Archives de catégorie : Editoriaux

Saint André Bessette, un ami de saint Joseph

Le 19 mars, nous célébrerons la fête de saint Joseph, époux de Marie. C’est le moment d’honorer notre saint patron ! A cette occasion deux messes solennelles et une veillée de prière ponctueront la journée. Il s’agit d’un grand événement pour notre église car de nombreux pèlerins viendront spécialement ce jour-là. Durant la soirée, il sera proposé pour la première fois la démarche de recevoir sur le front une onction d’huile, une huile qui provient du plus grand sanctuaire consacré à lui du monde à Montréal au Canada et qui y brûle devant la statue du saint. Cette initiative vient de saint André Bessette (1845-1937). J’ai fait la découverte de ce saint, fidèle ami de saint Joseph, il y a peu et j’avoue qu’il mériterait d’être bien plus connu. C’est vrai qu’il a été canonisé récemment, en 2010, par Benoit XVI.

Il est considéré comme l’homme religieux le plus célèbre du Québec. C’est une magnifique figure de sainteté car l’œuvre de Dieu y éclate pour la simple raison qu’il était dépourvu de talent humain. Petit de taille, malade chronique, illettré, de nature simple, n’étant à l’aise dans aucun travail, il a connu jeune l’épreuve de la mort de ses parents. Mais, le Seigneur l’a choisi pour faire fructifier ses dons et le montrer au monde. Adolescent et adulte, il tente d’exercer divers métiers sans jamais réussir à trouver sa voie.

Finalement, à 25 ans, il entre dans la congrégation de Sainte-Croix. Ses supérieurs le chargent d’une petite tache, celle de portier d’un collège, qu’il gardera très longtemps. Il en fera une plaisanterie, en disant  qu’à son entrée en communauté on lui a « montré la porte » et qu’il l’a gardée durant presque 40 ans. C’est l’homme à tout faire du collège. Très tôt, dévoré par la prière, il manifeste des dons de thaumaturge par l’intersession de saint Joseph et bientôt la foule viendra le voir à la porte du collège pour obtenir des guérisons qui seront très nombreuses tout au long de sa vie. Il décide de lancer la construction d’une immense basilique dédiée à saint Joseph qui sera érigée avec l’arrivée nombreuse de dons.

A sa mort, à 91 ans, ayant rayonné dans tout le continent américain, 1 million de personnes viendra défiler pendant une semaine pour un dernier hommage à cette figure discrète. Il manifestait une charité sans borne et s’efforçait de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui. Il exhortait ainsi : « Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves, demandez plutôt la grâce de bien les supporter ». Un bon conseil à suivre en ce temps du Carême.

Père Jocelyn PETITFILS

Carême : le temps de la taille

Généralement, nous voyons sans joie venir le temps du carême. Cependant, « tout arbre bon donne de bons fruits, tandis que l’arbre mauvais donne de mauvais fruits » (Mt 7, 17). Plutôt que de s’obnubiler sur les fruits à porter, le carême porte notre attention sur l’arbre que nous sommes. C’est le moment de l’entretenir, si nous voulons une bonne récolte.

Or un arbre fruitier, il faut le tailler. On peut imaginer l’appréhension de l’arbre qui voit approcher le sécateur. Mais lorsqu’il sait (ce qui est notre cas) tout le bénéfice qu’il en retirera, il s’y prête volontiers.

La première chose à faire, dans la taille de l’arbre fruitier, c’est de couper le bois mort. Toutes ces branches et brindilles dans lesquelles la sève ne circule plus. Sans parler des branches malades qui risquent de contaminer l’arbre entier. La santé de votre arbre n’en sera que meilleure. Vous m’avez compris, il y a dans nos vies des choses qui ne servent à rien. Les heures passées à faire une réussite ou à regarder la télé… Elles ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont improductives. Si elles se multipliaient, elles nous détourneraient totalement de l’essentiel. N’est-ce pas le moment d’utiliser le sécateur pour qu’elles reviennent à de plus justes proportions ? Quant aux activités qui nous font flirter avec les tentations, les péchés plus ou moins graves dans lesquels on glisse si facilement, elles pourraient compromettre tout l’arbre si nous n’y prenions garde. Quelques bons coups de sécateurs à base de bonnes résolutions pourraient être vraiment nécessaires. Ce sera tout l’effort du jeûne.

Deuxièmement, pour tailler un arbre fruitier, consiste à orienter. Inutile de laisser partir les branches verticalement, la sève les irriguant plus difficilement, elles porteront moins de fruits. Pour porter du fruit, il y a tellement de choses bonnes ou intéressantes à faire qu’il faut abandonner car ce n’est tout simplement pas là que Dieu nous attend réellement. Ce seront nos efforts pour nous recentrer sur l’essentiel : aimer son prochain (faire son devoir d’état, partager, prendre soin des autres…) et aimer Dieu lui-même (la prière, les sacrements, la lecture de la Parole de Dieu…).

Sans oublier enfin : favoriser les bourgeons qui naissent. Ces dons spéciaux que Dieu désire pour chacun de nous et qu’il cultive lui-même. Dans ce temps de carême, sachons aussi nous laisser faire par le Cultivateur.

Père Jean-Pierre Durand

Bon comme le Seigneur est bon

On voyait à la TV il y a quelques temps une brave dame qui en était venue à promener son chien dans son quartier en se munissant d’un pistolet à grenaille. Après tout, elle a bien le droit de se défendre. On vit dans un monde violent, peut être pas plus qu’à une autre époque, mais le fait est qu’il est violent.  À trop regarder cette violence, ne le devenons-nous pas nous-mêmes ?

Les paroles du Seigneur des deux prochains dimanches nous prennent à contre-pied : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ; « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ». Comment les comprendre ? Comment les mettre en pratique ?

Une figure, entre autres, nous montre le chemin : Charle de Foucauld (assassiné le 1er déc. 1916).

Mgr Maurice Bouvier, postulateur de sa cause de canonisation :

Le contact que Charles de Foucauld désire avoir en permanence avec Celui qui est son « Modèle Unique », son Frère bien-aimé dont il veut être le « petit frère » [Jésus], se réalise de façon privilégiée par son amour de l’Evangile et de l’Eucharistie. Il a passé de longs moments à lire et à méditer l’Evangile où il retrouve les paroles et les exemples de Jésus qu’il veut imiter et suivre par amour, et il conseille à ses amis de mettre dans leur vie ces moments d’intimité avec le Seigneur : « Il faut tâcher de vous imprégner de l’esprit de Jésus en lisant et relisant, méditant et reméditant sans cesse ses paroles et ses exemples : qu’ils fassent dans nos âmes comme la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place… ». Il a aussi passé de longs moments devant le Saint Sacrement où sa foi lui dit que Jésus est présent avec toute sa puissance de salut pour le monde. Ainsi Charles de Jésus a-t-il été fidèle à ces « deux tables » où, selon la foi de l’Eglise, Jésus continue sa présence au milieu des siens « tous les jours jusqu’à la fin des temps ».

Père Jean-Pierre Durand

Viva la vie consacrée !

Si on demande à un enfant : « qu’est-ce que l’on fête à la Chandeleur ? », la réponse qui suivra immédiatement sera : « On fête les crêpes ! » En fait, au-delà de la tradition populaire, il s’agit de la fête de la Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple 40 jours par ses parents après sa naissance, donc le 2 février. Marie et Joseph respectèrent la prescription juive qui demandait que « tout premier-né mâle soit consacré au Seigneur » (Ex 13,2.11-13). C’est ce jour-là qu’un vieillard, Syméon, poussé par l’Esprit Saint, prophétisa que cet enfant était le salut, la lumière des nations et la gloire pour Israël (Lc 2,30-32). La fête s’appelle la chandeleur parce qu’on y bénit et allume les chandelles lors de la messe pour se rappeler que Jésus est bien notre lumière, « la lumière qui brille dans les ténèbres et que les ténèbres n’ont pas saisi » (Jean 1,5).

Jean-Paul II en 1997 décida d’instaurer le même jour une fête pour les personnes consacrées à Dieu : prêtres, religieux, religieuses, vierges et frères consacrés. Ces personnes ont tellement été bouleversées par la personne du Christ qu’elles ont décidé de l’imiter dans le don de lui-même pour répandre dans le monde son salut. Comme il s’est  livré par amour de Dieu son Père et des hommes jusqu’à l’offrande suprême de la Croix, elles veulent se donner à Lui et tout abonner pour marcher à sa suite. Nous pouvons à cette occasion faire mémoire de toutes les personnes consacrées qui, au cours de notre existence, nous ont montré le chemin de Dieu et sa beauté. On ne mesure pas la richesse de la ville de Paris qui regorge de personnes consacrées à Dieu. Rien que sur le territoire de la paroisse St Joseph, quatre communautés religieuses y résident : les Servantes des pauvres d’Angers qui comptent 10 sœurs qui prient et servent les personnes malades ou fragiles à domicile ou dans leur dispensaire sur le quai Valmy ; les Sœurs de Jésus-Marie qui s’occupent d’un foyer de jeunes étudiantes rue Parodi ; les sœurs de la communauté de Saint-Jean qui prient et servent le Seigneur dans leur travail séculier ; les sœurs de la communauté Aïn Karem qui animent la paroisse Ste Claire d’Assise (Paris XIXè).

Rendons grâce à Dieu pour ces vies données pour apporter au monde la lumière du Christ !

Jésus change l’eau en vin

A Cana, Jésus accomplit le premier des signes par lesquels il sera reconnu comme le Messie.

D’anciennes traditions juives, qui avaient cours au temps de Jésus, disaient que Dieu, à la suite de la création du monde en 6 jours, avait gardé en réserve du vin pour le jour de la venue du Messie. Ce jour où, après avoir tout créé, il faut que Dieu vienne tout sauver, tout sanctifier, tout vivifier de sa vie. Opérer ce saut qui permet non plus simplement de vivre, voire de survivre, mais de vivre pleinement. Passer de l’hiver au printemps : une vie nouvelle. En changeant l’eau en vin, à Cana, Jésus affirme que ces temps nouveaux sont arrivés.

« Aujourd’hui, affirme le Christ, ce passage de l’Ecriture s’accomplit ». Dieu ouvre une porte. En commençant une nouvelle année, avec l’évangile de Saint Luc, nous voulons passer cette porte, pour que d’année en année, en mettant en oeuvre l’évangile, le Seigneur nous fasse passer les portes successives jusqu’à l’irruption de ce vin dans nos vies. Comme un approfondissement, en notre coeur, vers ce lieu le plus profond de notre âme où Dieu habite, mais dont l’accès est encombré de tant d’obstacles. Lieu où coule le fleuve d’eau vive, l’Esprit Saint, qui ne demande qu’à jaillir pour tout irriguer, mais qu’il faut désencombrer pour qu’il accède à la surface et irrigue toujours davantage notre vie.

L’Évangile s’ouvre devant nous, en cette nouvelle année, comme une invitation supplémentaire à avancer avec Jésus. Par sa Parole, la sagesse éternelle nous interpelle sur la seule et unique question : l’Esprit Saint anime-t-il notre vie ? L’eau est-elle changée en vin pour nous ? Dans quelle mesure ? Le Seigneur creuse notre soif en même temps qu’il ouvre, par sa Parole, les sources de la vie. Puissions-nous nous mettre à son écoute pour la mettre en pratique.

Père Jean-Pierre Durand

Messire, une nouvelle année de grâce !

Jadis, une heureuse coutume existait en France : faire précéder le numéro de l’année par l’expression « l’an de grâce » comme on entend par exemple au début du fameux film Les visiteurs avec Jacquouille la Fripouille. D’où vient cette expression ? Pourquoi elle n’est plus utilisée ?

Cette expression aurait été utilisée dans les documents officiels dans un sens précis sur une courte période de notre Histoire nationale : entre 1300 environ et 1569. Durant cette époque, la date de début d’année n’était pas encore fixée au 1er janvier mais variait en fonction des régions de France. Soit elle commençait le 25 décembre, jour de la Nativité de Jésus, alors elle prenait le nom d’ « an de grâce ». Soit elle commençait le 1er janvier comme l’avait ordonné le Pape Libère depuis l’an 352, reprenant la décision de Jules César de 46 avant Jésus-Christ selon son calendrier « julien ». Soit enfin, elle commençait le 25 mars, jour de l’Annonciation de Marie par l’Ange Gabriel qu’elle enfanterait le Sauveur, alors elle prenait le nom d’ « an de l’Incarnation » puisqu’il s’agissait de la fête de l’incarnation de Jésus dans le sein de Marie. Il fallut attendre une décision du roi Charles IX de 1569 pour que l’édit du Pape Libère soit finalement respecté et étendu à tout le Royaume de France.

Cette belle expression d’ « année de grâce » est tombée peu à peu en désuétude dans les documents officiels à partir de 1569. Pourtant, elle aurait mérité de subsister tant il est vrai que chaque année que fait le Bon Dieu est une année de grâce. Dieu nous donne une année de plus à vivre et c’est une déjà une joie immense ! Nous pouvons aussi lui rendre grâce pour la nouvelle année pour tout ce qu’il va nous donner comme signes de son amour. Bien sûr, il y aura des épreuves à vivre, des passages difficiles. Mais le simple fait de nous savoir aimés par Lui alors que nous ne le méritons pas, étant pécheurs, devrait nous combler de paix chaque jour.

Par conséquent, si vous me permettez, je souhaite que l’an de grâce 2019 porte bien son nom pour vous et vos proches !

Père Jocelyn Petitfils

Joyeux Noël, gilets jaunes

Par des manifestations de grande ampleur, les gilets jaunes ont rappelé à l’ensemble des Français que la pauvreté gagne de nouveaux terrains. Des personnes qui autrefois gagnaient correctement leur vie ne parviennent plus à terminer leur fin de mois. Ce ne sont plus seulement des personnes immigrées, comme dans les années 70, ou des chômeurs, au tournant du siècle (la « fracture sociale »), mais des travailleurs ou des retraités qui sont pauvres aujourd’hui. Cette paupérisation vous atteint peut être également. Et en ces fêtes de fin d’année, la surenchère des vitrines et des cadeaux fait alors durement éprouver le manque de pouvoir d’achat.

Le signe du Fils de Dieu dans la crèche indique un trésor caché. Il vient comme un pauvre, pour nous rencontrer, nous, les pauvres et devenir notre richesse. Richesse de celui qui se sait aimé de Dieu et entouré de ses frères. Richesse de celui qui goûte l’amour tout simple de sa famille. Richesse de la plénitude de ceux dont les nuages de cotillons ne masquent pas le vide intérieur.

Les moines et les moniales, prophètes du Seigneur pour notre monde, tracent un chemin où la sobriété côtoie la lumière. D’autant plus près du Seigneur qu’ils sont plus loin de l’accessoire. Ils savent rejoindre l’essentiel et en vivre. Dans le dépouillement et la paix de la crèche de Bethléem, apparaît, sans fard ni apparat, notre Vie.

« En lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité. En lui, vous êtes pleinement comblés » (Colossiens 2,9-10).

Joyeux Noël à chacun !

Père Jean-Pierre Durand

Fioretti de la mission

Cela fait plusieurs jours que la grande semaine missionnaire à St Joseph artisan est lancée. Beaucoup de belles rencontres et événements ont déjà été vécus. Voici quelques témoignages recueillis :

« Virginie, une personne non baptisée mais en recherche de Dieu a été rencontrée en évangélisation de rue mardi dernier. En binôme, nous l’avons interpellé pour savoir si elle voulait parler avec des catholiques. Elle a répondu qu’elle détestait les catholiques et ses dogmes même si son père était de culture catholique. Elle nous a expliqué qu’elle croyait en l’Islam après avoir été un temps chez les protestants et qu’elle ne reviendrait plus jamais chez les chrétiens. Elle trouvait que le Coran était rempli de miracles et bien mieux écrit que la Bible. Elle a insulté la Bible avec virulence de manière surprenante, révélant un vrai combat intérieur. Au bout d’un long moment d’écoute, nous avons compris qu’elle était en recherche authentique de Dieu depuis l’enfance mais qu’elle était très isolée sur cette question, qu’elle désirait prier depuis de nombreuses années sans pouvoir y arriver. Nous lui avons proposé de prier pour elle, ce qu’elle a accepté. Elle s’est mise à pleurer, avouant que c’était la Providence qui avait fait que nous la rencontrions. Elle nous a beaucoup remerciés en partant, très émue de cette rencontre. Nous avons eu le sentiment d’avoir assisté en direct à une conversion » (Sophie et Père Jocelyn).

« Dans l’un des magasins qui a accepté une crèche (faite par les enfants de l’école St Laurent, à mettre en vitrine), c’est la vendeuse musulmane qui a appelé sa collègue chrétienne pour savoir si le patron juif avait donné son accord ! » (Julien)

« Après avoir frappé à plusieurs portes sans succès, on est arrivé dans une maison au fond d’une allée, un monsieur nous a ouvert la porte. Il nous a tout de suite invité à rentrer chez lui. Il a appelé sa femme, il nous a présenté à elle. Nous avons dit que nous venions de la paroisse St Joseph artisan. Ils ont dit qu’ils n’étaient pas baptisés mais qu’ils aimaient beaucoup l’église et la paroisse avec sa cour paisible, qu’ils étaient déjà venus aux journées d’amitié. Ils ont proposé de donner à la paroisse une boite de décoration de Noël. La dame nous a invités à nous asseoir à prendre un café. La conversation a été profonde. Chacun de nous avons pu témoigner pourquoi il croyait en Dieu. Un des enfants, de 14 ans, était là. Face aux gilets jaunes, ils ont reconnu que le manque le plus profond de notre pays, c’était Dieu. On leur a proposé de prier pour eux. Ils ont accepté ne sachant plus vraiment les paroles du Notre Père. Ils ont demandé que nous priions pour leur voisin atteint d’un cancer et leur propre famille. Une parole de Dieu a été tirée au hasard par eux parmi des papiers. Cette parole les a vraiment touchées. Ce fut magnifique d’être vraiment bien accueilli par cette famille. Ils ont pris un programme des activités de la paroisse » (Nicolas et un jeune de l’année St Joseph qui discerne sa vocation).

Gloire à Toi Seigneur pour ton œuvre dans les cœurs !

« Demandez et vous recevrez »

Lors de la sortie à Reims, le 6 octobre, portés par la multitude des saints dont les reliques reposent dans la basilique Sainte Clotilde, nous avions prié pour la mission paroissiale qui débutera maintenant dans quelques jours.

Nous nous posions déjà les mêmes questions qu’aujourd’hui : nous et la paroisse, sommes-nous prêts ? Avons-nous réellement changé au cours de cette année et demie de préparation pour devenir des missionnaires ? Avons-nous bien pensé à tout ce que requièrent nos activités pour qu’elles fonctionnent ? Avons-nous seulement les moyens nécessaires pour cette entreprise ?

La parole que nous reçûmes du Seigneur, tirée de Saint Matthieu fut : « Demandez et vous recevrez » (Mt 7, 7). Une promesse, un appel à la foi, à croire que le Seigneur peut davantage et à aller de l’avant.

Toute l’équipe préparatoire de la mission paroissiale a travaillé de longs mois et a donné le meilleur d’elle-même pour que cette mission ait lieu. Et en même temps, ce ne sont que « cinq pains et deux poissons », pour tant de monde… On sait comment le Seigneur s’en est servi pour nourrir la multitude.

Le vendredi 30 novembre, à 20h, nous célèbrerons la messe pour lancer la mission. Vous êtes tous conviés à cette messe. Nous offrirons au Seigneur notre humble travail, nos efforts et tout ce que nous avons réalisé, avant d’entrer, le 1er décembre, dans cette mission paroissiale. Nous lui en demanderons le fruit dont lui seul a le secret. Sachant que sa puissance est capable d’opérer bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer. D’opérer le miracle de changer les coeurs.

Cette mission n’est pas l’oeuvre ou l’apanage d’un groupe. Chacun est vraiment appelé à y participer en y apportant sa pierre. Au fond de l’église, vous trouverez les tableaux où vous inscrire selon vos disponibilités et vos talents : la prière, l’accueil, le matériel ou la rencontre. Pour que le Seigneur multiplie votre don et que votre joie soit parfaite.

Père Jean-Pierre

Un seul peut tout faire basculer

« Dix petits chrétiens sortirent de la messe. L’un d’eux trouva le sermon barbant ! Il n’en resta plus que neuf. Neuf petits chrétiens prièrent jour et nuit. L’un d’eux n’obtint pas la place qu’il voulait. Il n’en restait plus que huit. Huit petits chrétiens se trouvèrent sur l’étroit chemin de la vie. L’un d’eux préféra la voie plus large. Il n’en resta plus que sept. Sept petits chrétiens se disputèrent âprement. L’un d’eux se fâcha vraiment et dit adieu. Il n’en resta plus que six. Six petits chrétiens parlèrent de la liturgie. L’un d’eux regretta le latin. Il n’en resta plus que cinq. Cinq petits chrétiens s’accrochèrent aux « traditions ». L’un d’eux entendit : « Ton Dieu est mort. » Il n’en resta plus que quatre. Quatre petits chrétiens, en militant eurent quelques mérites. L’un d’eux n’obtint pas de décoration. Il n’en resta plus que trois. Trois petits chrétiens qui eurent chacun, leurs idées. L’un d’eux devint millionnaire malhonnêtement. Il n’en resta plus que deux. Deux petits chrétiens se trouvèrent bien seul à deux. Ils se disputèrent la meilleure place. Alors, il n’en resta plus qu’un !

Un seul petit chrétien sincère, un homme rempli de pensées paisibles, se fit l’ami de son ennemi. Et voilà qu’ils étaient deux ! Deux petits chrétiens modestes se mirent au travail, joyeux. Ils ne demandèrent rien, mais partagèrent tout. Et voilà qu’ils étaient quatre ! Quatre petits chrétiens tout à fait ordinaires furent toujours prêts à rendre service. Chacun, secouru, se mit à secourir les autres. Et voilà qu’ils étaient huit ! Huit petits chrétiens de tempérament aimable. Sollicitèrent la bénédiction de Dieu, mais aussi le service des hommes. Et voilà qu’ils étaient neuf. Neuf petits chrétiens virent Dieu en leur prochain. Ensemble, ils chantèrent sa gloire. Et voilà qu’ils étaient dix ! Dix petits chrétiens vécurent la vie de Celui qui est la Vie. Comme lui, ils se dépensèrent au service, non au service d’une institution, mais au service de l’homme (et de Dieu bien sûr). Et voilà que, comme jadis, en un jour, ils devinrent mille… » (TREVET (Pierre), Paraboles d’un curé de campagne, tome III, éditions de l’Emmanuel, p. 142-143).

Notre mission paroissiale arrive à grands pas, dans moins d’un mois désormais. Que cette histoire nous aide à croire que le plus petit service que l’on donnera humblement durant cette mission pourra faire croitre le Royaume de Dieu et, nous l’espérons, toucher de nombreux cœurs.

Père Jocelyn PETITFILS