Archives de catégorie : Editoriaux

Un seul peut tout faire basculer

« Dix petits chrétiens sortirent de la messe. L’un d’eux trouva le sermon barbant ! Il n’en resta plus que neuf. Neuf petits chrétiens prièrent jour et nuit. L’un d’eux n’obtint pas la place qu’il voulait. Il n’en restait plus que huit. Huit petits chrétiens se trouvèrent sur l’étroit chemin de la vie. L’un d’eux préféra la voie plus large. Il n’en resta plus que sept. Sept petits chrétiens se disputèrent âprement. L’un d’eux se fâcha vraiment et dit adieu. Il n’en resta plus que six. Six petits chrétiens parlèrent de la liturgie. L’un d’eux regretta le latin. Il n’en resta plus que cinq. Cinq petits chrétiens s’accrochèrent aux « traditions ». L’un d’eux entendit : « Ton Dieu est mort. » Il n’en resta plus que quatre. Quatre petits chrétiens, en militant eurent quelques mérites. L’un d’eux n’obtint pas de décoration. Il n’en resta plus que trois. Trois petits chrétiens qui eurent chacun, leurs idées. L’un d’eux devint millionnaire malhonnêtement. Il n’en resta plus que deux. Deux petits chrétiens se trouvèrent bien seul à deux. Ils se disputèrent la meilleure place. Alors, il n’en resta plus qu’un !

Un seul petit chrétien sincère, un homme rempli de pensées paisibles, se fit l’ami de son ennemi. Et voilà qu’ils étaient deux ! Deux petits chrétiens modestes se mirent au travail, joyeux. Ils ne demandèrent rien, mais partagèrent tout. Et voilà qu’ils étaient quatre ! Quatre petits chrétiens tout à fait ordinaires furent toujours prêts à rendre service. Chacun, secouru, se mit à secourir les autres. Et voilà qu’ils étaient huit ! Huit petits chrétiens de tempérament aimable. Sollicitèrent la bénédiction de Dieu, mais aussi le service des hommes. Et voilà qu’ils étaient neuf. Neuf petits chrétiens virent Dieu en leur prochain. Ensemble, ils chantèrent sa gloire. Et voilà qu’ils étaient dix ! Dix petits chrétiens vécurent la vie de Celui qui est la Vie. Comme lui, ils se dépensèrent au service, non au service d’une institution, mais au service de l’homme (et de Dieu bien sûr). Et voilà que, comme jadis, en un jour, ils devinrent mille… » (TREVET (Pierre), Paraboles d’un curé de campagne, tome III, éditions de l’Emmanuel, p. 142-143).

Notre mission paroissiale arrive à grands pas, dans moins d’un mois désormais. Que cette histoire nous aide à croire que le plus petit service que l’on donnera humblement durant cette mission pourra faire croitre le Royaume de Dieu et, nous l’espérons, toucher de nombreux cœurs.

Père Jocelyn PETITFILS

Heureux !

« Un saint triste est un triste saint« . Alors que nous nous apprêtons à fêter la Toussaint, le vieil adage de Saint François de Sales nous oriente vers la joie du Ciel.

L’évangile resplendit du bonheur et de la joie dont témoignent nos prédécesseurs. Ils ont trouvé le « trésor enfoui dans le champ » ou « la perle fine » qui a fait pâlir toutes les richesses et la gloire du monde. Ils ont découvert le Christ qui les a transfigurés et qui luit sur leur visage.

En rayonnant de la lumière qui les éclairait, ils ont porté du fruit : « 100 ou 60, ou 30 pour un ». Il nous est toujours nécessaire de vivre cette joie et d’en témoigner. « Cela revêt une importance pastorale. À notre époque aussi, les gens préfèrent écouter les témoins : « ils ont soif d’authenticité […] Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible » (Pape François, La joie de l’évangile, n°150 citant Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 76).

Notre joie n’est pas toujours exultation. Elle procède du plus profond de nous-mêmes, d’une âme réconciliée. « En annonçant Jésus Christ, qui est la paix en personne (cf. Ep 2, 14), la nouvelle évangélisation engage tout baptisé à être instrument de pacification et témoin crédible d’une vie réconciliée » (idem, n°239).

Savoir le discerner, mettre des mots sur ce que le Christ a fait pour nous, en faire mémoire et rendre grâce est vital pour nous. Pour échapper à l’oubli qui nous fait perdre de vue le but, pour raviver notre espérance et notre foi et la proposer à nos contemporains.

Un travail dans lequel le Père Vincent Bedon nous propose de nous guider, le samedi 10 novembre, dans une formation intitulée : « Comment donner son témoignage ».

Alors que s’approche la Mission Paroissiale du 1er au 9 décembre, je vous invite à retrouver la joie du don qui vous a été départi en participant à cette formation.

Bonne fête de la Toussaint !

Père Jean-Pierre Durand

Paul VI et l’évangélisation

Le 14 octobre prochain, à Rome, le pape François reconnaitra saint le pape Paul VI. Après Pie X, Jean XXIII et Jean-Paul II, il s’agit du 4ème pape du XXème siècle  canonisé !

Il est « une des figures les plus lumineuses, les plus attachantes, les plus courageuses aussi d’évêques sur le siège de Pierre » (Daniel Ange). Souvenons-nous de son encyclique « Humane vitae » sur la régulation des naissances publiée héroïquement en 1968 dans un vent violent de relativisme moral même chez des évêques.

En 15 ans (1963-1978), ce grand pape francophile a inauguré des œuvres dont les grâces portent toujours l’Eglise aujourd’hui : les premières applications des réformes du Concile Vatican II ; les premières réformes simplificatrices de la Curie ; les premiers grands voyages intercontinentaux ; le premier pèlerinage d’un pape en Terre sainte ; les premières humbles demandes de pardon au nom de toute l’Église ; les premières grandes rencontres œcuméniques.

Vers la fin de son pontificat, il rédigea une exhortation apostolique sur la mission : « Evangelii nutiandi », « Annoncer l’Evangile ». Elle nous intéresse vivement à deux mois de notre grande mission paroissiale de décembre prochain. Paul VI y rappelle la parole du Christ : « j’ai été envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4,43) que nous devons faire nôtre. Pour lui, l’Eglise « existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du Christ dans la sainte messe » (§14). Les voies de l’évangélisation sont multiples. Il rappelait que le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne était la première voie : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (§41). Il n’oubliait pas non plus la transmission verbale indispensable du message du Christ ni l’impact du contact et du suivi personnel.

Enfin, avant de nous donner dans cette mission, écoutons ce précieux conseil : « Les techniques d’évangélisation sont bonnes mais les plus perfectionnées ne sauraient remplacer l’action discrète de l’Esprit. La préparation la plus raffinée de l’évangélisateur n’opère rien sans lui » (§75). Viens Saint Esprit nous donner ton feu pour embraser le monde de l’amour consolateur de Dieu !

Père Jocelyn PETITFILS

Dieu agit aussi chez les autres !

Saint Jean est appelé le disciple bien aimé. Il suit le Christ de tout son coeur, il écoute la parole du maître et tâche de la mettre au mieux en pratique. Il est l’un des apôtres du Christ à qui Jésus a confié une mission extraordinaire : être ses envoyés. Pour cela il a assorti cette mission de dons et charismes tout aussi extraordinaires : chasser les démons, faire des miracles, annoncer la bonne nouvelle…

De même pour le groupe plus large des disciples qui suivent Jésus : ils doivent se dire qu’ils ont de la chance ! Ils font partie de l’embryon d’Eglise qui est en train de naître et qui a pour tête le Seigneur lui-même qui marche, là, devant eux et accompli l’oeuvre de Dieu ! Les pharisiens, les sadducéens, les lévites, semblent dépassés. Dieu est avec eux !

De même pour nous, dans le fait d’appartenir à l’Eglise catholique ou telle communauté particulière.

Mais ils doivent encore apprendre qu’ils ne possèdent aucune exclusivité. Dieu, et ses dons, passent aussi par les autres.

Ce n’est pas facile à comprendre, surtout pour les apôtres. Ils ont tellement reçu ! Mais ils n’ont pas reçu absolument tous les dons. Et pour qu’ils s’en rendent compte, Jésus leur fait vivre peu auparavant un échec : ils ne parviennent pas à chasser le démon d’un enfant. 

Prendre conscience que l’on ne possède pas tous les dons, c’est éviter la toute-puissance et se prendre pour Dieu. C’est avoir besoin des autres, c’est entrer dans l’humilité. Cela est particulièrement important pour chacun de nous. Car l’orgueil spirituel guette les disciples du Christ, et les apôtres en premier lieu, puisqu’ils sont mis au premier plan. Or l’orgueil est ce qui coupe de Dieu le plus sûrement. Comme une enflure de soi-même qui coupe de l’amour vrai des autres, du service des autres. 

Jésus, au contraire, en passant aussi par les autres, ceux auxquels on s’attend le moins, nous oblige à recevoir les uns des autres. Servir les autres, mais aussi recevoir des autres. Cela crée la communauté. Cela crée aussi la richesse d’une communauté : chacun apportant à la communauté le don qui lui a été départi et profitant aussi des dons que Dieu a départi aux autres. 

Cela met chacun de nous à sa juste place : un serviteur de la grâce de Dieu pour les autres.

Père Jean-Pierre Durand

Bon pour le service !

La rentrée nous a fait repartir sur un bon rythme. J’espère que vous êtes plein d’enthousiasme pour cette année. Nous allons vivre la poursuite de notre année missionnaire entamée l’an dernier et qui s’achèvera du 1er au 9 décembre prochain par une grande semaine « portes ouvertes ». Pendant cette mission et cette année, nous avons de nombreuses occasions de servir.

Dans la foi chrétienne, le service n’est pas accessoire. Le nom de « serviteur de Dieu » dans la Bible est considéré comme un titre d’honneur ! Si nous portons le doux nom de « chrétien », c’est que déjà nous sommes appelés à être au service du Christ et donc de Dieu. Etre disciple du Christ, c’est avoir à cœur de propager la puissance de l’Evangile aujourd’hui en ce monde. Cela implique non pas d’œuvrer chacun dans son coin mais d’œuvrer ENSEMBLE, d’être au service de l’Eglise dont nous sommes membres.

Le péché peut être défini comme le refus de servir Dieu. « Non serviam » aurait dit l’ange de lumière, Lucifer, à Dieu en choisissant de ne pas entrer dans son projet d’amour. Il n’a pas saisi que servir Dieu était l’expression de notre plus grande joie pour nous, créatures. C’est le chemin le plus parfait vers le bonheur. Dieu veut que les hommes se dépensent au service de leurs frères comme Jésus l’a fait. Jésus nous invite à l’imiter dans ce service. « Je vous ai donné un exemple (…) Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 13,15) ; « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie » (Mc 10, 45).

La paroisse St Joseph se lance dans la mission dans notre quartier à plein régime et nous avons des besoins en cette rentrée dans différents domaines. Le 23 septembre, à la suite de la messe de 11h, une dizaine de stands présenteront les activités de la paroisse et leurs différents besoins. Mettons-nous joyeusement au service du Christ et employons nos talents au service de l’Evangile !

Père Jocelyn Petitfils

Une rentrée dans la liberté ?

« Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition de hommes ». C’est la Parole de Dieu de ce dimanche de rentrée et sans doute la Parole que Dieu nous adresse pour éclairer notre retour à la vie « normale » qui va s’écouler durant de longs mois.

Nous reprenons notre travail, nos responsabilités familiales et aussi le train-train quotidien. Sous un ciel parfois maussade et la tête remplie de souvenirs de vacances, nous pourrions rêver d’être ailleurs. Mais l’ailleurs auquel le Seigneur nous appelle est tout entier dans l’irruption dans nos vies de l’Évangile : la Bonne Nouvelle du salut. Le décor le plus paradisiaque de nos vacances n’aura jamais le pouvoir de changer nos vies comme le Seigneur en a le secret. En changeant nos coeurs, en nous sanctifiant, il fait advenir sa Vie, dans notre vie. Il renouvelle toute chose. Mais pour cela il nous appelle à mettre en oeuvre son commandement.

C’est donc à un discernement auquel il nous convie : en quoi mettons-nous en oeuvre le commandement de Dieu en toutes ces choses auxquelles on s’attelle en cette rentrée ? En quoi, ce à quoi nous nous obligeons, est bien le commandement de Dieu et non pas la tradition des hommes ? Toutes ces obligations sont-elles bien ce à quoi Dieu nous appelle ? Et donc, comment les faire de façon réellement évangélique ? Comment laisser le Seigneur porter avec nous le fardeau ? Car le fardeau que le Seigneur veut nous voir porter, et qu’il est tout prêt à porter avec nous, celui de la charité, est celui qui fait advenir le divin dans notre monde. Mais il est assez éloigné du fardeau des multiples obligations du paraître, que les autres nous font endosser. Ou bien que l’on s’impose à soi-même pour nous sentir à la hauteur.

Le seul lien qui devrait nous lier à notre labeur devrait être celui de la charité, le lien de la vraie liberté.

Père Jean-Pierre Durand

De la beauté pour l’été (une sélection de films)

L’an dernier, vous aviez eu droit à une sélection de livres pour l’été. Cette année, c’est une sélection de films qui vous est proposé et qui font du bien à notre cœur d’homme. Il s’agit de films de tout style, tout origine, toute époque et considérés comme des chefs d’œuvre. J’ai privilégié la qualité cinématographique plutôt que le caractère explicitement religieux car la beauté nous conduit aussi à Dieu.

  • QUAI DES BRUMES (France), de Marcel Carné, 1938, 1h31 : un des plus beaux films d’amour.
  • LETTRE D’UNE INCONNUE (Etats-Unis), de Max OPHULS, 1948, 1h26 : hymne à l’amour pur.
  • CHANTONS SOUS LA PLUIE (Etats-Unis), de Stanley DONNEN et Gene KELLY, 1952, 1h43 : joyau de la comédie musicale qui donne envie de vivre, de danser et de chanter.
  • LA STRADA (Italie), de Frederico FELLINI, 1954, 1h55 : éloge de la simplicité.
  • ORDET (la Parole) (Danemark), de Carl Theodor DREYER, 1955, 2h06 : un miracle !
  • AU HASARD BALTHASAR (France), de Robert BRESSON, 1966, 1h35 : conte moderne sur l’innocence de la nature face à l’homme.
  • ANDREÏ ROUBLEV (URSS), d’Andreï TARKOVSKI, 1969, 3h05 : itinéraire spirituel d’un artiste contemplatif au cœur de la Russie en plein chaos.
  • LE ROI ET L’OISEAU (France), de Paul Grimaud, 1979, 1h27 : conte philosophique contre tout totalitarisme.
  • ELEPHANT MAN (Etats-Unis), de D. LYNCH, 1980, 2h05 : la dignité humaine d’une « bête de foire »
  • PARIS TEXAS (Etats-Unis), de Wim WENDERS, 1984, 2h19 : magnifique reconstruction progressive d’un homme perdu et d’une famille déchiré (l’image choisie pour cet article est tirée de ce film)
  • AU REVOIR LES ENFANTS (France), de Louis MALLE, 1987, 1h44 : l’apprivoisement et l’amitié en temps de guerre.
  • MON VOISIN TOTORO (Japon), de Hayao MIYAZAKI, 1988, 1h16 : cultiver l’émerveillement.
  • CONTE D’HIVER (France), Eric ROHMER, 1992, 1h51 : Le surgissement de la grâce.
  • LA PROMESSE (France), de Jean-Pierre et Luc DARDENNE, 1996, 1h35 : valeur d’une promesse dans le monde moderne. Le combat spirituel d’un adolescent.
  • LA LIGNE ROUGE (Canada-Etats-Unis), de Terrence MALLICK, 1999, 2h50 : l’homme face à la beauté de la nature et au néant de la guerre.
  • GRAVITY (Etats-Unis), d’Alfonso CUARON, 2013, 1h30 : réconciliation d’une femme avec elle-même.

Père Jocelyn Petitfils

Migrants : séparer les enfants de leurs parents

Remarquablement précis, clair et évangélique, Mgr Denis Jachiet répond à Jean-Jacques Bourdin sur RMC / RMC-Découverte, le 21 juin :

> JJB : Dans une interview à l’agence Reuter, le pape François critique l’Europe sur l’immigration… Les catholiques sont hésitants, Monseigneur ? … Le pape François, lui, s’engage résolument, en faveur de l’accueil des migrants ! 

> Mgr DJ : Ah le pape, il n’hésite pas ! Ça c’est clair. 

> JJB : C’est la vocation de l’Eglise ! 

> Mgr DJ : C’est la vocation de l’Eglise. Parce que c’est inscrit dans l’évangile. C’est inscrit dans l’évangile que celui qui se présente n’est pas à considérer comme un paria ou comme un ennemi, mais comme quelqu’un qu’on doit accueillir. Alors ce principe-là, il est intangible. Il s’impose à tout le monde. Ça n’empêche pas qu’il y a effectivement un droit des États à réguler les flux migratoires, c’est la responsabilité des gouvernements de le faire. 

> JJB : Chacun son rôle ! 

> Mgr DJ : Chacun son rôle, et l’Eglise ne le nie pas. Simplement, cela doit être fait dans le respect des personnes. Dans le respect de la dignité de chacun, il y a des choses qu’on ne peut pas se permettre. 

> JJB : Oui, par exemple, ce qu’a voulu faire Donald Trump aux États Unis, à la frontière mexicaine. 

> Mgr DJ : C’est proprement scandaleux. Séparer un enfant de sa mère, c’est ne pas respecter simplement l’humanité elle-même et s’exposer à de très graves désordres. 

> JJB : Je crois que : « Vous ne pouvez pas rejeter les gens qui arrivent », a dit le pape François. « Vous devez les recevoir, les aider, les prendre en charge, les accompagner, et ensuite voir où les mettre ». Mais dans toute l’Europe ! Il s’adresse aux dirigeants européens ! 

> Mgr DJ : Oui, oui, le pape s’adresse à l’Europe. Il pense que l’Europe a des ressources pour pouvoir accueillir des personnes en migration, et pouvoir leur donner une possibilité d’intégration. Alors il y a la question démographique, qu’il évoque, mais je pense que c’est aussi toute l’histoire de l’Europe. 

> JJB : Mais j’entends déjà les critiques, Monseigneur. Critiques de ceux qui vont vous dire : « Oui, mais le pape, qui accueille-t-il au Vatican ? Oui, mais vous avez accueilli combien ? Trois mille migrants depuis janvier, c’est ça, hébergés par des communautés catholiques en France ? »

> Mgr DJ : Oui, on a différents programmes d’accueil. Beaucoup de paroisses se sont engagées à accueillir des familles de personnes en migration. On a aussi le programme des couloirs humanitaires qui a été signé avec le gouvernement. Pour l’instant on en est à une centaine de personnes, mais on espère que ça va monter jusqu’à 500 comme le prévoit ce programme. Bref, il y a des tas de mobilisations. En fait en France, on se rend compte qu’il y a des ressources importantes, non seulement pour pouvoir accueillir ceux qui sont dans la détresse, mais aussi pour les aider à s’intégrer, pour apprendre le français, pour entrer dans la culture française, etc. 

> JJB : Mais les prêtres, dans les paroisses, sont interrogés par les catholiques pratiquants qui viennent les voir, qui ne sont peut être pas totalement d’accord, non ? Il y a des peurs. Que leur répondez-vous ? 

> Mgr DJ : Il y a des peurs, c’est normal. Je crois qu’il faut d’abord les regarder. On en est victime, si on ne les regarde pas en face. De quoi avons-nous peur ? On a peur que le chômage augmente ? Ce n’est pas ce que prouvent les chiffres liés à l’immigration. On a peur que le niveau économique baisse ? Ce n’est pas ce que montrent les chiffres non plus. On a peur sans doute de gens qui n’ont pas la même culture et qui n’ont pas la même religion ? Eh bien regardons cela en face ! Regardons si ces personnes qui arrivent avec une autre culture et une autre religion, ça doit être considéré comme un défi ? ou comme quelque chose qui doit remettre en cause notre identité ? ou peut être de la partager.

Père Jean-Pierre Durand

Un saint qui a « du flair » !

Louis de Funès l’invoque dans Rabbi Jacob car il est familièrement associé à la prière de demande pour retrouver les objets perdus. Qui est-il ? Vous avez deviné : saint Antoine de Padoue ! Mais, il ne se limite pas à cette dévotion. Notre église a l’honneur d’avoir une statue le représentant. Pourquoi une telle vénération ?

Né en 1195 à Lisbonne, au Portugal, il décida en 1220 de devenir franciscain en voyant revenir les restes des premiers martyrs de cet ordre revenant du Maroc. Très rapidement, il étonne ses frères par ses talents de prédicateur et laisse son balai pour être envoyé porter l’Evangile dans les villes de Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C’est là (d’où son nom) qu’il meurt d’épuisement à 36 ans. Peu avant sa mort, un témoin raconta qu’il l’avait vu en train de bercer l’Enfant-Jésus lumineux dans ses bras. Le saint l’attesta. C’est pour cette raison qu’il est traditionnellement représenté avec l’Enfant-Jésus.

Le Pape Benoît XVI en 2010 l’évoquait en ces termes : « Saint Antoine « a fortement contribué au développement de la spiritualité franciscaine grâce à sa grande intelligence, à son sens de l’équilibre, à son zèle apostolique et à sa ferveur mystique… Il fut l’un des premiers grands théologiens des Frères Mineurs pour ne pas dire le premier ». Saint Antoine a composé un cycle de sermons tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l’Église, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses semons reprenaient toute la fraîcheur et la beauté de l’Évangile ».

Il aimait se recueillir dans la nature pour prier. On a retenu de lui un célèbre épisode où il prêcha aux poissons qui, du coup, se rassemblèrent autour de lui, hypnotisés par ses paroles. Son amour pour la création faisait qu’il empruntait dans ses sermons de nombreuses comparaisons avec les bêtes, les plantes et les jardins. C’est pour cette raison que nous nous mettons sous son patronage, à proximité de sa fête, le 13 juin prochain, pour bénir les animaux de notre quartier. Cette célébration se tiendra le dimanche 10 juin à 16h sur le parvis de l’église. Venez donc faire bénir vos joyeux compagnons ! Evitez quand même d’apporter vos pitons et autres tigres du Bengale…

Père Jocelyn Petitfils

Tout ramener à l’UN

Nous fêterons, au cours de ces deux week-ends, deux fêtes qui nous font entrevoir notre vocation ultime : par le Saint Sacrement, le Christ nous agrège à son corps, nous ramenant à l’unité avec lui, qui ne fait qu’un avec le Père et le Saint Esprit.

« Aux germes de désagrégation entre les hommes qui, à l’expérience quotidienne, apparaissent tellement enracinés dans l’humanité à cause du péché, s’oppose la force génératrice d’unité du corps du Christ. En faisant l’Église, l’Eucharistie crée proprement pour cette raison la communauté entre les hommes » (Vatican II, Lumen Gentium 1). Tout clivage, en particulier celui de la pauvreté si présent dans notre quartier, est aboli. « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie, tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger, et aussi : Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait… Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d’or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l’affamé, et avec ce qui te restera, tu orneras ton autel » (Saint Jean Chrysostome, homélie sur l’Évangile de Matthieu 50, 3-4).

C’est ainsi que l’humanité est en marche vers le Dieu UN. Celui qui se révèle comme trois personnes ne formant qu’un seul être concret. 

Tous les efforts de pardon, de concorde, de fraternité et de solidarité, de quelque façon que l’on décline le mot « communion », verront leur aboutissement dans l’humanité régénérée en la Trinité, une et éternelle.

Père Jean-Pierre Durand