Archives de catégorie : Editoriaux

Evangéliser, c’est aimer

         Le souci du salut des âmes s’enracine dans notre communion au Christ qui, par son amour du genre humain, s’est fait homme pour que nous puissions devenir enfants de Dieu. Comme on le voit dans l’histoire de l’Église, à travers la multitude des saints, il communique son Amour pour les hommes sous une multiplicité de formes différentes où chacun trouve son appel particulier en même temps que son épanouissement propre. Mais c’est toujours l’amour du prochain qui est le moteur.
Or cet amour est une grâce à recevoir. Il n’est pas naturel d’aimer celui ne nous ressemble pas, que l’on a du mal à comprendre, dans son mode de vie ou ses idées. En définitive, d’aimer ceux qui sont autres, différents. « Si vous aimez vos amis, que faites vous d’extraordinaire ? » Tout le monde le fait déjà. Comme la petite Thérèse l’a si bien enseigné à l’Église, se mettre en mission c’est donc recevoir cet amour surnaturel, divin, qui se trouve dans le Cœur du Christ pour absolument tous les hommes. « Dans le cœur de l’Eglise, je serai l’amour », affirma-t-elle donc. L’Église la nomma sainte patronne des missions. A notre tour, recevons cet Amour. Puisons-le à la source du Cœur de Jésus dans l’adoration eucharistique et les sacrements. Allons le 11 novembre sur les traces de Saint Martin de Tours qui, enflammé du zèle pour le salut des âmes, fut déclaré « Apôtre de la Gaule ». Nous y demanderons au Seigneur une part de l’Esprit qui reposait sur lui pour qu’à notre tour, mû par l’amour du prochain, nous fassions avancer le Royaume de Dieu dans notre quartier. Saint Martin n’est pas un missionnaire parti dans un pays lointain à la rencontre de peuples qu’il ne connaissait pas. Il fut extrait de son monastère par la vox populi pour le soin spirituel des personnes de son pays.
A notre tour laissons-nous déranger pour nous mettre en « sortie » comme le pape nous y incitait des la lettre « La joie de l’Évangile ».
Père Jean-Pierre Durand

Il y a 100 ans, le miracle du soleil à Fatima

Les apparitions de Fatima se sont achevées il y a 100 ans exactement, le 13 octobre 1917. Après que Marie, une dernière fois, venait d’apparaitre lumineuse aux trois enfants Lucie, François et Jacinthe et de leur parler, un événement exceptionnel, promis par la Vierge pour la conversion des pécheurs, arriva ce jour-là : le miracle du soleil. Dans ce coin du Portugal, il fut visible par la foule rassemblant près de 60 000 personnes.

Le journaliste anticlérical Avelino de Almeida fera paraître un récit sensationnel dans le journal O Seculo le 15 octobre suivant. La pluie qui tombait à verse s’arrêta soudainement, le soleil changea d’apparence, se mis à tourbillonner dans le ciel pendant dix minutes, puis sembla foncer sur la foule, ce qui créa la panique, avant qu’il ne reprenne sa position normale. À la fin, alors que tout le monde était trempé jusqu’aux os, chacun eut la surprise de trouver ses habits et le sol absolument secs. L’Évêché de Leira Fatima recueillera par la suite des milliers de témoignages, tous concordants, jusqu’à 40 km à la ronde. Ce grand miracle eut beaucoup de retentissement dans le pays et fit parler des apparitions.

Les six apparitions de Marie à Fatima sont d’une très grande richesse et sont une source d’enseignements encore aujourd’hui. Elles rappellent l’existence des anges et la pratique des vertus théologales (foi, espérance et charité). Elles insistent aussi sur la nécessité de la prière pour la conversion des pécheurs, et sur la valeur des sacrifices et des souffrances offertes ; ainsi que la valeur propitiatoire de la messe (elle apporte le Salut en actualisant le sacrifice du Christ sur la Croix). La Vierge Marie rappelle les fins dernières en parlant du Paradis, du Purgatoire et de l’Enfer, elle souligne l’importance de la communion des saints (la prière des vivants peut soulager la souffrance des âmes qui attendent au Purgatoire) et recommande le chapelet comme moyen de sanctification privilégié. Les apparitions sont également remarquables par l’authentification de leur origine divine, grâce au miracle du soleil.

En ce mois du Rosaire, ne fermons pas notre cœur mais laissons-nous aimer par le Seigneur.

Père Jocelyn Petitfils

Des grandes dates pour cette année

Nous avons fait appel à l’équipe missionnaire itinérante pour nous aider à réaliser la mission paroissiale de novembre 2018. Qui sont-ils?

C’est une équipe basée à Lyon, née il y a trois ans, d’une douzaine de personnes de tous états de vie (étudiants, jeunes professionnels, couples, prêtres et célibataires consacrées), membres de la Communauté de l’Emmanuel, qui arrêtent durant une ou plusieurs années leurs activités professionnelles pour se mettre au service de l’évangile. « Nous voulons mettre les chrétiens en état d’appeler à la conversion et au baptême. Nous voulons rejoindre les personnes aux périphéries de l’existence, pour reprendre les mots du pape François !… Notre rêve est que vous ayez vous aussi un « besoin missionnaire » et que vous nous invitiez pour nous mettre ensemble au service de l’annonce joyeuse de l’Evangile ». Ils ont déjà à leur actif de nombreuses missions et capitalisent aussi l’expérience des très nombreuses missions paroissiales réalisées par les Emmanuel School of Mission depuis trente ans. Ils viennent d’éditer le livre Paroisse en feu où ils détaillent le processus de ces missions paroissiales et vous pouvez aussi les retrouver sur www.oselamission.fr.

Nous les avons donc invités pour nous coacher, nous préparer, nous former, nous conseiller, et finalement être avec nous pour cette mission paroissiale.

Après avoir, début octobre, observé notre paroisse, ils nous proposeront cette année un certain nombre d’événements à ne pas rater : vous y êtes tous chaudement invités.

Une journée de formation pastorale (7 octobre) ; une semaine de rencontre / formation sur la mission et lancement d’équipes missionnaires (fin janvier) ; une retraite en soirée durant le carême sur le thème Disciple-missionnaire ; un week-end d’évangélisation (26-27 mai) avant la réalisation de la mission paroissiale la Semaine de Portes Ouvertes (17-25 novembre).

Notre équipe noyau, que nous vous avons présentée le 2 juillet, est déjà en contact avec eux et bénéficie d’un soutien particulier de leur part.

Nous serons appelés à les accueillir et à les loger, lors de leurs séjours dans la capitale. J’espère que nous leur ferons tous un bon accueil.

Père Jean-Pierre Durand

Au fait, pourquoi évangéliser ?

« Le train Thalys Paris-Bruxelles allait partir quand ils sont venus s’asseoir autour de moi. Sympathiques, ils m’ont immédiatement adressé la parole. La conversation s’est engagée en anglais. C’était un couple d’Américains, Georges et Suzan, accompagnés de leur 4è fils. Rapidement, j’ai orienté la conversation sur la foi, sur Dieu et le sens de notre vie. Lui était épiscopalien. Elle ne croyait en rien. A un certain moment, j’ai demandé à Suzan : « Madame, vous n’avez pas été créée pour 70, 80 ou 90 années de bonheur sur terre. Non ! Vous êtes créées pour l’éternité et une éternité de bonheur ! » A ce moment, cette femme qui semblait toute comblée par la vie s’est mise à pleurer. Qu’avais-je dit de si émouvant ? J’avais simplement parlé d’éternité et de bonheur… » (témoignage de J-L Moens, Oser évangéliser aujourd’hui, p. 15)

Cette année, la paroisse va faire l’expérience d’une mission d’évangélisation qui s’achèvera en décembre 2018. Avant de parler en détail de toutes les activités qui vont préparer cette mission, il convient de répondre à la question : pourquoi évangéliser ? La principale raison d’évangéliser est de répondre à la soif de nos contemporains qui veulent trouver un sens à leur vie. Nous avons, comme la réaction de Suzan le montre, profondément enfoui en nos cœurs, un grand désir de bonheur que seul Dieu peut combler. Seul l’Amour pourra nous rassasier. Evangéliser, c’est être le messager du bonheur que Dieu veut donner aux hommes, blessés par le péché. C’est pour cela que c’est un commandement du Christ (Mt 28,18-20). Saint Vincent de Paul affirmait : « je suis envoyé non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer. Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime. Je dois aimer mon prochain comme l’image de Dieu et l’objet de son amour, et faire en sorte que réciproquement les hommes aiment leur Créateur, qui les connaît et les reconnaît ses frères, qui les a sauvés, et que d’une charité mutuelle ils s’entr’aiment pour l’amour de Dieu, qui les a tant aimés que de livrer pour eux son propre Fils à la mort » (Conférence du 30 mai 1659). Suivons son exemple et mettons-nous humblement à l’école du Christ évangélisateur cette année.

Père Jocelyn Petitfils

2018 l’année de la mission paroissiale

Lancement de la Mission Paroissiale

Dimanche 2 juillet, nous vous annoncions une mission paroissiale pour fin 2018 qui sera préparée tout au long de l’année 2017-2018.

C’est toute la paroisse, chacun de nous, chacun des services paroissiaux que nous appelons à participer à cette mission.

Qu’est-ce qu’une mission paroissiale ?

« “La mission paroissiale consiste en une série d’exercices religieux donnés dans une paroisse ou un groupe de paroisses par un ou plusieurs prédicateurs extraordinaires, afin d’obtenir la conversion des populations ou l’approfondissement de leur vie”.

« Elle se distingue de la “prédication ordinaire”, assurée par les prêtres de la paroisse, et les retraites destinées à un groupe restreint de fidèles pour qu’ils puissent progresser dans la foi.
La mission s’adresse à tous et elle s’insère dans l’existence ordinaire de la paroisse. Elle suppose un certain temps, où toute la paroisse se mobilise, aussi bien pour sa préparation que pour son déroulement.

Le but des missions paroissiales

« Même si la forme des missions paroissiales évolue, s’adapte en fonction des populations et des prédicateurs, le but reste le même qu’à l’origine : la conversion durable et sincère de la population résidant sur le territoire de la paroisse.

« Les paroisses savaient qu’une seule mission ne suffirait pas pour que tous en bénéficient. Elles savaient aussi que les bonnes résolutions prises un jour peuvent se perdre avec le temps. C’est pourquoi elles prévoyaient régulièrement de faire venir des missionnaires extraordinaires afin d’être renouvelées, rajeunies et revivifiées. Cela faisait partie de leur pastorale.

« L’arrivée de missionnaires était donc un événement extraordinaire, mais naturel.

(Extraits du site Internet du diocèse de Bayonne)

En savoir plus

 L’équipe responsable de la mission

Nous avons été heureux de vous présenter les paroissiens qui forment l’équipe de pilotage de cette mission d’évangélisation paroissiale. Elle est constituée de :
– Jean-Luc et Agnès Cousineau (coordinateurs)
– Mère Marie-Benoît et Renaud Glénat (conseillers)
– Renaud Glénat (grands événements)
– Nathalie Koffi (communication)
– Julia et Thibaut Fruchard (évangélisation)
– Olivier Doaré (accueil / Compassion)
– Thierry et Euphrasie Maudet (logistique)
– Florence Dedeystère (Liturgie)

Ils feront largement appel à vous tout au long de l’année prochaine. Chacun de nous, selon nos compétences et nos charismes pouvons participer à cette mission paroissiale et transmettre la Bonne Nouvelle.

L’EMI

C’est l’EMI (Equipe Missionnaire Itinérante) qui viendra spécialement sur notre paroisse durant l’année 2017/2018 pour la préparation et la réalisation de cette mission.

Nous vous les présenterons dans la prochaine lettre d’information.

Père Jean-Pierre

Un été pour bouquiner utile !

L’été s’ouvre. En général, « été » rime avec « détente ». Quoi de mieux que de se lancer dans la lecture d’un bon livre ? Voici une sélection de livres que j’ai lu ces dernières années, faciles à lire et pour la plupart peu volumineux qui m’ont fait grandir dans la foi. Bon appétit  et excellent été dans le Seigneur !

  1. Vies de saint ou témoignages
  1. SAINT AUGUSTIN, Les Confessions, 380.
  2. ANONYME, Fioretti de saint François d’Assise, 1300.
  3. SAINTE THERESE DE LISIEUX, Histoire d’une âme, 1898.
  4. AUCLAIR Marcelle, Vie de sainte Thérèse d’Avila, 1950.
  5. PEZERIL Daniel, Pauvre et saint Curé d’Ars, 1959.
  6. FROSSARD André, Dieu existe, je L’ai rencontré, 1969.
  7. BOSCO Teresio, Don Bosco, une nouvelle biographie, 1981.
  8. RAVIER André, François de Sales, un sage et un saint, 1985.
  9. LAURENTIN René, Yvonne-Aimée de Malestroit, un amour extraordinaire, 1985.
  10. SAINT JEAN-PAUL II, Ma vocation, don et mystère, 1996.
  11. PEYROUS Bernard et CATTA Hervé-Marie, Le Feu et l’espérance, Pierre Goursat, 2007.
  12. GOLDMAN Géréon, Un Franciscain chez les SS, 2008.
  13. MONGIN Hélène, Louis et Zélie Martin, les saints de l’ordinaire, 2008.
  14. CISLECK Walter J. et FLAHERTY Daniel, Avec Dieu au Goulag, témoignage d’un jésuite interné 23 ans en Sibérie, 2010.
  1. Ecrits spirituels
  1. MICHEL D’ELBEE, Croire à l’amour, 1969.
  2. Bx MARIE-EUGENE DE L’ENFANT-JESUS, Au souffle de l’Esprit, 1990.
  3. DAIGNEAULT André, Le Chemin de l’imperfection, 2000.
  4. PAPE FRANCOIS, La joie de l’évangile, 2013.
  1. Littérature édifiante
  1. BALZAC Honoré de, La messe de l’athée, 1836.
  2. ANONYME, Récit d’un pèlerin russe, 1881.
  3. BERNANOS Georges, Nouvelle histoire de Mouchette, 1937.
  4. C.S. LEWIS, Le Grand divorce entre le ciel et la terre, 1946.

 

Père Jocelyn PETITFILS

Heureux au service des autres

Dans sa lettre apostolique, La Joie de l’Evangile, le pape François disait éprouver « une immense gratitude pour l’engagement de toutes les personnes qui travaillent dans l’Église… Je dois dire en premier lieu et en toute justice, que l’apport de l’Église dans le monde actuel est immense » (§76). Laissez-nous vous dire également notre gratitude pour tout ce qu’en tant que chrétien vous avez apporté cette année aux hommes de notre temps, que ce soit par votre investissement dans la paroisse ou simplement par votre vie chrétienne dans votre famille et le monde.

Le jeudi saint, le Seigneur lavait les pieds de ses disciples, en signe du service qui donnait sens à toute sa mission et il exhortait les apôtres à faire de même pour entrer dans son bonheur : « heureux êtes-vous si vous le faites ». Servir les autres au nom du Christ, c’est leur apporter plus que notre aide. C’est leur donner la Vie dont ils ont besoin en vérité.  « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie » (§1).

Pour évangéliser dans la joie, le pape indiquait entre autres une piste plus particulièrement intéressante alors que nous préparons nos vacances : la nécessité de développer une spiritualité missionnaire caractérisée par le fait « de donner sa vie pour les autres et pour la mission » dans un « enthousiasme missionnaire » (§80). Et ainsi à lutter contre la culture mondialisée qui produit une préoccupation exagérée pour sauvegarder des espaces personnels d’autonomie et de détente, comme des lieux où l’on se réalise vraiment (les loisirs). Toutes les autres tâches, y compris les activités de notre devoir d’état étant alors perçues comme un simple appendice de la vie, plutôt que comme le lieu de réalisation de notre vie. D’où une question : comment notre activité, quoi que nous fassions, loisirs compris, les tâches de notre devoir d’état, vécues de façon missionnaire, nous font réellement vivre ?

Cet été, « ne nous laissons pas voler l’enthousiasme missionnaire » (§80).

Père Jean-Pierre

Viens, Esprit Saint !

L’histoire se passe dans un pays d’Amérique du Sud.

Un papa, qui ne sait ni lire ni écrire, vient de gagner à un jeu télévisé une belle voiture. Il prend son fils avec lui et s’en va donc à la ville voisine, chez le concessionnaire Mercedes où l’attend un représentant de la chaîne de télévision.

Arrivé chez le concessionnaire, on lui présente la voiture, magnifique, confortable, robuste, puissante… Ému, il monte dedans. On lui remet les clés et il s’en va. Fier de rouler dans une si belle voiture. Le chemin est tellement plus agréable à faire qu’à l’aller. Car le village est loin !

Les heures s’écoulent, délicieuses, jusqu’au moment où, tout à coup, après quelques soubresauts, le moteur s’arrête. Le papa ne comprend pas. Il fait le tour de la voiture, il ouvre le capot du moteur : tout à l’air en ordre. Alors un doute lui vient. Il se dit en lui-même : « C’est cela sans doute, une Mercedes. C’est magnifique, mais il faut pousser. » Et il se met à pousser. Son jeune fils se met à pousser aussi. Soudain le chemin lui paraît horriblement difficile. La voiture lui semble maintenant particulièrement lourde. Et le chemin, pourquoi n’est-il pas plat ? Chaque mètre n’est gagné qu’au prix d’un effort croissant. Pourtant, au bout d’un certain temps, ils trouvent un second souffle qui leur permet de poursuivre leur effort.

Malgré tout, vient le moment où, épuisés, ils doivent s’arrêter de pousser. Pendant que le papa se repose au bord du chemin, le petit garçon monte dans la voiture et, tout en fouillant dans la boîte à gants, trouve le mode d’emploi de la Mercedes. Il se met à le lire et, bondissant sur ses pieds, rejoint son père : « Papa, regarde ce qui est écrit ici : par ce bouchon, il faut mettre de l’essence dans le réservoir. Peut être n’y en a-t-il plus ? » Effectivement, le père comprend alors le sens de l’aiguille sur le zéro de cet indicateur. Après avoir trouvé de l’essence la voiture s’anime de nouveau. La Mercedes avance !

Combien de fois ne sommes-nous pas comme ce papa ? Le mariage, c’est beau, c’est grand. Mais il faut pousser ! Le sacerdoce ? C’est magnifique. Mais il faut pousser ! La vie religieuse et même la vie chrétienne tout simplement : c’est extraordinaire, c’est un idéal. Car il faut pousser ! L’évangélisation, c’est lourd, épuisant. On a peur.

N’avons-nous pas oublié l’Esprit Saint ? Dans l’évangile est écrit : « Mon joug est aisé et mon fardeau léger ».

Choisir en conscience

Vous avez entendu dans les médias que l’épiscopat français ne donnait pas de consigne de vote pour le second tour de l’élection présidentielle.

Et effectivement, comment choisir entre deux maux si graves eu égard au dessein de Dieu sur l’homme.

« Par son travail et son génie créateur, l’homme s’est toujours efforcé de donner un plus large développement à sa vie… Grâce notamment à la multiplication des moyens d’échange de toutes sortes entre les nations, la famille humaine prend conscience d’elle-même et se constitue peu à peu comme formant une seule communauté au sein de l’univers » (Vatican II, Gaudim et spes).

Cette fraternité humaine voulue par Dieu qui est le Père de tous, et dont l’Eglise est le commencement ici-bas, constitue un élément essentiel du dessein de Dieu sur l’homme. Le renfermement sur soi-même, l’exclusion de certains constitue un mal grave. Comment le soutenir ?

Et d’un autre côté, la PMA (procréation médicalement assistée), permettra à des femmes seules ou à des couples de femmes d’avoir des enfants sans père ! Cela revient à transformer la sexualité telle que le Seigneur l’a crée dans sa sagesse. Comment en tant que chrétien pouvons-nous soutenir une telle prétention ?

« Quels sont le sens et la valeur de toute cette activité [scientifique et technique] ? Comment faut-il employer toutes ces richesses ? A quel but tendent ces efforts individuels et collectifs ? … Plus le pouvoir de l’homme progresse, plus sa responsabilité, individuelle et collective, s’élargit » (idem).

La PMA constitue en réalité un changement de société profond. Des personnes viendraient à l’existence sans avoir eu de père, par le seul souhait de leur mère. Non plus donc par un acte d’amour, mais sur le seul besoin d’une personne d’avoir un enfant. Il y a là une distorsion grave du dessein de Dieu sur l’homme.

L’épiscopat ne prend donc pas position et laisse chacun choisir en conscience : « De deux maux, il faut choisir le moindre ».

Avant d’entrer dans l’isoloir, demandons vraiment au Seigneur d’éclairer notre conscience.

Père Jean-Pierre

Homélie du 1er mai

La lumière sur les élections

En ce moment, le Musée du Louvre présente une exposition sur Vermeer. Ce peintre est reconnu pour la beauté de ses intérieurs flamands éclairés par une lumière toute particulière. Cette lumière, qui inonde toujours la même pièce où se joue une scène de vie, paraît être comme l’image de la grâce divine se répandant sur les hommes au cœur de leurs activités.

Justement, en ce temps pascal, les nombreux récits d’apparition du Christ ressuscité nous sont donnés pour goûter à cette lumière que le Christ nous apporte au cœur de notre monde marqué par les ténèbres du péché et de la souffrance. Sans sa lumière, notre monde n’aurait pas de sens. Vous vous souvenez des paroles de Jésus : « Hors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Nous sommes bien démunis si nous mettons uniquement notre espoir dans nos propres forces. Or, Jésus affirme : « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie » (Jn 8,12). Nous désirons suivre le Ressuscité car c’est lui qui donne la vie en plénitude.

La lumière que le Christ apporte « éclaire d’une lumière nouvelle l’identité, la vocation et le destin ultime de la personne et du genre humain » (CDSE §35). Toute vie humaine est sacrée car elle a été désirée par Dieu qui lui manifeste son amour de jour en jour. Une société qui ne recherche pas à protéger la vie depuis sa conception jusqu’à sa mort dans un environnement sain est une société qui perd de vue l’essentiel et qui détruit ce qui fait sa véritable croissance et son unité sans s’en rendre compte.

C’est dans ce temps pascal qu’il est demandé à beaucoup d’entre nous de voter pour le prochain président de la République française. En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas mettre de côté la question du respect de la dignité transcendante de la personne humaine car « celle-ci représente la fin dernière de la société, qui lui est ordonnée » (CDSE § 132). Sur ce sujet, l’association Alliance Vita donne un éclairage intéressant des engagements des candidats. Prions pour que la lumière du Ressuscité éclaire la France à l’heure du choix de son avenir.

Père Jocelyn PETITFILS