s’adresse à l’Europe. Il pense que l’Europe a des ressources pour pouvoir accueillir des personnes en migration, et pouvoir leur donner une possibilité d’intégration. Alors il y a la question démographique, qu’il évoque, mais je pense que c’est aussi toute l’histoire de l’Europe. 

> JJB : Mais j’entends déjà les critiques, Monseigneur. Critiques de ceux qui vont vous dire : « Oui, mais le pape, qui accueille-t-il au Vatican ? Oui, mais vous avez accueilli combien ? Trois mille migrants depuis janvier, c’est ça, hébergés par des communautés catholiques en France ? »

> Mgr DJ : Oui, on a différents programmes d’accueil. Beaucoup de paroisses se sont engagées à accueillir des familles de personnes en migration. On a aussi le programme des couloirs humanitaires qui a été signé avec le gouvernement. Pour l’instant on en est à une centaine de personnes, mais on espère que ça va monter jusqu’à 500 comme le prévoit ce programme. Bref, il y a des tas de mobilisations. En fait en France, on se rend compte qu’il y a des ressources importantes, non seulement pour pouvoir accueillir ceux qui sont dans la détresse, mais aussi pour les aider à s’intégrer, pour apprendre le français, pour entrer dans la culture française, etc. 

> JJB : Mais les prêtres, dans les paroisses, sont interrogés par les catholiques pratiquants qui viennent les voir, qui ne sont peut être pas totalement d’accord, non ? Il y a des peurs. Que leur répondez-vous ? 

> Mgr DJ : Il y a des peurs, c’est normal. Je crois qu’il faut d’abord les regarder. On en est victime, si on ne les regarde pas en face. De quoi avons-nous peur ? On a peur que le chômage augmente ? Ce n’est pas ce que prouvent les chiffres liés à l’immigration. On a peur que le niveau économique baisse ? Ce n’est pas ce que montrent les chiffres non plus. On a peur sans doute de gens qui n’ont pas la même culture et qui n’ont pas la même religion ? Eh bien regardons cela en face ! Regardons si ces personnes qui arrivent avec une autre culture et une autre religion, ça doit être considéré comme un défi ? ou comme quelque chose qui doit remettre en cause notre identité ? ou peut être de la partager.

Père Jean-Pierre Durand

Un saint qui a « du flair » !

Louis de Funès l’invoque dans Rabbi Jacob car il est familièrement associé à la prière de demande pour retrouver les objets perdus. Qui est-il ? Vous avez deviné : saint Antoine de Padoue ! Mais, il ne se limite pas à cette dévotion. Notre église a l’honneur d’avoir une statue le représentant. Pourquoi une telle vénération ?

Né en 1195 à Lisbonne, au Portugal, il décida en 1220 de devenir franciscain en voyant revenir les restes des premiers martyrs de cet ordre revenant du Maroc. Très rapidement, il étonne ses frères par ses talents de prédicateur et laisse son balai pour être envoyé porter l’Evangile dans les villes de Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C’est là (d’où son nom) qu’il meurt d’épuisement à 36 ans. Peu avant sa mort, un témoin raconta qu’il l’avait vu en train de bercer l’Enfant-Jésus lumineux dans ses bras. Le saint l’attesta. C’est pour cette raison qu’il est traditionnellement représenté avec l’Enfant-Jésus.

Le Pape Benoît XVI en 2010 l’évoquait en ces termes : « Saint Antoine « a fortement contribué au développement de la spiritualité franciscaine grâce à sa grande intelligence, à son sens de l’équilibre, à son zèle apostolique et à sa ferveur mystique… Il fut l’un des premiers grands théologiens des Frères Mineurs pour ne pas dire le premier ». Saint Antoine a composé un cycle de sermons tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l’Église, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses semons reprenaient toute la fraîcheur et la beauté de l’Évangile ».

Il aimait se recueillir dans la nature pour prier. On a retenu de lui un célèbre épisode où il prêcha aux poissons qui, du coup, se rassemblèrent autour de lui, hypnotisés par ses paroles. Son amour pour la création faisait qu’il empruntait dans ses sermons de nombreuses comparaisons avec les bêtes, les plantes et les jardins. C’est pour cette raison que nous nous mettons sous son patronage, à proximité de sa fête, le 13 juin prochain, pour bénir les animaux de notre quartier. Cette célébration se tiendra le dimanche 10 juin à 16h sur le parvis de l’église. Venez donc faire bénir vos joyeux compagnons ! Evitez quand même d’apporter vos pitons et autres tigres du Bengale…

Père Jocelyn Petitfils

Tout ramener à l’UN

Nous fêterons, au cours de ces deux week-ends, deux fêtes qui nous font entrevoir notre vocation ultime : par le Saint Sacrement, le Christ nous agrège à son corps, nous ramenant à l’unité avec lui, qui ne fait qu’un avec le Père et le Saint Esprit.

« Aux germes de désagrégation entre les hommes qui, à l’expérience quotidienne, apparaissent tellement enracinés dans l’humanité à cause du péché, s’oppose la force génératrice d’unité du corps du Christ. En faisant l’Église, l’Eucharistie crée proprement pour cette raison la communauté entre les hommes » (Vatican II, Lumen Gentium 1). Tout clivage, en particulier celui de la pauvreté si présent dans notre quartier, est aboli. « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie, tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger, et aussi : Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait… Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d’or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l’affamé, et avec ce qui te restera, tu orneras ton autel » (Saint Jean Chrysostome, homélie sur l’Évangile de Matthieu 50, 3-4).

C’est ainsi que l’humanité est en marche vers le Dieu UN. Celui qui se révèle comme trois personnes ne formant qu’un seul être concret. 

Tous les efforts de pardon, de concorde, de fraternité et de solidarité, de quelque façon que l’on décline le mot « communion », verront leur aboutissement dans l’humanité régénérée en la Trinité, une et éternelle.

Père Jean-Pierre Durand

Allez, hop, tous au Cénacle !

Qu’est-ce que le Cénacle ? C’est la pièce où les apôtres ont partagé le dernier repas de Jésus avant sa mort, la « Cène », et pendant lequel il a institué l’Eucharistie et lavé les pieds de ses apôtres. Après l’Ascension, les apôtres, la mère de Jésus ainsi que d’autres disciples s’y sont retrouvés afin de prier ensemble selon la recommandation de Jésus pour se préparer à recevoir l’Esprit Saint. Par conséquent, vivre au Cénacle, c’est faire une expérience communautaire peu banale : demander la sainteté. Malheureusement, trop souvent, nous cherchons à être saints seul, en oubliant que la sainteté se reçoit par notre lien à l’Eglise et en particulier à la communauté locale dans laquelle nous grandissons. Gaudete et Exsultate,la récente exhortation du Pape François sur l’appel à la sainteté, véritable trésor spirituel, évoque ce sujet. Voici quelques extraits : « la sanctification est un cheminement communautaire, à faire deux à deux. C’est ainsi que le reflètent certaines communautés saintes. En diverses occasions, l’Eglise a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Evangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres. Souvenons-nous (…) du récent témoignage des moines trappistes de Tibhirine (Algérie), qui se sont préparés ensemble au martyre. Il y a, de même, beaucoup de couples saints au sein desquels chacun a été un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre époux. Vivre ou travailler avec d’autres, c’est sans aucun doute un chemin de développement spirituel. (…) La communauté qui préserve les petits détails de l’amour, où les membres se protègent les uns les autres et créent un lieu ouvert et d’évangélisation, est le lieu de la présence du Ressuscité qui la sanctifie selon le projet du Père » (n° 142,143 et 146). Travaillons à notre sanctification commune et en particulier à l’occasion du prochain temps fort de notre année missionnaire les 26 et 27 mai prochains !

Père Jocelyn Petitfils

Demeurez en mon Amour

Ce dont le monde a le plus besoin : Agapè, Caritas, Amour. « Demeurez en mon Amour« , dit le Christ.

Pour vivifier le monde, le Christ ressuscité se fait vigne et nous, sarments. La sève de son Amour se fraie un passage dans nos coeurs.

Il ne désire pas produire des chrétiens comme un charpentier fabrique des poutres et des chevrons. Il ne s’agit pas d’endoctriner mécaniquement des adeptes. Mais de transmission de la Vie. Qu’il nous greffe sur Lui. Et fasse de nous ses frères, d’autres Christs.

« Comme un artiste utilise un instrument et en tire quelque chose au-dessus de sa nature d’instrument : de la joie, de la tristesse, de la prière, quelque chose d’humain, de-même, Dieu, par la grâce créée infusée en notre âme, nous a adapté à lui pour tirer de nous quelque chose de divin. D’où le fruit porté, qui lui rend gloire.

La grâce vient dans l’essence de l’âme, le tronc, puis va répandre dans nos facultés (les branches) les vertus théologales (foi, espérance et charité).

Transplantation en nous des principes de connaissance et d’amour qui sont infinis en Dieu » (Cardinal Journet).

L’homme s’achève dans le Christ, y trouve son plein accomplissement. Libéré de ses péchés, de ses avidités, de ses erreurs et ignorances, pourvu qu’il demeure dans l’Amour du Christ et sa Parole. Les premiers chrétiens « étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42).

Être assidu ou demeurer, n’est-ce pas équivalent ? Plutôt que de picorer de-ci de-là, et ne pas s’enraciner. Au contraire, s’approfondir dans la connaissance du Christ qui surpasse toute connaissance, pour avoir part à sa Charité, « avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Ph 3, 10).

Père Jean-Pierre Durand

Au secours, une 2nde mise en « quarantaine » !!

Depuis le 1er avril, nous voici entrés dans le temps pascal. Je ne sais pas si vous avez saisi, mais après avoir vécu 40 jours pour apprendre à mieux aimer Dieu et ceux qui nous entourent par le jeûne, la prière et le partage, nous voici embarqués à nouveau dans une nouvelle « quarantaine ». Encore une ! Pas de panique. C’est vrai que le nombre 40 a une symbolique forte. On sait que c’est le nombre d’années durant lequel le peuple Hébreu a marché dans le désert après sa sortie de l’esclavage d’Egypte. C’est aussi le nombre de jours durant lequel Jésus a été au désert, tenté par le démon. Ces deux références nous sont utiles en temps de Carême. Le Carême étant un temps de pénitence, le désert est le lieu propice au recueillement, au silence pour se préparer à l’avènement de notre salut, Pâques. Mais, ayant été libéré par la victoire de Jésus sur la mort, par sa Résurrection, pourquoi se remettre alors en « quarantaine » ? Quel mal avons-nous fait pour mériter cela ?

En réalité, le temps pascal est un temps pour apprendre à vivre en ressuscité, en être vivant, plein « de joie et d’allégresse » comme nous y invite le Pape François dans sa toute nouvelle exhortation apostolique publié le 9 avril. Le piège dans lequel nous pourrions tomber, c’est de croire que comme le Carême est passé, nous n’avons plus à faire d’effort pour nous convertir. Nous pourrions retourner à nos vieilles habitudes de péché. Or, vivre en ressuscité est tout un programme ! Cela mérite bien de se poser 40 jours pour méditer sur ce mystère immense : Jésus nous donne part à sa Résurrection ! Pour être plus précis, le temps pascal dure 50 jours car il nous est donné 10 jours de plus entre l’Ascension de Jésus au Ciel et la Pentecôte, 10 jours pour se préparer à recevoir l’Esprit Saint. Dans l’Exode, le nombre 40 est aussi utilisé pour préparer un autre événement : le don de la Loi. Cet événement est propice à nourrir notre foi durant le temps pascal. Moïse a passé ainsi 40 jours sur le Mont Sinaï avant de recevoir les tables de la loi, utiles pour aider le peuple nouvellement libéré de l’esclavage d’Egypte à ne pas retomber dans un autre esclavage, plus redoutable encore : celui du péché. Il est dit que durant cette période « la gloire du Seigneur s’établit sur le Mont Sinaï » et qu’elle avait l’aspect d’une flamme dévorante. Il est même dit que Moïse pénétra dans cette flamme !

Brûlons nous aussi de l’amour de Dieu durant ce temps pascal, en vivant au-dedans de la flamme ardente du Christ ressuscité. Amen, Alléluia !

Père Jocelyn PETITFILS

« Christ est ressuscité ! Vraiment, il est ressuscité ! »

Nous en sommes témoins !

Il nous a donné de participer à sa victoire en nous tirant de nos tombeaux.

Dans la libération de nos péchés, de nos haines, de nos égoïsmes, de nos divisions et de nos incroyances, nous avons vu la victoire, en nous, du crucifié.

A chaque fois qu’un homme de bonne volonté  se tourne vers son prochain, dans la justice et la paix, nous voyons le Christ ressuscité élargir son règne.

Lorsque la cause des petits et des sans voix est défendue, quand des personnes risquent leur vie pour les victimes de la haine et de la violence, c’est le Christ vivant qui éclaire, qui libère et qui sauve.

Nous le voyons dans le monde : le Christ est ressuscité !

La miséricorde divine est à l’œuvre aujourd’hui. Nous en sommes les bénéficiaires conscients. Et combien n’avons nous pas vus d’hommes et de femmes trouver la force de se convertir de leurs fautes et se relever ? Le Christ glorieux, à leur insu, les attirant à lui.

Dieu fait grâce. Par sa résurrection le Christ est entré au Ciel et la porte du Ciel demeure toujours ouverte.

Tout en demeurant un lieu de combat, le monde ne s’enfonce pas dans un mal toujours croissant. La miséricorde divine donne toujours à chaque homme la possibilité d’être sauvé. La fatalité de l’enchainement de la haine et de la violence n’a pas le dernier mot. Dans ce lieu de combat, le mal n’a pas la victoire définitive, mais bel et bien le Christ vainqueur. Des souffrances mêmes subies par les hommes apparaît un long un travail d’enfantement. Comme en témoigne l’histoire personnelle de chacun des baptisés de Pâque.

Le Christ engendre à la vie de nouveaux enfants de Dieu.

Père Jean-Pierre Durand

La gloire de la Croix

Au début du mois de mars, j’ai vécu une retraite durant laquelle j’ai lu le livre La Baraque des prêtres, Dachau 1938-1945 de Guillaume Zeller. On y raconte l’histoire tragique du regroupement des prêtres des différents camps de concentration d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale au camp de Dachau en Allemagne. 2720 religieux, prêtres catholiques et séminaristes ont vécu dans cette entreprise de déshumanisation de masse dont un peu plus de la moitié reviendront. Cette histoire n’est pas étrangère à notre quartier. En effet, il se trouve que deux des prêtres de St Joseph artisan ont été arrêtés et déportés à ce camp : les pères Joseph Benedict Stoffels né en 1895 et Nicholas Anthony Wampach né en 1909. Tous deux étaient chez nous en mission auprès des 20 000 ressortissants du Luxembourg habitants Paris et sa région.

Ils aidaient les réfugiés qui avaient fui de chez eux dans le désarroi de la guerre. « Dans un journal, on lit : « La Gestapo (la police secrète nazie) soupçonnait ce travail purement charitable… d’être de l’espionnage ». Après plusieurs interrogatoires et emprisonnements vers la fin de 1940, les deux prêtres furent finalement arrêtés le 7 mars 1941 et envoyés à Buchenwald, pour être transférés plus tard à Dachau » (Bothe, p. 19).

Au cœur de l’enfer de Dachau, nos deux prêtres ont surement prié et offert de nombreux sacrifices pour la conversion des fidèles de l’église de St Joseph. Ils moururent l’un en mai et l’autre en août 1942, asphyxiés en chambre à gaz. C’était il y a 75 ans et je pense que nous bénéficions encore de leur intercession du haut du Ciel. Dans notre église, on retrouve un mémorial en l’honneur des deux martyrs morts pour leur foi et leur souci de la justice. Les circonstances historiques ont fait qu’ils ont épousé les souffrances du Christ jusque dans la mort.

Dans les dernières semaines qui nous mènent vers le sacrifice du Christ et sa résurrection à Pâques, continuons d’offrir nos souffrances et nos privations pour la conversion des pécheurs. Cherchons à plaire non à nous-mêmes mais au Seigneur, lui qui « a porté nos souffrances, a été transpercé à cause de nos crimes, a été écrasé à cause de nos fautes » (Is 53,4-5) mais qui nous a, par ce biais, mystérieux rendu à la vie.

Père Jocelyn Petitfils

Les scrutins des catéchumènes

Durant les messes de 11h des trois prochains dimanches, nous reliront les textes de l’année A pour accompagner les catéchumènes dans leurs scrutins. C’est leur ultime étape avant le baptême. Mais c’est l’occasion pour chacun de nous de revivre le mystère de notre régénération :

Le troisième dimanche de Carême est lu l’évangile de la Samaritaine à qui le Christ donne l’eau vive. « La soif torture les hommes en ce monde, et ils ne comprennent pas qu’ils se trouvent dans un désert où c’est de Dieu que leur âme a soif. Disons donc, nous : “Mon âme a soif de toi.” Que ce soit le cri de nous tous, car unis au Christ nous ne faisons plus qu’une seule âme. Puisse notre âme être altérée de Dieu. Les yeux fixés sur la résurrection du Christ dont Dieu nous donne l’espérance, au milieu de toutes les carences qui nous accablent, monte en nous la soif de la vie incorruptible. Notre chair a soif de Dieu » (St Augustin).

Le quatrième dimanche de Carême est lu l’évangile de l’Aveugle-né guéri et illuminé par le Seigneur. « L’aveugle se lava les yeux à la piscine de Siloé, Siloé qui veut dire envoyé. Autrement dit, il fut baptisé dans le Christ. Si donc Jésus lui ouvrit les yeux en le baptisant en lui, d’un certaine manière on peut dire qu’il fit de lui un catéchumène quand il lui fit une onction sur les yeux » (St Augustin).

Le cinquième dimanche est lu l’évangile de la résurrection de Lazare à qui le Christ rend la vie. « Écoutez, écoutez ce que dit Jésus : “Je suis la résurrection et la vie.” Toute l’attente des Juifs était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Écoutons, nous aussi, et ressuscitons avec lui. Il est la résurrection parce qu’il est la vie. “Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra” ; même s’il est mort comme Lazare, il vivra ; parce que Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (St Augustin).

Père Jean-Pierre Durand