Archives de catégorie : Editoriaux

Jésus change l’eau en vin

A Cana, Jésus accomplit le premier des signes par lesquels il sera reconnu comme le Messie.

D’anciennes traditions juives, qui avaient cours au temps de Jésus, disaient que Dieu, à la suite de la création du monde en 6 jours, avait gardé en réserve du vin pour le jour de la venue du Messie. Ce jour où, après avoir tout créé, il faut que Dieu vienne tout sauver, tout sanctifier, tout vivifier de sa vie. Opérer ce saut qui permet non plus simplement de vivre, voire de survivre, mais de vivre pleinement. Passer de l’hiver au printemps : une vie nouvelle. En changeant l’eau en vin, à Cana, Jésus affirme que ces temps nouveaux sont arrivés.

« Aujourd’hui, affirme le Christ, ce passage de l’Ecriture s’accomplit ». Dieu ouvre une porte. En commençant une nouvelle année, avec l’évangile de Saint Luc, nous voulons passer cette porte, pour que d’année en année, en mettant en oeuvre l’évangile, le Seigneur nous fasse passer les portes successives jusqu’à l’irruption de ce vin dans nos vies. Comme un approfondissement, en notre coeur, vers ce lieu le plus profond de notre âme où Dieu habite, mais dont l’accès est encombré de tant d’obstacles. Lieu où coule le fleuve d’eau vive, l’Esprit Saint, qui ne demande qu’à jaillir pour tout irriguer, mais qu’il faut désencombrer pour qu’il accède à la surface et irrigue toujours davantage notre vie.

L’Évangile s’ouvre devant nous, en cette nouvelle année, comme une invitation supplémentaire à avancer avec Jésus. Par sa Parole, la sagesse éternelle nous interpelle sur la seule et unique question : l’Esprit Saint anime-t-il notre vie ? L’eau est-elle changée en vin pour nous ? Dans quelle mesure ? Le Seigneur creuse notre soif en même temps qu’il ouvre, par sa Parole, les sources de la vie. Puissions-nous nous mettre à son écoute pour la mettre en pratique.

Père Jean-Pierre Durand

Messire, une nouvelle année de grâce !

Jadis, une heureuse coutume existait en France : faire précéder le numéro de l’année par l’expression « l’an de grâce » comme on entend par exemple au début du fameux film Les visiteurs avec Jacquouille la Fripouille. D’où vient cette expression ? Pourquoi elle n’est plus utilisée ?

Cette expression aurait été utilisée dans les documents officiels dans un sens précis sur une courte période de notre Histoire nationale : entre 1300 environ et 1569. Durant cette époque, la date de début d’année n’était pas encore fixée au 1er janvier mais variait en fonction des régions de France. Soit elle commençait le 25 décembre, jour de la Nativité de Jésus, alors elle prenait le nom d’ « an de grâce ». Soit elle commençait le 1er janvier comme l’avait ordonné le Pape Libère depuis l’an 352, reprenant la décision de Jules César de 46 avant Jésus-Christ selon son calendrier « julien ». Soit enfin, elle commençait le 25 mars, jour de l’Annonciation de Marie par l’Ange Gabriel qu’elle enfanterait le Sauveur, alors elle prenait le nom d’ « an de l’Incarnation » puisqu’il s’agissait de la fête de l’incarnation de Jésus dans le sein de Marie. Il fallut attendre une décision du roi Charles IX de 1569 pour que l’édit du Pape Libère soit finalement respecté et étendu à tout le Royaume de France.

Cette belle expression d’ « année de grâce » est tombée peu à peu en désuétude dans les documents officiels à partir de 1569. Pourtant, elle aurait mérité de subsister tant il est vrai que chaque année que fait le Bon Dieu est une année de grâce. Dieu nous donne une année de plus à vivre et c’est une déjà une joie immense ! Nous pouvons aussi lui rendre grâce pour la nouvelle année pour tout ce qu’il va nous donner comme signes de son amour. Bien sûr, il y aura des épreuves à vivre, des passages difficiles. Mais le simple fait de nous savoir aimés par Lui alors que nous ne le méritons pas, étant pécheurs, devrait nous combler de paix chaque jour.

Par conséquent, si vous me permettez, je souhaite que l’an de grâce 2019 porte bien son nom pour vous et vos proches !

Père Jocelyn Petitfils

Joyeux Noël, gilets jaunes

Par des manifestations de grande ampleur, les gilets jaunes ont rappelé à l’ensemble des Français que la pauvreté gagne de nouveaux terrains. Des personnes qui autrefois gagnaient correctement leur vie ne parviennent plus à terminer leur fin de mois. Ce ne sont plus seulement des personnes immigrées, comme dans les années 70, ou des chômeurs, au tournant du siècle (la « fracture sociale »), mais des travailleurs ou des retraités qui sont pauvres aujourd’hui. Cette paupérisation vous atteint peut être également. Et en ces fêtes de fin d’année, la surenchère des vitrines et des cadeaux fait alors durement éprouver le manque de pouvoir d’achat.

Le signe du Fils de Dieu dans la crèche indique un trésor caché. Il vient comme un pauvre, pour nous rencontrer, nous, les pauvres et devenir notre richesse. Richesse de celui qui se sait aimé de Dieu et entouré de ses frères. Richesse de celui qui goûte l’amour tout simple de sa famille. Richesse de la plénitude de ceux dont les nuages de cotillons ne masquent pas le vide intérieur.

Les moines et les moniales, prophètes du Seigneur pour notre monde, tracent un chemin où la sobriété côtoie la lumière. D’autant plus près du Seigneur qu’ils sont plus loin de l’accessoire. Ils savent rejoindre l’essentiel et en vivre. Dans le dépouillement et la paix de la crèche de Bethléem, apparaît, sans fard ni apparat, notre Vie.

« En lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité. En lui, vous êtes pleinement comblés » (Colossiens 2,9-10).

Joyeux Noël à chacun !

Père Jean-Pierre Durand

Fioretti de la mission

Cela fait plusieurs jours que la grande semaine missionnaire à St Joseph artisan est lancée. Beaucoup de belles rencontres et événements ont déjà été vécus. Voici quelques témoignages recueillis :

« Virginie, une personne non baptisée mais en recherche de Dieu a été rencontrée en évangélisation de rue mardi dernier. En binôme, nous l’avons interpellé pour savoir si elle voulait parler avec des catholiques. Elle a répondu qu’elle détestait les catholiques et ses dogmes même si son père était de culture catholique. Elle nous a expliqué qu’elle croyait en l’Islam après avoir été un temps chez les protestants et qu’elle ne reviendrait plus jamais chez les chrétiens. Elle trouvait que le Coran était rempli de miracles et bien mieux écrit que la Bible. Elle a insulté la Bible avec virulence de manière surprenante, révélant un vrai combat intérieur. Au bout d’un long moment d’écoute, nous avons compris qu’elle était en recherche authentique de Dieu depuis l’enfance mais qu’elle était très isolée sur cette question, qu’elle désirait prier depuis de nombreuses années sans pouvoir y arriver. Nous lui avons proposé de prier pour elle, ce qu’elle a accepté. Elle s’est mise à pleurer, avouant que c’était la Providence qui avait fait que nous la rencontrions. Elle nous a beaucoup remerciés en partant, très émue de cette rencontre. Nous avons eu le sentiment d’avoir assisté en direct à une conversion » (Sophie et Père Jocelyn).

« Dans l’un des magasins qui a accepté une crèche (faite par les enfants de l’école St Laurent, à mettre en vitrine), c’est la vendeuse musulmane qui a appelé sa collègue chrétienne pour savoir si le patron juif avait donné son accord ! » (Julien)

« Après avoir frappé à plusieurs portes sans succès, on est arrivé dans une maison au fond d’une allée, un monsieur nous a ouvert la porte. Il nous a tout de suite invité à rentrer chez lui. Il a appelé sa femme, il nous a présenté à elle. Nous avons dit que nous venions de la paroisse St Joseph artisan. Ils ont dit qu’ils n’étaient pas baptisés mais qu’ils aimaient beaucoup l’église et la paroisse avec sa cour paisible, qu’ils étaient déjà venus aux journées d’amitié. Ils ont proposé de donner à la paroisse une boite de décoration de Noël. La dame nous a invités à nous asseoir à prendre un café. La conversation a été profonde. Chacun de nous avons pu témoigner pourquoi il croyait en Dieu. Un des enfants, de 14 ans, était là. Face aux gilets jaunes, ils ont reconnu que le manque le plus profond de notre pays, c’était Dieu. On leur a proposé de prier pour eux. Ils ont accepté ne sachant plus vraiment les paroles du Notre Père. Ils ont demandé que nous priions pour leur voisin atteint d’un cancer et leur propre famille. Une parole de Dieu a été tirée au hasard par eux parmi des papiers. Cette parole les a vraiment touchées. Ce fut magnifique d’être vraiment bien accueilli par cette famille. Ils ont pris un programme des activités de la paroisse » (Nicolas et un jeune de l’année St Joseph qui discerne sa vocation).

Gloire à Toi Seigneur pour ton œuvre dans les cœurs !

« Demandez et vous recevrez »

Lors de la sortie à Reims, le 6 octobre, portés par la multitude des saints dont les reliques reposent dans la basilique Sainte Clotilde, nous avions prié pour la mission paroissiale qui débutera maintenant dans quelques jours.

Nous nous posions déjà les mêmes questions qu’aujourd’hui : nous et la paroisse, sommes-nous prêts ? Avons-nous réellement changé au cours de cette année et demie de préparation pour devenir des missionnaires ? Avons-nous bien pensé à tout ce que requièrent nos activités pour qu’elles fonctionnent ? Avons-nous seulement les moyens nécessaires pour cette entreprise ?

La parole que nous reçûmes du Seigneur, tirée de Saint Matthieu fut : « Demandez et vous recevrez » (Mt 7, 7). Une promesse, un appel à la foi, à croire que le Seigneur peut davantage et à aller de l’avant.

Toute l’équipe préparatoire de la mission paroissiale a travaillé de longs mois et a donné le meilleur d’elle-même pour que cette mission ait lieu. Et en même temps, ce ne sont que « cinq pains et deux poissons », pour tant de monde… On sait comment le Seigneur s’en est servi pour nourrir la multitude.

Le vendredi 30 novembre, à 20h, nous célèbrerons la messe pour lancer la mission. Vous êtes tous conviés à cette messe. Nous offrirons au Seigneur notre humble travail, nos efforts et tout ce que nous avons réalisé, avant d’entrer, le 1er décembre, dans cette mission paroissiale. Nous lui en demanderons le fruit dont lui seul a le secret. Sachant que sa puissance est capable d’opérer bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer. D’opérer le miracle de changer les coeurs.

Cette mission n’est pas l’oeuvre ou l’apanage d’un groupe. Chacun est vraiment appelé à y participer en y apportant sa pierre. Au fond de l’église, vous trouverez les tableaux où vous inscrire selon vos disponibilités et vos talents : la prière, l’accueil, le matériel ou la rencontre. Pour que le Seigneur multiplie votre don et que votre joie soit parfaite.

Père Jean-Pierre

Un seul peut tout faire basculer

« Dix petits chrétiens sortirent de la messe. L’un d’eux trouva le sermon barbant ! Il n’en resta plus que neuf. Neuf petits chrétiens prièrent jour et nuit. L’un d’eux n’obtint pas la place qu’il voulait. Il n’en restait plus que huit. Huit petits chrétiens se trouvèrent sur l’étroit chemin de la vie. L’un d’eux préféra la voie plus large. Il n’en resta plus que sept. Sept petits chrétiens se disputèrent âprement. L’un d’eux se fâcha vraiment et dit adieu. Il n’en resta plus que six. Six petits chrétiens parlèrent de la liturgie. L’un d’eux regretta le latin. Il n’en resta plus que cinq. Cinq petits chrétiens s’accrochèrent aux « traditions ». L’un d’eux entendit : « Ton Dieu est mort. » Il n’en resta plus que quatre. Quatre petits chrétiens, en militant eurent quelques mérites. L’un d’eux n’obtint pas de décoration. Il n’en resta plus que trois. Trois petits chrétiens qui eurent chacun, leurs idées. L’un d’eux devint millionnaire malhonnêtement. Il n’en resta plus que deux. Deux petits chrétiens se trouvèrent bien seul à deux. Ils se disputèrent la meilleure place. Alors, il n’en resta plus qu’un !

Un seul petit chrétien sincère, un homme rempli de pensées paisibles, se fit l’ami de son ennemi. Et voilà qu’ils étaient deux ! Deux petits chrétiens modestes se mirent au travail, joyeux. Ils ne demandèrent rien, mais partagèrent tout. Et voilà qu’ils étaient quatre ! Quatre petits chrétiens tout à fait ordinaires furent toujours prêts à rendre service. Chacun, secouru, se mit à secourir les autres. Et voilà qu’ils étaient huit ! Huit petits chrétiens de tempérament aimable. Sollicitèrent la bénédiction de Dieu, mais aussi le service des hommes. Et voilà qu’ils étaient neuf. Neuf petits chrétiens virent Dieu en leur prochain. Ensemble, ils chantèrent sa gloire. Et voilà qu’ils étaient dix ! Dix petits chrétiens vécurent la vie de Celui qui est la Vie. Comme lui, ils se dépensèrent au service, non au service d’une institution, mais au service de l’homme (et de Dieu bien sûr). Et voilà que, comme jadis, en un jour, ils devinrent mille… » (TREVET (Pierre), Paraboles d’un curé de campagne, tome III, éditions de l’Emmanuel, p. 142-143).

Notre mission paroissiale arrive à grands pas, dans moins d’un mois désormais. Que cette histoire nous aide à croire que le plus petit service que l’on donnera humblement durant cette mission pourra faire croitre le Royaume de Dieu et, nous l’espérons, toucher de nombreux cœurs.

Père Jocelyn PETITFILS

Heureux !

« Un saint triste est un triste saint« . Alors que nous nous apprêtons à fêter la Toussaint, le vieil adage de Saint François de Sales nous oriente vers la joie du Ciel.

L’évangile resplendit du bonheur et de la joie dont témoignent nos prédécesseurs. Ils ont trouvé le « trésor enfoui dans le champ » ou « la perle fine » qui a fait pâlir toutes les richesses et la gloire du monde. Ils ont découvert le Christ qui les a transfigurés et qui luit sur leur visage.

En rayonnant de la lumière qui les éclairait, ils ont porté du fruit : « 100 ou 60, ou 30 pour un ». Il nous est toujours nécessaire de vivre cette joie et d’en témoigner. « Cela revêt une importance pastorale. À notre époque aussi, les gens préfèrent écouter les témoins : « ils ont soif d’authenticité […] Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible » (Pape François, La joie de l’évangile, n°150 citant Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 76).

Notre joie n’est pas toujours exultation. Elle procède du plus profond de nous-mêmes, d’une âme réconciliée. « En annonçant Jésus Christ, qui est la paix en personne (cf. Ep 2, 14), la nouvelle évangélisation engage tout baptisé à être instrument de pacification et témoin crédible d’une vie réconciliée » (idem, n°239).

Savoir le discerner, mettre des mots sur ce que le Christ a fait pour nous, en faire mémoire et rendre grâce est vital pour nous. Pour échapper à l’oubli qui nous fait perdre de vue le but, pour raviver notre espérance et notre foi et la proposer à nos contemporains.

Un travail dans lequel le Père Vincent Bedon nous propose de nous guider, le samedi 10 novembre, dans une formation intitulée : « Comment donner son témoignage ».

Alors que s’approche la Mission Paroissiale du 1er au 9 décembre, je vous invite à retrouver la joie du don qui vous a été départi en participant à cette formation.

Bonne fête de la Toussaint !

Père Jean-Pierre Durand

Paul VI et l’évangélisation

Le 14 octobre prochain, à Rome, le pape François reconnaitra saint le pape Paul VI. Après Pie X, Jean XXIII et Jean-Paul II, il s’agit du 4ème pape du XXème siècle  canonisé !

Il est « une des figures les plus lumineuses, les plus attachantes, les plus courageuses aussi d’évêques sur le siège de Pierre » (Daniel Ange). Souvenons-nous de son encyclique « Humane vitae » sur la régulation des naissances publiée héroïquement en 1968 dans un vent violent de relativisme moral même chez des évêques.

En 15 ans (1963-1978), ce grand pape francophile a inauguré des œuvres dont les grâces portent toujours l’Eglise aujourd’hui : les premières applications des réformes du Concile Vatican II ; les premières réformes simplificatrices de la Curie ; les premiers grands voyages intercontinentaux ; le premier pèlerinage d’un pape en Terre sainte ; les premières humbles demandes de pardon au nom de toute l’Église ; les premières grandes rencontres œcuméniques.

Vers la fin de son pontificat, il rédigea une exhortation apostolique sur la mission : « Evangelii nutiandi », « Annoncer l’Evangile ». Elle nous intéresse vivement à deux mois de notre grande mission paroissiale de décembre prochain. Paul VI y rappelle la parole du Christ : « j’ai été envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4,43) que nous devons faire nôtre. Pour lui, l’Eglise « existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du Christ dans la sainte messe » (§14). Les voies de l’évangélisation sont multiples. Il rappelait que le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne était la première voie : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (§41). Il n’oubliait pas non plus la transmission verbale indispensable du message du Christ ni l’impact du contact et du suivi personnel.

Enfin, avant de nous donner dans cette mission, écoutons ce précieux conseil : « Les techniques d’évangélisation sont bonnes mais les plus perfectionnées ne sauraient remplacer l’action discrète de l’Esprit. La préparation la plus raffinée de l’évangélisateur n’opère rien sans lui » (§75). Viens Saint Esprit nous donner ton feu pour embraser le monde de l’amour consolateur de Dieu !

Père Jocelyn PETITFILS

Dieu agit aussi chez les autres !

Saint Jean est appelé le disciple bien aimé. Il suit le Christ de tout son coeur, il écoute la parole du maître et tâche de la mettre au mieux en pratique. Il est l’un des apôtres du Christ à qui Jésus a confié une mission extraordinaire : être ses envoyés. Pour cela il a assorti cette mission de dons et charismes tout aussi extraordinaires : chasser les démons, faire des miracles, annoncer la bonne nouvelle…

De même pour le groupe plus large des disciples qui suivent Jésus : ils doivent se dire qu’ils ont de la chance ! Ils font partie de l’embryon d’Eglise qui est en train de naître et qui a pour tête le Seigneur lui-même qui marche, là, devant eux et accompli l’oeuvre de Dieu ! Les pharisiens, les sadducéens, les lévites, semblent dépassés. Dieu est avec eux !

De même pour nous, dans le fait d’appartenir à l’Eglise catholique ou telle communauté particulière.

Mais ils doivent encore apprendre qu’ils ne possèdent aucune exclusivité. Dieu, et ses dons, passent aussi par les autres.

Ce n’est pas facile à comprendre, surtout pour les apôtres. Ils ont tellement reçu ! Mais ils n’ont pas reçu absolument tous les dons. Et pour qu’ils s’en rendent compte, Jésus leur fait vivre peu auparavant un échec : ils ne parviennent pas à chasser le démon d’un enfant. 

Prendre conscience que l’on ne possède pas tous les dons, c’est éviter la toute-puissance et se prendre pour Dieu. C’est avoir besoin des autres, c’est entrer dans l’humilité. Cela est particulièrement important pour chacun de nous. Car l’orgueil spirituel guette les disciples du Christ, et les apôtres en premier lieu, puisqu’ils sont mis au premier plan. Or l’orgueil est ce qui coupe de Dieu le plus sûrement. Comme une enflure de soi-même qui coupe de l’amour vrai des autres, du service des autres. 

Jésus, au contraire, en passant aussi par les autres, ceux auxquels on s’attend le moins, nous oblige à recevoir les uns des autres. Servir les autres, mais aussi recevoir des autres. Cela crée la communauté. Cela crée aussi la richesse d’une communauté : chacun apportant à la communauté le don qui lui a été départi et profitant aussi des dons que Dieu a départi aux autres. 

Cela met chacun de nous à sa juste place : un serviteur de la grâce de Dieu pour les autres.

Père Jean-Pierre Durand

Bon pour le service !

La rentrée nous a fait repartir sur un bon rythme. J’espère que vous êtes plein d’enthousiasme pour cette année. Nous allons vivre la poursuite de notre année missionnaire entamée l’an dernier et qui s’achèvera du 1er au 9 décembre prochain par une grande semaine « portes ouvertes ». Pendant cette mission et cette année, nous avons de nombreuses occasions de servir.

Dans la foi chrétienne, le service n’est pas accessoire. Le nom de « serviteur de Dieu » dans la Bible est considéré comme un titre d’honneur ! Si nous portons le doux nom de « chrétien », c’est que déjà nous sommes appelés à être au service du Christ et donc de Dieu. Etre disciple du Christ, c’est avoir à cœur de propager la puissance de l’Evangile aujourd’hui en ce monde. Cela implique non pas d’œuvrer chacun dans son coin mais d’œuvrer ENSEMBLE, d’être au service de l’Eglise dont nous sommes membres.

Le péché peut être défini comme le refus de servir Dieu. « Non serviam » aurait dit l’ange de lumière, Lucifer, à Dieu en choisissant de ne pas entrer dans son projet d’amour. Il n’a pas saisi que servir Dieu était l’expression de notre plus grande joie pour nous, créatures. C’est le chemin le plus parfait vers le bonheur. Dieu veut que les hommes se dépensent au service de leurs frères comme Jésus l’a fait. Jésus nous invite à l’imiter dans ce service. « Je vous ai donné un exemple (…) Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 13,15) ; « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie » (Mc 10, 45).

La paroisse St Joseph se lance dans la mission dans notre quartier à plein régime et nous avons des besoins en cette rentrée dans différents domaines. Le 23 septembre, à la suite de la messe de 11h, une dizaine de stands présenteront les activités de la paroisse et leurs différents besoins. Mettons-nous joyeusement au service du Christ et employons nos talents au service de l’Evangile !

Père Jocelyn Petitfils